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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 20:19
Voici une Agave "made in U.S." qui mérite d'être plantée par chez nous. J'adore! Et je vais vous dire pourquoi...

Elle a un port viril, puissant, ses feuilles larges, parcourues d'épaisses épines d'un vert bleuté & intense paraissent se dresser vers le soleil. Elle semble résister à n'importe quoi, et ce n'est pas faux! C'est une Agave qui supportera aussi bien un manque comme un excès d'eau prolongé durant l'été, une Agave qui résistera au froid, même au gel jusqu'à -12°c! Elle survivra aisément à plusieurs centimètres de neige (rappelons toutefois qu'elle doit être plantée dans un sol bien drainé et exposée plein sud pour supporter ces conditions) Concrètement, quand vous en avez une, c'est pour toujours!

En effet, c'est très certainement l'Agave qui produit le plus de rejets au cours de sa vie. Sachant qu'elle peut vivre 15 à 20 ans ou plus (selon le climat) vous obtiendrez des dizaines de rejets, pour ne pas dire des centaines!... D'abord, plus vous prélevez ses rejets, plus elle en fait: une Agave americana âgée d'à peine 2 ans commence déjà à produire ses premiers rejets!
Mais elle a plus d'un tour dans son sac pour se multiplier. Elle est certes monocarpique (= meurt après floraison) mais tout au long de son existence elle vous offrira des plantules. De plus, arrivée à maturité, elle fleurit pour produire des milliers de graines qui germeront très facilement. Alors surtout ne me dites pas que vous n'avez pas réussi à la multiplier!!...

C'est d'ailleurs un des grands plaisirs, quand on est passionné de végétaux, de réussir à les multiplier et nous voilà très vite atteints de "collectionnite" (une maladie qui ne soigne pas!)
N'oublions pas ses sœurs: Agave americana variegata (panachée: jaune & vert) ou medio picta alba (la plus belle pour moi: le cœur de sa feuille est blanc et les bords sont verts. Son port est cependant plus ramassé & sa croissance plus lente) et toutes les autres Agaves très résistantes au gel, comme A. salmiana, montana, uthaensis, scabra, franzossinni, nigra, chrisantha, filifera et j'en passe!...
La photo ci-dessous vous présente une jeune Agave americana de 5 ans dans un jardin près de Paris.

Agave-americana.JPG


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Published by Silvère Doumayrou - dans Agaves
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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 20:18
Aristote disait (à peu de choses près): "Plus j'en sais et plus je sais que je ne sais rien..." Eh bien c'est vrai et plus encore pour moi car j'en sais bien moins qu'Aristote!

Et il se trouve que plus on en sait sur les végétaux, plus on découvre combien il y en a à apprendre... C'est sans fin!
Ce n'est d'ailleurs pas tant mon savoir (plus empirique que théorique) que j'essaye de distiller à travers mes articles, mais plus exactement mes découvertes, mes coups de cœur & mes expériences, que je souhaite vous faire partager. Une rencontre, en voilà une...

Je faisais allusion à Aristote simplement parce que j'aimerais dire un mot sur un Aloé pas comme les autres: Aloé aristata.
Il me plaît bien celui-là!! Déjà, il aime l'eau (contrairement à la plupart des Aloés) en plus, il la supporte l'hiver. Il supporte également très bien le gel: -12°c environ! Ça, c'est le plus important pour tous ceux qui souhaitent réussir l'acclimatation de végétaux "exotiques" sous nos latitudes.

Il a un port très compact mais cela ne l'empêche pas de rejeter rapidement & très généreusement grâce à de fortes & épaisses racines. De ce fait, il a besoin d'un peu de place au sol pour se développer. Comme Agave americana par exemple, il a vite fait d'arriver à saturation quand il est cultivé en pot, surtout si celui-ci est étroit. Cela ne ralenti pas pour autant sa croissance, c'est un végétal qui sait parfaitement s'adapter à tout type de culture: aussi bien en pot qu'en pleine terre, au soleil qu'à la mi ombre, arrosé généreusement ou pas...

