Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 00:01

Ahhh, si j'ai fait une vraie rencontre l'été dernier, c'est bien celle d'avec Manihot grahamii. Son nom Latin ne vous dit peut-être pas grand chose et pourtant, ce n'est rien d'autre que le cousin direct d'une 'exotique' que l'on appelle le 'manioc'...

J'ai eu le plaisir de croiser son feuillage unique dans une pépinière qui l'est tout autant: celle de Julien Mallet à Hyères-les-Palmiers. Ce n'est pas souvent, mais ça a été un véritable coup de foudre! Dès que je l'ai aperçu, il m'a fallu m'approcher, le regarder, le toucher avant de le photographier et de poser les premières questions d'usage: je voulais tout savoir à son sujet...

Julien Mallet est certainement l'une des personnes que vous devez absolument rencontrer si vous aimez un peu les 'exotiques'. Non seulement c'est quelqu'un de très agréable, mais aussi et surtout de très calé dans son domaine. C'est un pépiniériste qui produit 100% de ses plants à partir de semis ou boutures de sa propre collection. Un vrai pépiniériste, quoi (il n'y en a plus beaucoup en France, malheureusement!) Mais Julien est avant tout un passionné doublé d'un explorateur...

En effet, il voyage régulièrement et rapporte de ses expéditions botaniques des végétaux nouveaux qu'il acclimate d'abord, multiplie ensuite avant de les distribuer. Voilà une démarche qui impose un certain respect (surtout quand on connaît un peu le personnage: un jeune homme très humble et plutôt discret) Je reparlerai très prochainement de lui et de sa pépinière, aussi revenons à notre cousin du manioc si vous le voulez bien...

 

On ne sait encore que peu de choses sur Manihot grahamii mais, comme Manihot esculenta (= le manioc ou 'Tapioca'), il semble être originaire du Brésil et, plus largement, du bassin Amazonien. Depuis maintenant plusieurs siècles, il a été déplacé & cultivé dans quantité de régions tropicales ou sub-tropicales (Afrique, Asie et j'en passe), si bien que dans de nombreux coins du monde il est maintenant devenu une base dans l'alimentation: on en fait généralement une sorte de farine qui est rapidement devenue ce qu'est le Blé pour les pays occidentaux.

 

Mais Manihot grahamii, pour nous, passionnés d''extotiques', est avant tout un végétal d'ornement que l'on ne peut ignorer. En effet, la plante, avant de devenir un véritable arbuste de plus de 3 mètres de hauteur, est un végétal particulièrement séduisant tant par son port que le design de ses feuilles. Ce premier est plutôt dressé et 'groupé', fort, alors que son feuillage est dense. Ses feuilles, délicatement découpées (genre Figuier, en mieux encore), sont d'un vert plutôt soutenu (il n'y a qu'à voir la photo que je propose pour se faire une petite idée sur le sujet) Voici, dans toute sa simplicité, le genre d'image qui, pour moi, se passe de commentaires et qui me fait très vite craquer...

 

La bonne nouvelle arrive maintenant: Manihot grahamii, malgré sa provenance, est plutôt résistant au froid: en effet, des gels de courte durée et de l'ordre de -7°c ne devraient pas le condamner. La plante est finalement bien plus résistante aux frimas que ce que l'on croit (elle est cependant caduque et perdra ses feuilles avant même les premiers grands froids...)

Non, le plus embêtant dans l'histoire sera de le trouver. Jamais vu nulle part sauf chez mon copain Julien Mallet qui n'en possède que quelques pieds, et pas n'importe lesquels: ils sont tous issus de graines ou de rejets d'un pied-mère 'acclimaté' qui a déjà supporté de fortes gelées depuis de nombreuses années...

 

Côté culture ce n'est pas bien compliqué: réservez-lui un sol bien travaillé, plutôt 'terre franche' que trop léger, et bien amendé (en même temps c'est rare que je dise 'réservez-lui un sol pauvre, s'il vous plaît'... encore que cela puisse arriver) Chez nous, où il fait souvent gris, ce sera plein soleil, évidemment, mais, dans le Sud, une exposition mi-ombre sera appréciée par la plante (surtout en plein été) Pour le reste, il conviendra de lui donner de l'eau, et ce, régulièrement s'il vous plaît: il semblerait que lors de la belle saison celui-ci aime bien avoir les pieds au frais...


