Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:01

A peine croyable: j'ai complètement 'flasché' sur un arbuste à fleurs jaunes! Improbable, oui, mais c'est pas n'importe qui non plus: Mahonia siamensis.

Pire encore: il est bien connu que j'ai toujours détesté (et peut-être à tort?), le Mahonia d'une façon générale. Son feuillage sombre, ses feuilles piquantes, sa floraison jaune poussin qui fait mal aux yeux tant elle est jaune & son allure souffreteuse ne m'ont effectivement jamais attirés. Mais là, c'est différent...

 

J'avoue, le Mahonia représente tout ce que je déteste. Pour moi c'est la plante typique des patios parisiens abandonnés aux Aucubas panachés, aux Fusains souffreteux & autres Pyracantha, tous installés dans une terre de remblai dont aucune plante ne voudrait.

Si je parle d'un végétal sur ce site c'est parce qu'il m'a séduit, alors cherchez l'erreur... Eh bien je vais vous répondre: c'était il y a quelques semaines dans un très beau jardin des Alpes Maritimes, à Menton, appelé Serre de la Madone.

 

Je n'étais pas là pour rien: j'ai fuis, l'espace de quelques jours, les -10°c que la Capitale subissait. Direction le Sud. Il me fallait voir du soleil, du palmier, un peu respirer. Ma bonne vieille voiture allait me conduire fidèlement de Toulon à Menton, en passant par l'Estérel et autres pépites géologiques. Le Jardin de Serre de la Madone est un peu planqué: il faut gravir la côte qui surplome le Gorbio pour y arriver mais, une fois qu'on y est, c'est pour un petit moment. Même en plein février on ne regrette pas d'y être passé, il y a tout un tas de végétaux qui sont en fleurs en cette période de l'année alors que nos plantes sont en train de souffrir le martyr un peu partout en France...

 

Après avoir photographié les inflorescences de  Senecio grandifolius, Banksia ericifolia, Aloé arborescens & autres Iris Japonais, je suis tombé nez à nez avec une floraison de feu qui ne m'était pas familière: celle d'un certain Mahonia siamensis. J'ai assez vite compris qu'il s'agissait d'un Mahonia mais la qualité de sa floraison ne m'était pas familière. Cette dernière n'est pas jaune comme celle que nous avons l'habitude de croiser, mais d'une couleur orangée qu'il nous est rarement donné de contempler! Mieux encore: celle-ci se détache franchement d'un feuillage qui tend d'avantage vers l'anis que le vert profond, sans parler de ses pétioles fuschia qui sont un véritable délice!

Après la floraison, les nouvelles feuilles de notre Mahonia sortent d'une couleur pourpre incroyable, lesquelles vont encore contraster avec celles de l'année passée. Un somme, cet arbuste est spectacle haut en couleurs à lui tout seul une bonne partie de l'année!

Si, à ce tableau, vous ajoutez une écorce claire & profondément dessinée proche de celle du Chêne liège, vous avez-là un végétal qu'il ne faut pas rater.

 

Tu m'étonnes, je suis passé et repassé de maintes fois devant ce sacré Mahonia Thaïlandais, le photographiant chaque fois que je le pouvais. En plein février et sur fond de Cyprès il est, et de loin, celui qui se détachait le mieux.

Ne l'ayant pas encore moi-même cultivé j'ai été heureux d'apprendre, sur des sites Anglosaxons, que sa résistance au froid dépassait les -10°c. Cette rusticité sera suffisante pour nous permettre de l'installer dans une bonne partie des régions françaises, du moment que l'on pourra lui réserver un ensoleillement correct (bah oui, Thaïlandais quand même, pas Hollandais!...)

 

Ne me demandez pas si on le trouve facilement (je serais d'ailleurs le premier à en acheter un pied), car je ne l'ai encore jamais croisé dans les pépinières Varoises que j'ai l'habitude de fréquenter mais, compte tenu de ses qualités, je suis certain qu'on le verra de plus en plus souvent, à commencer par Courson ou St. Jean de Beauregard & autres foires aux plantes régionales... 