Bon et puis Aloé aristata donne, en été, une remarquable inflorescence aux fleurs orangées de 70 cm de haut environ et, n'étant pas monocarpique, le pied qui fleurit ne meurt pas après floraison. Vous le multiplierez très aisément en séparant au printemps les rejets du pied mère. Le semis est envisageable, même si je ne l'ai encore jamais tenté moi-même (il faut déjà réussir à obtenir des graines fécondées)

Bref, voici un Aloé à installer immédiatement dans votre jardin ou sur votre balcon!! (Bon, au pire, ça peut aussi attendre le printemps ou l'été prochain!) Si Aloé aristata vous a séduit, je vous invite également à vous intéresser à d'autres représentants de l'espèce, comme Aloé saponaria (-6°c), Aloé striatula (-10°c), Aloé broomi (-15°c) et pourquoi pas à la grande famille des Sempervivums?!...
La photo ci-dessous à été prise en région parisienne. On y voit nettement un beau rejet apparaître en bas à gauche de la photo...   

Aloe-aristata.JPG

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Published by Silvère Doumayrou - dans Aloés
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 21:00
Bon, ça ne va pas du tout!... Non, rien a poussé cet été, à part les mauvaises herbes!!... C'est l'été le plus froid depuis 30 ans et un des plus gris & pluvieux!... Résultat, les Palmiers, Yuccas et autres "exotiques" ont très peu poussé... Surtout les palmiers, d'ailleurs!...

Bizarrement, les Agaves ne paraissent pas avoir souffert de cet été calamiteux. Elles ont prospéré, même avec un ensoleillement très faible et une pluviométrie excessive... Mon Musa basjoo a également bien profité de cet été pluvieux (voir photo) En effet, il atteint aujourd'hui les 6 mètres & l'inflorescence ne cesse de se développer. Mes Musella lasiocarpa ont également bien toléré ces conditions (plus que les Musa basjoo en pot) du moment qu'ils ont été cultivés en plein soleil (ceux qui poussaient à la mi ombre ont plutôt mal supporté...)

Parmi ceux qui ont bien accepté ces conditions, il y a aussi les Aloé (saponaria, aristata, striatula...), Dracena draco, Butia capitata, Trachycarpus fortunei & wagnerianus, de jeunes Gunnera et, bizarrement, mes Dasylirion (glaucophylum & acrotriche) réputés pour aimer la chaleur, les sol secs & bien drainés!...

Bref, l'inquiétude vient maintenant de l'hiver prochain, à savoir, va-t-il faire très froid? Ou juste froid? Oui, car les températures de cet été et (déjà!) de ce début d'automne sont plutôt en dessous des normales saisonnières alors, les plantes qui ont déjà passé un été moribond vont-elles survivre à un hiver particulièrement froid?! Là est la question...
Aussi, pour se redonner un peu d'espoir, je vous propose cette photo, celle de mon Musa basjoo, prise le 17 septembre dernier, alors qu'un soleil printanier nous donnait un peu de chaleur, même si fragile et éphémère!...

Bananier-Sept.-2007.JPG

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Published by Silvère Doumayrou - dans Sujets généralistes
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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 21:52
Bon, des palmiers il y en a plein, mais des comme lui... pas beaucoup! Surtout si on souhaite l'acclimater à la région parisienne, à savoir un endroit de la France où le temps est plutôt pourri! (encore plus depuis quelques années...)
Oui, car le Chamaerops ne souffre pas de l'excès d'eau par exemple. Il ne souffre pas non plus du froid, puisqu'il résiste jusqu'à -12°c environ et, par expérience, j'ai constaté qu'il peut même pousser à la mi-ombre, alors... Que demande le peuple?!...

Il est certes un peu long à s'installer, il faut compter 3 bonnes années avant d'avoir une croissance raisonnable, mais une fois qu'il y est, c'est pour un moment. Vous pouvez voir de beaux spécimens de ces palmiers à Paris, au Jardin des Plantes ou aux Jardin des Serres d'Auteuil par exemple.
Ceux-ci ont eu du mal à supporter les gels des hivers 1985-86, mais sont rapidement repartis du pied. Néanmoins, avec une bonne protection en cas de réelles fortes gelées, vous n'avez rien à craindre. Je vous conseille simplement de protéger vos jeunes plants les premières années, afin qu'ils passent l'hiver sans trop de dommages et repartent de plus belle au printemps suivant. Je vous conseille également de modifier le substrat dans lequel vous allez les planter, à savoir d'ajouter un peu de pouzzolane (= roche volcanique concassée) qui aura un effet drainant. Il faut savoir qu'ils peuvent tenir très longtemps en pots (ce qui n'est pas le cas de tous les palmiers), veillez seulement à rempoter tous les 3 à 4 ans pour les spécimens adultes.