Sauf erreur de ma part, gageons que dans quelques années nous aurons tous un Manihot grahamii dans notre jardin, et si Julien le veut bien!...

 

Ci-dessous: photo prise à la 'va vite' dans la pépinière de Julien Mallet l'été dernier, à Hyères-les-Palmiers... (découvrez son site en lien ci-contre)

 

Mahinot esculenta Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres 'exotiques'
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 00:01

Tout au long de l'année on parle ici des 'exotiques'. Oui mais voilà, je ne vous propose chaque semaine qu'une piètre photo de ces plantes que nous affectionnons tant... C'était sans compter sur l'oeil aiguisé de Cédric Pollet: pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, c'est le Yan Arthus Bertrand de la photo d'écorces (même si, pour moi, il n'est pas besoin de le comparer!)

 

Cédric Pollet est photographe, mais aussi et surtout un botaniste-voyageur. En effet, dès qu'il en a l'occasion il saute dans un avion pour immortaliser les plus belles écorces aux quatre coins du monde. Ses connaissances & sa passion sont devenues un métier. Il est le seul à l'exercer et le fait avec beaucoup de talent...

Dans son premier ouvrage, Cédric nous explique et nous apprend les arbres & leurs écorces.

Il nous raconte un monde que l'on connaît peu ou pas. Au fil de son livre, on parcourt les 5 continents, l'oeil curieux, on y découvre combien la Nature peut parfois nous étonner, nous fasciner... Dans son deuxième ouvrage, très justement sous-titré 'une galerie d'art à ciel ouvert', il va plus loin encore, plus près de la matière: on se surprend parfois même à effleurer les pages de son bouquin du revers de la main comme pour mieux apprécier la finesse ou la texture des écorces qu'il nous offre...

 

Dans ce deuxième ouvrage, les troncs ou stipes de végétaux 'exotiques' ont la part belle: vous y verrez notamment de superbes photos de Palmiers, de Cycas, de Musa, de Dicksonia ou Cyathea, de Yuccas, d'Opuntia & autres monocotylédones type Gunnera, Kalanchoe, Dracaena, Nolina et j'en passe. Il sait mieux que quiconque magnifier les troncs & les écorces devant lesquelles nous passons parfois sans nous arrêter...

On est souvent fascinés par une floraison exceptionnelle ou l'envergure d'un feuillage, mais le tronc des végétaux est injustement oublié. Erreur: les écorces sont de véritables paysages, on ne sait parfois plus si nous évoluons à quelques centimètres de la matière ou à des kilomètres de la Terre...

 

Le dernier bouquin de Cédric Pollet ce sont 250 pages qui vous plongeront dans une galerie d'art contemporain créée depuis des millénaires, où les couleurs rivalisent avec la matière, le toucher avec les aspérités... L'oeil s'arrêtera volontiers sur la photo d'un Ceiba speciosa, d'un Calocedrus decurrens, d'un Arbutus x thuretiana ou d'un Acrocomia aculeata. Mais il est pratiquement vain de ne vouloir citer que 4 de ces 'pleines pages' alors que le livre en compte des dizaines!

Il est également difficile de parler d'un travail qui vous laisserait muet par tant de beauté et de singularité, mais je voulais tout de même faire une petite parenthèse sur le sujet. Juste quelques mots qui pourraient donner envie à certains de s'y pencher et, plus généralement, à l'homme de se rapprocher de son environnement...

 

Au risque de paraître dithyrambique dans ma critique, je tiens à rassurer tout un chacun en confirmant très officiellement dans ce post que je ne détiens aucune action chez Cédric Pollet Inc., mais je crois qu'il est nécessaire de parler très haut & fort des gens qui ont un véritable talent ou des rencontres qui nous ont simplement touchées...

Vous verrez un aperçu de son travail sur son site à l'adresse suivante: http://www.cedric-pollet.com/ ou en lien ci-contre.