En tous les cas pour moi et c'est nouveau: j'ai inscris un Mahonia sur mon tableau de chasse!!

 

Ci-dessous: il m'a été difficile de choisir une photo parmi toutes celles que j'ai pu prendre de Mahonia siamensis, mais mon choix s'est arrêté sur ce détail d'inflorescence...

 

Inflorescence de Mahonia siamensis - Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Arbres & arbustes
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 00:01

Ahhh je vois que ce nom alambiqué parle à quelques-uns d'entre-vous. Merci! Pour les autres c'est du Chinois (en fait, du Latin), et je vous comprends, car son nom n'est pas plus aisé à retenir qu'à prononcer! Il s'agit-là d'une vieille plante, bien connue de nos grands-mères, peut-être même trop vieille & trop démodée d'ailleurs pour qu'on la connaisse vraiment?!

Et pourtant, Aspidistra eliator est une véritable 'exotique' qu'il faut non seulement à tout prix connaître, mais aussi & surtout cultiver...


Allez, rapide topo sur la bestiole: Aspidistra eliator est une plante originaire de Chine (bah oui, comme quoi il est parfois du 'Made in China' qui est qualitatif!) Pour être un peu plus précis, elle est originellement Japonaise, mais elle a très vite été répandue en Chine où elle est devenue comme 'endémique'... 

Phénomène de mode oblige, la plante a longtemps été cultivée en appartement pour ses qualités décoratives comme les Clivia, les Sansévéria & autres végétaux dans ce goût-là mais, à tort, car notre 'éliator' est bien plus résistante au froid que ce que l'on croit: je la cultive moi-même depuis quelques années déjà dans un jardin quasi-Sibérien (comprenez un endroit près de Paris où il arrive qu'il fasse parfois très froid) et jamais je ne l'ai perdue! Mieux encore, elle a résisté cette année encore à du -15°c au moins, sans dégel pendant près de trois semaines et avec, pour seule protection, un pauvre voile d'hivernage maintenu par un vieux bout de bois (ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés!)

 

L'origine géographique de l'Aspidistra explique pourquoi notre plante est aussi résistante au froid. En provenance des mêmes régions, on connaît bien d'autres végétaux dits 'exotiques', dont le plus connu est certainement le Trachycarpus fortunei, un palmier résistant à -18°c au moins. Mais sa résistance au gel n'est pas sa seule qualité. En effet, Aspidistra eliator est une bien drôle de plante rhizomateuse qui produit, inlassablement, mois après mois (même si à un rythme plutôt tranquille), des feuilles oblongues d'un vert profond.

N'ayant pas choisis une photo de son feuillage pour illustrer cet article, je vous invite à la (re)découvrir sur la Toile dès que vous aurez quelques minutes à lui accorder.

 

La plante se plaît idéalement à l'ombre ou à mi-ombre, dans un sol indifféremment lourd ou léger, du moment qu'il sera de temps en temps amendé & régulièrement arrosé. Un 'entre-deux' sera cependant idéal pour le végétal. Côté floraison, il faudra repasser! Aspidistra produit en effet une fleur certes, très originale, mais aussi & surtout très discrète: celle-ci est coincée entre les feuilles de la plante et à quelques centimètres seulement de la terre... Les seuls à pouvoir vraiment en profiter sont les escargots et les limaces. Ça tombe bien, ce sont également eux, venus chercher un peu de fraîcheur au coeur des feuilles, qui vont polliniser la plante.

Cependant (et fort de mon expérience), je peux vous assurer qu'il est bien plus aisé de la multiplier par division de la souche qu'en semant ses graines quasi imaginaires! La reprise est très aisée et la pousse, même si lente, est régulière et constante...