Le Chamaerops humilis est un palmier disons, "buissonnant", puisqu'il rejette assez généreusement et que la somme de ses feuilles ne permet pas toujours d'apprécier ses stipes (= troncs) Il forme une "touffe" compacte & impénétrable à l'aspect exotique qui l'aide à se prémunir du froid. Au  fait, sachez que ce palmier est un des seuls à être endémique (= qui provient originellement...) d'Europe, plus précisément du pourtour Méditerranéen. En Afrique du Nord, on l'appelle le palmier "Doum" et le cœur de son stipe est fréquemment consommé (ne me demandez pas la recette, je n'ai même pas envie d'en manger, sa croissance étant plutôt lente, ça me ferait trop mal au cœur!)

Bref, voici un palmier qui se démocratise, qui s'acclimate bien (dans la plupart des régions françaises) qui est plutôt abordable en terme de prix et dont on ne devrait pas se priver!! Vous pouvez également partir de graines, lesquelles germent assez rapidement (environ 2 mois) mais qui vous donneront un palmier digne de ce nom au bout de 4 à 5 ans seulement.
La photo ci-dessous montre un détail de Chamaerops humilis pris au Jardin des Plantes à Paris, à la sortie de l'hiver...     

Chamaerops-humils.JPG
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Published by Silvère Doumayrou - dans Palmiers
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 00:30
Allez, encore une plante qui nous vient du Japon!  Ce n'est pas pour me déplaire et c'est étonnant de voir, parmi les plantes que j'affectionne, combien sont  "japonica", "japonicum" ou "japonicus"... Je pense, entre autres, à Equisetum japonicum (une variété de Prêle), Acer japonicum (l'Erable du Japon),  Farfugium japonicum, Ophiopogon japonicus, Petasites japonicus, Azalée japonica & tant d'autres...

Bon, ce qui est très intéressant avec Fatsia japonica, quand on s'intéresse aux plantes dites "exotiques", c'est qu'il pousse à l'ombre!! Oui, même très à l'ombre s'il le faut! En effet, quand votre jardin commence à se remplir de Palmiers, Bananiers, Cordylines & autres Yuccas, ce qu'il vient à manquer en premier (outre la place) c'est le soleil!
J'en vois parfois, lors de visites dans des petites courettes parisiennes très sombres, qui sont parfaitement épanouis! Quel courage: donner de telles feuilles avec une telle générosité le tout avec si peu de terre (souvent de piètre qualité) et pas une once de soleil... Je dis bravo & suis preneur!!

La plante est en fait un arbuste persistant, souvent vendu (à tort!) comme plante d'intérieur, car on pense encore qu'elle résiste mal au froid: c'est faux! Les Fatsia (que l’on appelle souvent "faux Aralia") peuvent résister jusqu'à pratiquement -15°c et rester plusieurs jours sous la neige sans dépérir!...
A l'automne, ils se parent de belles inflorescences très érigées couvertes de centaines de minuscules fleurs blanches, plutôt décoratives, qui deviennent ensuite de petites baies vertes, puis noires. Vous pouvez les récolter et les faire germer à une température de 20-25°c environ, à la lumière, mais à l'abri du soleil direct. Surtout chez les jeunes plants, le soleil peut facilement abîmer les feuilles.

La plante pousse lentement mais sûrement, vous pouvez la tailler, elle n’en sera que plus ramifiée et son port épanoui & "tropical"... En bref, encore une plante incontournable!
Je la marierais bien avec Dicksonia antartica (fougère arborescente), Gunnera manicata, Chamaedorea radicalis ou microspadix (palmiers), Pseudosasa japonica (bambou aux larges feuilles), Hostas & diverses fougères rustiques et enfin avec Lysimachia nummularia "Goldilocks" ou Helxine soleirolii (couvre-sols)...
Faute de photo potable à vous proposer, j'ai pris ce Fatsia japonica à la va-vite dans une grande jardinerie parisiene...
 

Fatsia-japonica.JPG
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Published by Silvère Doumayrou - dans Arbres & arbustes
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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 23:00
Ce n'est pas une plante rare, mais bizarrement elle demeure peu plantée... Elle s'intègre pourtant très bien dans un jardin "exotique", entre Lotus, Fougères arborescentes, Bananiers ou autres palmiers. Pour vous la décrire, il faut simplement s'imaginer une Rhubarbe géante, c'est d'ailleurs souvent son nom commun ou encore Rhubarbe d'Argentine ou du Brésil.