 

Ci-dessous: détail d'un stipe de Ravenala madagascariensis par Cédric Pollet, photo que j'ai choisie pour son côté 'volcanique' que j'aime tant...

 

Ravenala madagascariensis Cédric Pollet

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Sujets généralistes
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 00:01

L'été dernier encore, plutôt que d'aller à la plage et de mettre mes doigts de pieds en éventail (ce que j'ai, finalement, jamais réussi à faire!), non seulement j'ai jardiné et planté des végétaux à tour de bras, mais j'ai aussi et surtout écumé jardins & pépinières à la recherche de nouvelles 'exotiques' et autres Méditerranéennes. La rencontre arrive toujours quand on ne s'y attend pas, dans un petit coin de jardin ou au fin fond d'une pépinière. C'est le cas pour cette délicieuse 'exotique' appelée Lotus berthelotii...

Bien que je sois souvent passé devant, je l'ai vraiment découverte en terminant ma visite du Domaine du Rayol, l'été passé. Je me retourne pour jeter un dernier coup d'œil sur le jardin avant de gravir les quelques marches qui me séparent de la librairie puis de la sortie. Là, sur ma droite, se dresse une vieille potée de terre cuite typique de la région. Quelques fines branches retombent délicatement sur le pot. Les ombres portées frisent avec la perfection... J'ai d'abord immortalisé l'instant avant de me pencher sur la plante: le tableau m'a plu, mais le végétal davantage encore! (voir photo)

 
Lotus berthelotii est une pure 'exotique' (presque trop d'ailleurs, compte tenu de sa faible résistance au froid!) qui nous a été rapportée des Îles du Cap Vert et des Cannaries. C'est une petite plante très rampante (ou retombante si elle est installée en container), semi persistante, qui porte des feuilles aussi fines que des aiguilles. Celles-ci sont légèrement bleutées et portées par des tiges hésitant entre le mauve et le violet. Son port et son feuillage sont déjà un plaisir pour l'œil en soi. Le toucher est doux & velouté et son aspect général ne nous inspire que douceur et fragilité...

Sa légèreté et sa discrétion laissent place à un tout autre spectacle quand, en milieu de printemps, celle-ci se couvre de fleurs très particulières que l'on qualifie généralement, compte tenu de leur forme, de 'becs de perroquets'. Elles vont du jaune au rouge en passant par l'orange. Un bouquet fin mais non moins généreux qu'il ne nous est pas souvent donné de rencontrer... Surprise et dépaysement assurés!

N'ayant pas de photo de la plante en pleine floraison à vous offrir, je ne peux que vous conseiller de la Googueliser pour vous faire une petite idée sur le sujet. Après quoi je pourrai reposer la question qui est également le titre de cet article: 'Qui ne veut pas à tout prix un Lotus berthelotii'?!

 

Malheureusement et du moment que nous sommes raisonnables, nous serons nombreux à répondre par la négative à cette question compte tenu de la faible résistance au froid de notre douce 'exotique'. En effet, celle-ci ne semble pas tolérer des gels dépassant les zéro degrés. En vérité, elle est probablement un peu plus résistante que cela, quitte à être totalement défoliée ou à repartir du pied, mais c'est effectivement et malheureusement un critère qui fera parti du choix ou non de se la procurer. Pour ma part, j'ai tenté: je l'ai installée en pot dans un coin protégé du Sud de la France...

 

Malgré son apparence gracile, Lotus berthelotii est de croissance particulièrement vive. Sa multiplication est également plutôt aisée, puisqu'outre le semis qui marche très bien (encore faut-il trouver des graines!), le bouturage est un mode de multiplication qui donne de très bons résultats: un simple tronçon de tige d'un vingtaine de centimètres environ fiché dans un substrat léger que l'on aura très légèrement laissé sécher entre deux arrosages, donnera très vite un nouveau pied, autonome et déterminé à pousser avant de fleurir...