 

On la trouve de plus en plus facilement en jardinerie et c'est tant mieux, mais son prix reste malheureusement assez élevé. Cela s'explique simplement par la lenteur de sa croissance. Croyez-moi cependant, cela ne doit pas vous rebuter: une fois la plante achetée elle n'aura de cesse de prospérer!... 

 

Ci-dessous et contre toute attente, je vous propose la photo du système racinaire d'un Aspidistra eliator un peu à l'étroit dans son container lors d'un rempotage plus que nécessaire l'été dernier...

 

Système racinaire Aspidistra eliator - Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Bulbeuses
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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 00:01

J’ai déjà parlé de quelques Méditerranéennes qui poussent tout près de la mer, coutumières des embruns, endémiques ou non, comme Carpobrotus edulis, Aenium canarense, Crithmum maritimum, Aptenia cordifolia et j’en passe. Toutes partagent le même habitat que notre Jacobaea maritima, plus connue sous le nom de ‘Cinéraire maritime’ (ou Senecio maritima pour les intimes…)

La plante nous est très familière car nous sommes bien plus habitués à la croiser en tant qu’‘annuelle’ dans n’importe quel rond point de n’importe quelle ville de province plutôt qu'en milieu naturel. Originaire du Bassin Méditerranéen, il est pourtant très aisé de la contempler dans les anfractuosités de la côte d’Azur, pour peu que l’on prenne un peu le temps d’observer la flore qui s’y de développe...

Mieux qu'un paragraphe entier pour vous la décrire, il suffit de jeter un œil sur la photo ci-dessous pour s’en faire une petite idée. Néanmoins et c’est ce qui me plaît beaucoup chez elle, notre Cinéraire maritime, en plus d’avoir un feuillage persistant, se pare de feuilles très découpées d’une couleur argentée - presque blanche - comme aucunes autres Méditerranéennes. Plus grande qu’une vivace (50cm environ), on la considère généralement comme un arbrisseau. La plante se développe rapidement, a  tendance à se ramifier généreusement et c’est tant mieux: plus elle se ramifie, plus elle se densifie et plus son feuillage devient compact et sa floraison généreuse.

Celle-ci intervient généralement en milieu ou en fin de printemps (selon les régions) et est de couleur jaune. Cette couleur n’est certes pas ma préférée, mais c’est le meilleur moyen qu’à trouvée la plante pour se rendre visible auprès des insectes qui la pollinisent. Sa floraison vive associée à un feuillage particulièrement argenté la rendent incontournable du moment qu’on la croise… Comme l’Helichrysum (= ‘l’Immortelle’), ses fleurs peuvent se conserver durablement dès qu’elles seront sèches.

Pour installer et voir au se développer idéalement votre Cinéraire, choisissez l’endroit le mieux exposé de votre jardin. Assurez-vous donc non seulement de lui réserver l’exposition la plus ensoleillée que vous ayez, mais aussi de lui procurer un sol parfaitement drainé. Une fois n’étant pas coutume, il ne vous est pas nécessaire de lui offrir un sol riche, au contraire: Jacobaea maritima est habituée aux sols pauvres & peu arrosés. Il vous suffira donc juste de l’installer et de laisser faire la Nature…

En dehors de l’attraction que peut procurer sa floraison, son feuillage & ses exigences en matière de croissance en font un candidat idéal pour tout bon jardin à tendance ‘Méditerranéenne’ qui se respecte. Parmi les nombreuses ‘exotiques’ que j’installe ou acclimate dans différentes régions Françaises (dans le Sud ou autour de Paris), Jacobaea maritima fait définitivement partie des plantes que j’utilise pour végétaliser les espaces que l’on me confie au même titre que les Lavandes, les Romarins, les Cistes, les Hélichrysums, les Santolines et j'en passe... Seul bémol, celle-ci n'est pas très résistante au froid aussi faudra-t-il la réserver au pourtours Méditerranéen Même si vous pourrez la bouturer ou la marcotter, il sera très aisé de vous la procurer dans toute jardinerie correctement achalandée, aussi vous n'aurez aucune excuse si vous ne lui trouvez pas une petite place au sein de votre terrasse ou de votre jardin!...