Géante elle l'est, ses proportions à l'âge adulte sont impressionnantes: 2 mètres de hauteur (et plus) pour 3 d'envergure environ & des feuilles de plus d'1 mètre de diamètre!... Elle perd ses feuilles à l'approche des premiers gels, mais celles-ci ressortent à chaque printemps accompagnées de non moins géantes inflorescences atteignant 1 mètre de haut.
Avant d'arriver à de telles proportions, il faut que votre Gunnera manicata s'installe. C'est le plus long, même si chaque année elle vous offre des feuilles plus grandes que l'année précédente, que son port se dresse de plus en plus, c'est une plante qui met un peu de temps à s'installer. Pour faire simple, il faut juste réunir un certain nombre de conditions,  comme un sol profond, riche & très humide (les Gunnera réussissent très bien au bord des plans d'eau) et une belle exposition: plus elle est au soleil, plus elle poussera, mais plus il faudra veiller à ce qu'elle garde les pieds dans l'eau. Elle supporte ensuite très bien de pousser à la mi-ombre et croît plus lentement à l'ombre. Mettez quelques pelletées de compost à son pied au printemps, elle vous en sera reconnaissante, à défaut, elle réagit bien aux engrais (organiques, bien sûr)

Quand l'hiver arrive et que les feuilles s'abîment, coupez-les et disposez-les autour du rhizome et plus précisément sur le bourgeon terminal. J'ajoute toujours un peu de paille et/ou de feuilles pour être sûr qu'elle ne gèle pas. Quoi qu'il en soit, elle résistera tout de même à des gels de l'ordre de -10°c et plus avec une bonne protection. Du printemps à la fin de l'été, si elle ne pousse pas les pieds dans l'eau, ne la laissez pas tranquille: inondez-là régulièrement... elle adore! Vu sa lenteur de croissance les premières années, les jeunes plants que l'on achète en jardinerie sont toujours un peu chers (20-25€) mais croyez-moi, ça vaut le coup d'investir!...
 

Photo ci-dessous: une jeune Gunnera manicata dans mon jardin au printemps.

Gunnera-manicata.JPG
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Published by Silvère Doumayrou - dans Vivaces
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 21:28
Il existe beaucoup de fougères arborescentes à travers les continents, mais une seule réussit aussi bien que celle-ci à s'adapter à notre climat, j'ai nommé Dicksonia antartica.

En effet, elles sont plutôt originaires des régions subtropicales que du Bassin Parisien... Cette fougère vient de Tasmanie, où elle peut atteindre l'âge de 400 ans pour une hauteur de 15 mètres environ! Elle a la particularité de bien supporter le gel, puisqu'elle est capable passer des nuits à -10 voire, -15°c (sur une courte durée) même si ses feuilles s'abîment dès que les températures descendent en dessous de -5°c.
Dans son aire d'origine, elle peut produire jusqu'à 70 frondes (= feuilles) par an qui atteignent 2 à 3 mètres de longueur & parfois plus.
Je vous conseille, pour en savoir davantage sur le sujet, de vous intéresser au livre de Pierre-Olivier Albano: "La connaissance des plantes exotiques", car j'aimerais attirer votre attention sur la multiplication de cette fougère, opération délicate mais riche d'enseignements. En effet, il est certes possible de trouver des plants de Dicksonia antartica dans le commerce, mais cette fougère poussant très lentement (de 1 à 3 cm par an), les sujets proposés sont souvent de grande taille & à des prix pas toujours très abordables. Aussi je vous propose de nous intéresser au semis de fougères arborescentes.

Sous les frondes des fougères vous trouverez, à la fin de l'été, des sporanges (petites excroissances jaunes-brunâtres de forme circulaire) qui contiennent des spores (comme du pollen) qu'il s'agira de récolter en coupant des sections de frondes & en les laissant sécher dans une enveloppe. Après quelques jours, les spores se détachent de leurs capsules & le fond de votre enveloppe se couvrira d'une petite poudre orange. C'est cette poudre qu'il faudra semer dans un substrat léger préalablement stérilisé (constitué à 50% de tourbe, 50% de terreau à semis et d'un peu de sable que l'on mettra quelques minutes au micro-onde par exemple, afin de détruire tous les germes & autres "envahisseurs" comme la mousse)

Pourquoi? C'est très important car les spores ne sont pas des graines, la fécondation n'a pas encore eu lieu, c'est un système de reproduction très primitif : les spores vont donner naissance à des "prothalles" (= sortes de mini-laitues), après environ 8 à 12 semaines d'incubation, qui seront soit mâles, soit femelles. C'est alors, grâce aux eaux de ruissellement, que les prothalles mâles féconderont les prothalles femelles à l'aide de leurs spermatozoïdes. Il en résulte une fécondation qui donnera enfin lieu à l'apparition (après quelques mois) d'une première feuille de fougère!... (opération interdite aux moins de 12 ans, bien entendu!)
C'est peut-être un peu long & cela peut paraître compliqué, mais n'est-ce pas une expérience fascinante?!...