Malgré ses nombreuses qualités, elle n'est encore que très rarement proposée en jardininerie à mon plus grand regret. Bah oui, quitte à risquer de la perdre l'hiver venu, elle devrait trouver sa place à côté (ou en lieu et place) de végétaux type Portulaca et autres annuelles.

Cela n'engage bien sûr que moi, mais la finesse de la plante aurait de quoi en surplomber plus d'une sur les étales des rayons de la plupart des jardineries...

 

Très bonne année 2012 à tous!!

 

Photo ci-dessous: détail de Lotus berthelotii dans une terre cuite ancienne au Domaine du Rayol, dans le Var...

 

Lotus berthelotii Silvere Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 00:01

Quoi de mieux, deux jours avant Noël, que de vous présenter un végétal que j'ai perçu comme un cadeau quand je l'ai découvert?!...

 

Ce n'est pas tous les jours (au mieux 2 ou 3 fois par an), que l'on tombe littéralement sous le charme d'une plante. Force est de constater que c'est le cas pour ce végétal très peu connu qu'est Baccharis genistelloides... Désolé, je n'ai pas de nom commun à vous proposer, mais seulement un nom Latin très compliqué! (répétez-le 100 fois à voix haute sans vous tromper et vous verrez que vous le prononcerez aussi facilement que vos noms, prénoms & adresse!) Il n'empêche, voici une plante complètement atypique pour ne pas dire 'exentrique' qu'il vous faut non seulement à tout prix connaître mais surtout posséder dans les meilleurs délais!... 

 

J'ai découvert le végétal sur une 'foire aux plantes rares' de la région parisienne: les Botaniques de Chèvreloup. Quand on vient de Paris un samedi midi il faut pouvoir supporter 1h30 de bouchons sur le périphérique puis sur la A13 avant de littéralement se perdre entre Versailles & Roquencourt... La foire est installée dans un bel arboretum, certes, mais il y a peu d'exposants et le lieu peut paraître difficile d'accès pour le novice que j'étais. Un conseil: ne tapez jamais l'adresse sur votre GPS, préférez de loin demander votre route à un autochtone! (ce que j'ai fait) Malgré tout, je ne me suis pas découragé. Une fois arrivé à bon port, j'ai très vite avalé une mauvaise paëlla dans une assiette en carton & un soda tiède avant d'attaquer un scan complet des plantes proposées...

 

Parmi les quelques végétaux assez rares et bien présentés qui ont retenu mon attention (et que j'ai achetés) comme Scilla adlamii (superbe!), Muehlenbeckia compacta, Pelargonium fragrans (au parfum improbable) ou Farfugium japonicum aureomaculata, mon intérêt s'est très vite focalisé sur cette délicieuse plante que je n'avais jamais croisée auparavant.

Enfin il m'était proposé à la vente un végétal rare,  bien poussé, à un prix plutôt acceptable et qui ne cessait de m'interroger. J'ai été non seulement surpris par cette rencontre mais aussi et surtout comblé par son originalité!

En effet et c'est certainement ce qui devrait vous interpeller, Baccharis genistelloides a un feuillage complètement atypique: on ne saurait dire si ses feuilles se prennent pour des tiges ou l'inverse (la vérité est certainement entre les deux), en tous les cas notre animal fait bien figure de marginal dans le monde végétal!... 

 

Un peu d'étymologie si vous le voulez bien: le nom Baccharis genistelloides vient de Bacchus, le Dieu du vin, car l'odeur de sa racine s'en rapprocherait (je n'ai pas vérifié!) et 'genistelloides', de 'Génista', le nom de famille des Genêts. En résumé: un genre de Genêt qui n'a rien à voir avec les Genêts (sauf sa forme) et qui sent le pinard...  Bon, je reconnais que le raccourci est très approximatif et pas vendeur pour un clou, aussi je vous conseille de vous pencher davantage sur la photo que sur ce que j'en dis!

Baccharis genistelloides est originaire du Brésil. Sur sa terre natale ou sous notre climat, en bonne 'exotique' qu'il est, il ne saura tolérer des gels dépassant les -15°c (pour être prudent, je dirais même les -10°c) Notez que cela est déjà suffisant pour imaginer le cultiver dans bon nombre de régions Françaises!...