Photo ci-dessous: un Cinéraire maritime qui a trouvé sa place dans l’un des plus beaux coins de la Côte d’Azur et à quelques mètres seulement de la Mer: le massif de l’Estérel dans le Var…

 

Jacobaea maritima (Cinéraire maritime) - Silvère Doumayro

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 00:01

Bah oui, quand on arrive dans le Sud de la France sous la neige un 10 février et que cela fait déjà plus de 10 jours qu’il gèle, on se dit qu’il se passe malheureusement quelque chose d‘exceptionnel. En Sibérie Occidentale (comprenez autour de la Capitale), on est habitué à supporter de telles gelées ou tout du moins on n’est pas foncièrement surpris mais là, cet hiver en particulier, on se dit qu’on assiste à un événement climatique assez hors norme et nous pourrons bientôt dire: je me souviens de l’hiver 2012, j’en étais !...

Effectivement, cet hiver a commencé sous le signe de la douceur, une grande douceur plutôt inhabituelle pour la saison d’ailleurs, avec des 15°c à Paris mi-janvier. En l’espace de quelques jours nous sommes passés de températures 10 degrés au-dessus des ’normes de saison’ à 10 degrés en dessous! Pour les végétaux, cela représente un différentiel de 20°c: imaginez seulement la sève qui commence à monter, les bourgeons se former, le sol de se réchauffer…Mais c’était sans compter sur ce flux Arctique qui a nous apporté des températures glaciales en provenance directe du Pôle Nord!...

Si je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, vous penserez évidemment & immédiatement à l’hiver 85-86. Eh bien, c’est pire: nos végétaux, ‘exotiques’ ou non, n’ont pas eu le temps cette année de se préparer à ces grands froids. Les gels ont été aussi intenses que soudains et particulièrement prolongés. Pas de dégel du sol pendant près de trois semaines pour une bonne moitié de la France. Si ce n’est pas du ‘jamais vu’, c’est du ‘rarement vu’!

Autour de Saint Raphaël j’ai vu des palmiers frigorifiés, des Aloés congelés, des Yuccas décimés, des Eucalyptus brûlés par le froid, des Plumbago terrassés par le gel et je ne vous parle même pas des Lantanas
En effet, pour faire court et en résumé: un grand nombre de végétaux vont trépasser cette année partout en France, de Dunkerque à Menton, dans les jardins ou sur les balcons.

Je pense aux amateurs d‘’exotiques’ qui, comme moi en 2009 (et même cette année!), par manque de moyens ou de protections, vont perdre beaucoup. À ceux-là je leur dis qu’il faut par avance faire le deuil d’une partie de leurs plantes. Les dégâts ne se voient pas toujours aux premiers redoux mais, le plus souvent, en fin de printemps. Je pense aussi à tous les autres, mes copains ou mes clients, lesquels vont malheureusement constater les limites de certains de leurs végétaux face à un hiver inhabituel…

À cela il n’est malheureusement pas de remède si ce n’est d’accepter de repartir (presque) de zéro et de remplacer les végétaux qui n’auront pas supporté cet épisode hivernal peu courant. Dans quelques semaines, cet hiver ‘hors normes’ sera déjà oublié grâce à de nouvelles plantations, des températures ‘de saison’ et, bientôt, ne sera plus qu’un lointain souvenir… 

Pour illustrer ces quelques lignes je vous propose cette photo de cascades de glace qui prennent leur aise sur une petite route des Alpes Maritimes (à 40 kilomètres à peine au Nord de Nice!…) 

 

Cascades de glace Alpes Maritimes - Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Sujets généralistes
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 00:01

Superbe! Oui, mais ne nous emballons pas, nous, pauvres parisiens, au climat pourri et au ciel si bas et gris. Une fois n'étant pas coutume sur ce site considérons cette agréable 'exotique' comme une 'annuelle'. Ce n'en est pas une, certes, mais, pour éviter toute déception, il sera plus raisonnable de la traiter ainsi!...