Certes, de la patience il en faudra, car avant d'avoir une fougère digne de ce nom, il faudra encore attendre quelques années.
Mais ça vaut le coup car, quoi qu'il arrive, le temps passant (inexorablement), petit à petit votre "poudre" de Dicksonia antartica deviendra bientôt une belle fougère arborescente...

Le groupe de Dicksonia ci-dessous à été pris au Domaine du Rayol Canadel, dans le Var.


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Published by Silvère Doumayrou - dans Autres 'exotiques'
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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 13:59
La longévité de la graine de Lotus (Nelumbo nucifera) est impressionnante et  probablement la plus longue de tout le règne végétal!
En effet, elle peut rester dormante durant des siècles... Il paraîtrait même que des graines de Lotus retrouvées dans les tombes des Pharaons aient pu germer après plus de 2 500ans!

Cela me rappelle une histoire que m'a racontée une amie Japonaise. Cela se passe (évidemment) au Japon. Dans une petite province au Sud du « Pays du Soleil Levant », on entreprit de construire un bâtiment communal. Un immense trou fut creusé pour y couler les fondations seulement, pour des raisons qui appartiennent à l'administration, les travaux furent stoppés. Après quelques mois, ce qui devait être un chantier était devenu un lac... remplit de Lotus!
Il y avait donc eu, quelques siècles auparavant & à cet endroit précis, un plan d'eau couvert de Lotus, lequel avait fini par s'assécher au fil du temps & de la sédimentation. Les graines sont restées dormantes jusqu'à ce que les travaux de terrassement & les précipitations les eurent "réveillées".
C'est un système de défense pour assurer la survie de l'espèce, car le Lotus à beaucoup de prédateurs, à commencer par l'homme, qui se délecte de son rhizome (coupé en rondelles puis frit) Par exemple, si un animal consomme la totalité des Lotus présent dans un espace donné, après la disparition de celui-ci et, faute de ressources (le Lotus ayant disparu), celui-ci peut à nouveau faire son apparition grâce à la longévité de ses graines...

La graine est très dure & c'est pourquoi, pour espérer la faire germer, faut-il la poncer au papier de verre, à un endroit donné (près de d'une extrémité - la graine étant oblongue) avant de la faire tremper.
La graine double voire, triple de volume en s'hydratant. L'eau doit être maintenue à une température de 25°c & renouvelée quotidiennement. Après seulement quelques jours, celle-ci va germer & la première feuille apparaître.
Huit jours après la germination, la feuille mesurera près de 50cm alors que la deuxième feuille apparaîtra et, avec elle, les premières racines!...
On rempotera alors la plantule dans un "panier de culture" (adapté à sa petite taille) quand les racines paraîtront assez robustes. Maintenez une profondeur d'eau d'environ 40 à 60cm et vous verrez votre Lotus se développer pratiquement à vue d’œil!

Nelumbo nucifera n'est pas gélif (= résiste au gel), mais doit être adulte & bien installé pour résister aux températures négatives. Gardez votre plantule en serre froide la première année, vous obtiendrez une floraison dès l'été suivant.

Le sujet étant très intéressant mais très vaste, je ne peux que le survoler, aussi je vous invite à découvrir l'expérience de Walter Pagels (en Anglais le texte) sur la toile & dans les meilleurs délais! (en lien ci-contre)

J'ai pris cette photo "rafraîchissante" au cœur de l'été à l'Ecole de Botanique du Jardin des Plantes, à Paris.



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Published by Silvère Doumayrou - dans Aquatiques
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 19:55
Si l'on devait n'en retenir qu'un (pour nos régions froides & pluvieuses), ce serait celui-là!