 

Notre Baccharis est avant tout un végétal très graphique, presque design: on dirait qu'il a été créé juste pour le plaisir de nos yeux! Mais il y a un petit coeur qui bat sous l'aspect improbable du végétal... Mieux encore, comme la cerise sur le gâteau, Baccharis nous offre une petite floraison aussi subtile que discrète: blanche est sa couleur, estivale est sa période de prédilection.

Dans de bonnes conditions de culture, notre Genêt qui n'en est pas un, aura vite fait d'atteindre le mètre 80 de hauteur. Si vous trouvez que son pied se dégarni au profit de ses branches les plus élevées, rien ne vous empêchera de le rabattre, un peu court, en début de printemps. Du moment que vous le protégerez légèrement l'hiver si besoin était et que vous l'aurez installé dans une terre riche & légère et plutôt bien exposé, vous aurez toutes les chances de le voir admirablement se développer...

 

Alors voilà, je ne sais pas vous, mais moi j'ai plongé: je suis devenu en un instant 'Baccharis addict'. Il est certain qu'il est devenu depuis ce fameux jour un acteur incontournable pour tout jardin 'exotique' et qu'il fait maintenant définitivement partie de ma palette végétale.

 

Avant de vous quitter, je vous souhaite un très bon Noël à tous!!

 

Ci-dessous: détail de Baccharis genistelloides pris en 'deux-deux' lors des Botaniques de Chèvreloup en septembre dernier...

 

Baccharis genistelloides Silvere Doumayrou

 

 

 

 

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Arbres & arbustes
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 00:01

Bah oui, il arrive parfois, quand on veut lancer un projet (comme Tillandsia sur Bois), que l'on soit contraint d'oublier un peu l'écriture des articles sur les 'exotiques'. Je vais y remédier sur le champ en vous présentant une petite pépite que j'ai déniché il y a peu. En ce qui concerne les Tillandsia, je m'étendrai davantage sur le sujet et sur la Pépinière 2 mardi prochain...

 

Il n'est parfois pas besoin de prendre l'avion ou de faire des centaines de kilomètres en voiture pour découvrir une 'exotique'. Je le sais bien, mais jamais je n'aurais imaginé rencontrer ce délicieux Solanum quitoense à quelques minutes seulement de mon appartement... Et pourtant, je dois confesser que la rencontre avec cette étrangère est la faute d'un anonyme jardinier du Parc Floral de Paris lequel, probablement envers et contre tout, à su habilement imposer ce végétal à ses confrères... Aussi je profite de cet article pour le remercier très sincèrement!

 

On ne peut jamais tout connaître: il faut des années pour maîtriser un tout petit peu son sujet. Ici, il s'agit des végétaux à feuillage large & abondant. On commence à en connaître quelques-uns comme Farfugium japonicum, Gunnera manicata, Astilboïdes tabularis, Darmera peltata, Musa Basjoo ou Musella lasiocarpa, Tetrapanax papyfera, Aspidistra eliator, Rheum palmatum, Macleaya cordata, Colocasia esculenta et j'en passe, mais voici une 'exotique' à la fois différente et complémentaire de ses congénères...

 

Un seul coup d'oeil m'a suffit pour comprendre (en moins de temps qu'il faut à Usain Bolt pour franchir sa ligne d'arrivée) que j'allais complètement craquer sur cette rare 'exotique' qu'est Solanum quitoense. Le Solanum est une grande famille: tout le monde connaît Solanum jasminoïdes, une grimpante facile, volubile, à la floraison aussi abondante que généreuse depuis le printemps et jusqu'aux premières gelées et quelle que soit la région. Mieux encore, on a tous un jour mangé du Solanum telle que la tomate ou la pomme de terre. Eh oui, elles font partie de cette même famille! Mais il faut reconnaître que celui-ci se fait plutôt rare dans nos plates-bandes....