 
Partout où les hivers sont doux, elle prend une ampleur considérable digne d'un arbuste (c'est tout bonnement injuste!), puisqu'elle pousse en effet pratiquement jusqu'à 3 mètres de hauteur. Le tronc et les branches se lignifient rapidement et ont vite fait de devenir du bois. La plante développe continuellement une multitude de feuilles arrondies d'un joli vert avant de distiller très régulièrement, du printemps au début de l'hiver, d'agréables petites fleurs mauves proches de celles du poids de senteur (voir photo)

 
Pour la voir se développer ainsi, réservez-lui un sol franc, riche, drainant et régulièrement arrosé. Compte tenu de sa résistance au froid quelque peu limitée (environ -7°c et encore, dans des conditions particulièrement protégées), il vous faudra pouvoir la remiser l'hiver en serre froide. La plante se comportera donc bien mieux en pot sous notre climat.
Ailleurs, comprenez là où la plupart des Français passent leurs vacances d'été, où la mer n'est qu'à quelques minutes à pieds et où les gelées ne sont qu'exceptionnelles, elle pourra être installée en pleine terre. Il vous faudra lui offrir un emplacement parfaitement ensoleillé ou même à mi-ombre si vous habitez l'un de ces coins très privilégiés du bord de la Méditerranée...

 

Polygala myrtifolia est une 'exotique' originaire d'Afrique du Sud, vous comprendrez ainsi que même s'il elle accepte d'être 'Méditerranéenne d'adoption' elle ne sera jamais vraiment Bassin Parisienne! En effet, il lui faut du soleil et de la chaleur et si, en plus, vous lui apportez de l'eau quand il le faut (à savoir régulièrement, et surtout du début à la fin de l'été), vous la verrez croître très nettement. Le développement de Polygala myrtifolia est plutôt vif, au point que si vous réunissez les conditions idéales de culture il vous faudra la rabattre régulièrement en fin d'hiver afin de lui conserver un port compact et une floraison généreuse. Dans le cas contraire et comme dit précédemment, vous serez contraints de la cultiver en pot et de la remiser en serre froide pendant la période hivernale.

 

Bonne nouvelle: on la trouve maintenant très facilement en jardinerie et à des prix plus qu'abordables. La multiplication très aisée de la plante et sa croissance plutôt vive en font désormais un best seller lors de la belle saison...

 

Photo ci-dessous: détail de la floraison de Polygala myrtifolia dans l'un de mes jardins préférés de la Côte d'Azur: le Clos St. Bernard, à Hyères-les-Palmiers...

 

Polygala myrtifolia Silvere Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Arbres & arbustes
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:01

Ahhh, si j'ai fait une vraie rencontre l'été dernier, c'est bien celle d'avec Manihot grahamii. Son nom Latin ne vous dit peut-être pas grand chose et pourtant, ce n'est rien d'autre que le cousin direct d'une 'exotique' que l'on appelle le 'manioc'...

J'ai eu le plaisir de croiser son feuillage unique dans une pépinière qui l'est tout autant: celle de Julien Mallet à Hyères-les-Palmiers. Ce n'est pas souvent, mais ça a été un véritable coup de foudre! Dès que je l'ai aperçu, il m'a fallu m'approcher, le regarder, le toucher avant de le photographier et de poser les premières questions d'usage: je voulais tout savoir à son sujet...