Oui, le Trachycarpus fortunei est certainement le palmier le plus connu à ce jour pour de multiples raisons.
Grâce à sa provenance, la Chine, le Trachycarpus est le plus résistant  à la fois au gel (-18°c, voire plus!), mais aussi au manque ou à l'excès d'eau, au vent, etc... 
Il peut pousser indifféremment à l'ombre ou au soleil. Dans l'idéal, il appréciera d'avoir la tête au soleil & les pieds au frais. Il se moque du substrat dans lequel il évolue, pourvu qu'il soit dense voire, argileux (évitez cependant un substrat type terreau universel pour le maintenir en pot et ne le gardez jamais à l'intérieur de la maison, c'est un palmier rustique qui ne se plaît qu'à l'extérieur)
Certes, il est loin d'être le plus rapide en matière de croissance, mais une graine vous donnera tout de même un palmier de presque 1 mètre de hauteur en cinq ans environ.

Son stipe (= tronc) est recouvert de chanvre qui lui donne un petit côté rustre, bien vite oublié quand sortent ses inflorescences constituées de milliers de fleurs jaunes pouvant atteindre une longueur d'un mètre environ!... Les palmiers sont soit mâle, soit femelle, aussi faut-il des sujets des deux sexes pour obtenir des graines. Celles-ci germeront entre 1 & 3 mois & donneront 2, voire 3  feuilles dans la première année de croissance.
Après 2 ans, ces feuilles se seront élargies pour ensuite se diviser & prendre petit à petit les caractéristiques des spécimens adultes (un joli mini-palmier!)

Si vous achetez des plants en jardinerie, préférez-les petits & trapus (plutôt que grands & élancés), cela veut dire qu'ils ont grandi en plein air et non en serre. Ils seront d'autant plus forts et leur taille d'autant plus grande qu'ils n'auront pas développé leur stipe en pot, même si cela paraît plus long au début, vous ne serez pas déçu ensuite.
Je plante ce palmier en groupe, au moins par deux, avec des hauteurs différentes, le résultat étant plus "exotique" qu'en plants uniques (les jeunes plants "cachent" le tronc un peu dégarni des spécimens plus âgés...)

Bref, un palmier hautement recommandable, peu exigeant & très généreux!
N'oubliez pas de vous intéresser aux autres variétés de Trachycarpus comme le wagnerianus, plus compact & aux feuilles très rondes, le martianus, très souple & élégant, le manipur, au feuillage bleuté mais moins résistant & tous les autres: darjeling, latisectus, takil, nanus & j'en passe...

Photo ci-dessous: groupe de Trachycarpus fortunei dans un jardin en friche, Seine & Marne.


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Published by Silvère Doumayrou - dans Palmiers
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 09:26
De mémoire d'homme (de 32 ans) on n'avait jamais vu ça!
Pire que l'été 2006,  pendant lequel il avait quand même plu tout le mois d'août, l'été 2007 bat tous les records!... Des températures diurnes qui ont du mal à dépasser les 18°c et nocturnes à peine au-dessus  de 10°c, il y a de quoi
déprimer ou au moins, s'inquiéter!...

J'ai mis au point une théorie, qui est tout sauf sérieuse, qui consiste à penser que les 4 saisons que nous connaissions ne sont plus d'actualité & voici comment je vois l'année se découper: le printemps est maintenant remplacé par un été précoce, chaud & sec,  caniculaire parfois (même s'il arrive qu'il ressemble à un bel automne!) L'été fait place à une sorte de printemps pluvieux & froid. L'automne (le vrai!) ressemblera de plus en plus à l'été (l'ancien, celui où il faisait beau, chaud et sec...), enfin l'hiver restera un hiver, mais si doux que l'on pourrait penser que c'est encore l'automne ou déjà le printemps!... Vous me suivez?

Maintenant, et plus sérieusement, on constate d'énormes écarts de températures d'un jour à l'autre, aussi bien dans le chaud que dans le froid, aussi je pense que c'est ce qui va nous surprendre le plus, autant que l'intensité et la soudaineté des précipitations...
Les statistiques se contredisent & plus aucun dicton n'est véritablement valable de nos jours!... Il n'y a plus de saison ma pauv' dame!!... Par exemple: "Noël au balcon, Pâques aux tisons", cette année c'est plutôt: "Janvier il fait bon, Mars, on se les gèle comme des cons"!...

Pour garder le moral et rêver un peu, j'avais envie de poster aujourd'hui ce genre de photo que vous vous mettez en fond d'écran l'hiver, quand il fait nuit à 16h et que l'optimisme fait place  au désespoir, ici celle d'une feuille de mon Bananier (Musa basjoo) traversée par une beau soleil estival. Alors, courage, on ne peut que penser que le pire sera (d'ici quelques longs mois)  derrière nous, non?!...

Feuille-Musa-wave.JPG
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