 

Une fois n'étant pas coutume, ne l'ayant moi-même pas encore cultivé, il m'a fallu activer mon réseau de 'végétaleux' pour en savoir davantage à son sujet. Solanum quitoense est une vivace arbustive essentiellement originaire de l'Equateur. Une vraie Latino-Américaine. Il n'est donc rien à redire sur son côté 'exotique' puisque son milieu d'endémisme est séparé de notre quotidien par un gros volume d'eau (l'Océan Atlantique) et quelques milliers de kilomètres! Malheureusement pour nous, elle ne rencontre pas, 'chez elle', les gelées que nous devons régulièrement supporter. En effet, la plante a pour habitude de disparaître dès que les températures descendent en-dessous de zéro degré. Oui, je sais, c'est dommage, mais comme ça: la plante est définitivement gélive!...

 

Heureusement pour nous, elle se multiplie facilement. Le semis marche très bien (le taux de germination dépasse généralement les 90%) et son bouturage est également très aisé. Aussi vous pourrez la considérer, au minimum, comme une annuelle. Maintenant, si vous convenez de la remiser en serre froide, l'hiver durant, vous aurez tout le loisir de la voir se développer un ou deux ans de plus et d'un mètre ou deux également! En effet, il faut savoir qu'avec le temps et dans son milieu naturel la plante devient un véritable arbuste dépassant souvent les deux mètres de hauteur!!

De bouture ou de semis, la croissance de Solanum quitoense est donc plutôt vive: chaque feuille qu'elle développe est plus importante que la précédente. Dans de bonnes conditions d'ensoleillement elle aura vite fait de fleurir avant de maturer des fruits, comestibles, aussi uniques qu'étranges. En effet, non seulement la plante a dressé de redoutables épines d'un très beau violet sur le dessus des ses feuilles mais, en plus, a su protéger ses fleurs & ses fruits d'un duvet délicatement piquant de la même couleur...

 

De quoi a-t-elle besoin? Simplement d'un substrat plutôt léger et particulièrement humifère. Si, à cela, vous lui ajoutez une bonne dose de soleil et des arrosages réguliers en été, vous aurez là les ingrédients essentiels à son bon développement. En pot ou en pleine terre, la plante va pousser, encore et encore, avant de déborder de l'espace qui lui était dédié. Vous pourrez alors vous régaler de la perfection de ses feuilles au revers complètement mauve, du caractère 'Jurassique' de ses fleurs & de ses fruits et des nombreux rejets qu'elle développera à son pied... Un vrai spectacle à elle seule!

 

Comme j'ai coutume de le dire, je vous invite à faire un saut sur le Net pour en voir ou en savoir davantage sur le sujet, notamment sur son fruit qui vaut définitivement le détour. Mais la plante en a sous le pied et il ne vous sera pas désagréable non plus de pouvoir l'apprécier sous toutes les coutures! (oui, je m'acharne à ne poster qu'une seule photo par article, mais on en voit tellement d'autres souvent même plus sympa que celles que je propose qu'il serait dommage de s'en priver!)

En tous les cas voici un végétal qui m'a complètement fait craquer, que j'ai adopté et qui fera définitivement parti de ma palette 'exotique' dès le printemps prochain.

 

En photo ci-dessous: détail de Solanum quitoense capturé au Parc Floral de Paris, en fin d'été...

 

Solanum quitoense Silvere Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres 'exotiques'
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 00:01

Voilà des 'exotiques' qui nous viennent directement des 'Tropiques': les Tillandsia (heu, 'Tropiques' c'est essentiellement pour la rime!) Pour ceux qui ne parlent pas couramment le Latin, soyez rassurés, on a aussi un nom commun à vous proposer: les 'filles de l'air'. On les appelle ainsi parce que ce sont des végétaux qui ont pour habitude de pousser 'en l'air' (en fait et entre-autres, dans les arbres), qui ne développent que peu de racines et qui ne se satisfont, pour la plupart, que de l'humidité de l'air...