Julien Mallet est certainement l'une des personnes que vous devez absolument rencontrer si vous aimez un peu les 'exotiques'. Non seulement c'est quelqu'un de très agréable, mais aussi et surtout de très calé dans son domaine. C'est un pépiniériste qui produit 100% de ses plants à partir de semis ou boutures de sa propre collection. Un vrai pépiniériste, quoi (il n'y en a plus beaucoup en France, malheureusement!) Mais Julien est avant tout un passionné doublé d'un explorateur...

En effet, il voyage régulièrement et rapporte de ses expéditions botaniques des végétaux nouveaux qu'il acclimate d'abord, multiplie ensuite avant de les distribuer. Voilà une démarche qui impose un certain respect (surtout quand on connaît un peu le personnage: un jeune homme très humble et plutôt discret) Je reparlerai très prochainement de lui et de sa pépinière, aussi revenons à notre cousin du manioc si vous le voulez bien...

 

On ne sait encore que peu de choses sur Manihot grahamii mais, comme Manihot esculenta (= le manioc ou 'Tapioca'), il semble être originaire du Brésil et, plus largement, du bassin Amazonien. Depuis maintenant plusieurs siècles, il a été déplacé & cultivé dans quantité de régions tropicales ou sub-tropicales (Afrique, Asie et j'en passe), si bien que dans de nombreux coins du monde il est maintenant devenu une base dans l'alimentation: on en fait généralement une sorte de farine qui est rapidement devenue ce qu'est le Blé pour les pays occidentaux.

 

Mais Manihot grahamii, pour nous, passionnés d''extotiques', est avant tout un végétal d'ornement que l'on ne peut ignorer. En effet, la plante, avant de devenir un véritable arbuste de plus de 3 mètres de hauteur, est un végétal particulièrement séduisant tant par son port que le design de ses feuilles. Ce premier est plutôt dressé et 'groupé', fort, alors que son feuillage est dense. Ses feuilles, délicatement découpées (genre Figuier, en mieux encore), sont d'un vert plutôt soutenu (il n'y a qu'à voir la photo que je propose pour se faire une petite idée sur le sujet) Voici, dans toute sa simplicité, le genre d'image qui, pour moi, se passe de commentaires et qui me fait très vite craquer...

 

La bonne nouvelle arrive maintenant: Manihot grahamii, malgré sa provenance, est plutôt résistant au froid: en effet, des gels de courte durée et de l'ordre de -7°c ne devraient pas le condamner. La plante est finalement bien plus résistante aux frimas que ce que l'on croit (elle est cependant caduque et perdra ses feuilles avant même les premiers grands froids...)

Non, le plus embêtant dans l'histoire sera de le trouver. Jamais vu nulle part sauf chez mon copain Julien Mallet qui n'en possède que quelques pieds, et pas n'importe lesquels: ils sont tous issus de graines ou de rejets d'un pied-mère 'acclimaté' qui a déjà supporté de fortes gelées depuis de nombreuses années...

 

Côté culture ce n'est pas bien compliqué: réservez-lui un sol bien travaillé, plutôt 'terre franche' que trop léger, et bien amendé (en même temps c'est rare que je dise 'réservez-lui un sol pauvre, s'il vous plaît'... encore que cela puisse arriver) Chez nous, où il fait souvent gris, ce sera plein soleil, évidemment, mais, dans le Sud, une exposition mi-ombre sera appréciée par la plante (surtout en plein été) Pour le reste, il conviendra de lui donner de l'eau, et ce, régulièrement s'il vous plaît: il semblerait que lors de la belle saison celui-ci aime bien avoir les pieds au frais...


Sauf erreur de ma part, gageons que dans quelques années nous aurons tous un Manihot grahamii dans notre jardin, et si Julien le veut bien!...

 

Ci-dessous: photo prise à la 'va vite' dans la pépinière de Julien Mallet l'été dernier, à Hyères-les-Palmiers... (découvrez son site en lien ci-contre)

 

Mahinot esculenta Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres 'exotiques'
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