En effet, les Tillandsia se contentent d'étendre de minuscules racines qui leur servent essentiellement qu'à une chose: se cramponner à leur support. L'évolution et l'adaptation des végétaux peut parfois nous surprendre: les Tillandsia absorbent la totalité de l'eau, des nutriments & des minéraux dont ils ont besoin par leurs feuilles! (c'est comme si on mangeait par les dessous de bras!!) On appelle ces plantes 'épiphytes'. La plupart des Orchidées que nous cultivons en appartement sont des également épiphytes, comprenez des végétaux qui se développent sur un hôte et sans substrat. Tout au plus elles flirtent avec la mousse qui s'accumule au creux des arbres...
Certaines variétés se laissent d'ailleurs uniquement bercer par l'air du temps: elles semblent tout bonnement échapper à l'attraction terrestre, se laissant caresser par le vent chargé d'humidité et se complaisant en exposition ensoleillée à mi-ombragée, généralement apportée par le feuillage de l'arbre qu'elles ont colonisé.

Elles proviennent du continent Américain, de part & d'autre de l'Equateur, depuis le Sud des Etats-Unis jusqu'à l'Argentine & le Chili. Aussi et pour une fois, nous ne parlerons pas ici de résistance au froid puisque ce sont des végétaux que nous réserverons définitivement pour l'intérieur. Et pourquoi pas?

Une fois n'étant pas coutume, voilà des conditions de culture qu'il nous sera aisé d'offrir, même si nous devrons absolument réserver à nos Tillandsia la plus grande luminosité qu'il soit. Pour ce qui concerne l'humidité (ou l'arrosage), vous prendrez donc soin de vaporiser vos végétaux avec de l'eau de pluie ou, à défaut, avec de l'eau minérale (tous les 3 ou 4 jours l'été & selon les variétés et une fois par semaine à tous les 15 jours, au coeur de l'hiver)

Pour donner le meilleur à vos 'filles de l'air', évitez le trop et le trop peu: trop d'eau risquerait de les faire pourrir alors qu'un manque d'eau prolongé pourrait les condamner. Le maître mot sera donc la constance...

Levez toutefois le pied l'hiver, la croissance des plantes étant ralentie par le manque de lumière, augmentez par contre la fréquence d'arrosage l'été si le soleil donne et que l'air est plutôt sec. Avec le temps et l'expérience, c'est quelque chose qu'il faudra sentir: l'arrosage sera donc adapté en conséquence...

Oui mais voilà, on les met où, comment ou dans quoi? Je connais depuis longtemps déjà les Tillandsia et j'ai toujours trouvé les réalisations ou autres 'compositions' que l'on peut voir sur Internet plutôt désuettes. Pour ma part, je leur réserve l'installation la plus naturelle & design qu'il soit selon moi: je les fixe sur une liane Guyannaise que l'on appelle la 'Liane Tortue' (Bauhinia kunthiana), collées d'abord puis fixées ensuite à l'aide d'un fil de Nylon, lequel rend l'installation aussi pérenne qu'invisible (voir site: http://tillandsiaetbois.over-blog.com/)

Comme pour l'ananas (puisque les Tillandsias appartiennent à cette grande famille que sont les Broméliacées), ce n'est qu'une fois que la plante aura fleuri que le pied va rejeter. La plante va alors se multiplier depuis sa base jusqu'à créer une véritable 'touffe' de rejets. Avant de les prélever et de les repiquer sur votre prochain bout de bois ou autre support de votre choix, vous aurez eu tout le loisir de jouir d'une floraison aussi 'exotique' que colorée! (le sujet étant très large, je vous invite à faire un saut sur la Toile pour vous faire une petite idée sur la question...)

Comme je le propose un peu plus haut, ma passion pour les Tillandsia m'a fait créer un site consacré à mes réalisations: Tillandsia sur Bois (en lien ci-contre) Vous trouverez sur ce Blog non seulement ma démarche créative mais aussi et surtout les conseils relatifs à l'entretien de votre Tillandsia.

NB: il est encore temps de faire marche arrière car, quand vous aurez mis les pieds dans les Tillandsia, je vous assure qu'il vous sera très difficile d'ignorer votre passion nouvelle!!

 

Ci-dessous: photo de Tillandsia tectorum dans mon 'atelier', certainement l'une de mes préférées...

 

Tillandsia tectorum Silvère Doumayrou

Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres 'exotiques'
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  • : 08/08/2007
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