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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 00:01

L'été dernier encore, plutôt que d'aller à la plage et de mettre mes doigts de pieds en éventail (ce que j'ai, finalement, jamais réussi à faire!), non seulement j'ai jardiné et planté des végétaux à tour de bras, mais j'ai aussi et surtout écumé jardins & pépinières à la recherche de nouvelles 'exotiques' et autres Méditerranéennes. La rencontre arrive toujours quand on ne s'y attend pas, dans un petit coin de jardin ou au fin fond d'une pépinière. C'est le cas pour cette délicieuse 'exotique' appelée Lotus berthelotii...

Bien que je sois souvent passé devant, je l'ai vraiment découverte en terminant ma visite du Domaine du Rayol, l'été passé. Je me retourne pour jeter un dernier coup d'œil sur le jardin avant de gravir les quelques marches qui me séparent de la librairie puis de la sortie. Là, sur ma droite, se dresse une vieille potée de terre cuite typique de la région. Quelques fines branches retombent délicatement sur le pot. Les ombres portées frisent avec la perfection... J'ai d'abord immortalisé l'instant avant de me pencher sur la plante: le tableau m'a plu, mais le végétal davantage encore! (voir photo)

 
Lotus berthelotii est une pure 'exotique' (presque trop d'ailleurs, compte tenu de sa faible résistance au froid!) qui nous a été rapportée des Îles du Cap Vert et des Cannaries. C'est une petite plante très rampante (ou retombante si elle est installée en container), semi persistante, qui porte des feuilles aussi fines que des aiguilles. Celles-ci sont légèrement bleutées et portées par des tiges hésitant entre le mauve et le violet. Son port et son feuillage sont déjà un plaisir pour l'œil en soi. Le toucher est doux & velouté et son aspect général ne nous inspire que douceur et fragilité...

Sa légèreté et sa discrétion laissent place à un tout autre spectacle quand, en milieu de printemps, celle-ci se couvre de fleurs très particulières que l'on qualifie généralement, compte tenu de leur forme, de 'becs de perroquets'. Elles vont du jaune au rouge en passant par l'orange. Un bouquet fin mais non moins généreux qu'il ne nous est pas souvent donné de rencontrer... Surprise et dépaysement assurés!

N'ayant pas de photo de la plante en pleine floraison à vous offrir, je ne peux que vous conseiller de la Googueliser pour vous faire une petite idée sur le sujet. Après quoi je pourrai reposer la question qui est également le titre de cet article: 'Qui ne veut pas à tout prix un Lotus berthelotii'?!

 

Malheureusement et du moment que nous sommes raisonnables, nous serons nombreux à répondre par la négative à cette question compte tenu de la faible résistance au froid de notre douce 'exotique'. En effet, celle-ci ne semble pas tolérer des gels dépassant les zéro degrés. En vérité, elle est probablement un peu plus résistante que cela, quitte à être totalement défoliée ou à repartir du pied, mais c'est effectivement et malheureusement un critère qui fera parti du choix ou non de se la procurer. Pour ma part, j'ai tenté: je l'ai installée en pot dans un coin protégé du Sud de la France...

 

Malgré son apparence gracile, Lotus berthelotii est de croissance particulièrement vive. Sa multiplication est également plutôt aisée, puisqu'outre le semis qui marche très bien (encore faut-il trouver des graines!), le bouturage est un mode de multiplication qui donne de très bons résultats: un simple tronçon de tige d'un vingtaine de centimètres environ fiché dans un substrat léger que l'on aura très légèrement laissé sécher entre deux arrosages, donnera très vite un nouveau pied, autonome et déterminé à pousser avant de fleurir...


Malgré ses nombreuses qualités, elle n'est encore que très rarement proposée en jardininerie à mon plus grand regret. Bah oui, quitte à risquer de la perdre l'hiver venu, elle devrait trouver sa place à côté (ou en lieu et place) de végétaux type Portulaca et autres annuelles.

Cela n'engage bien sûr que moi, mais la finesse de la plante aurait de quoi en surplomber plus d'une sur les étales des rayons de la plupart des jardineries...

 

Très bonne année 2012 à tous!!

 

Photo ci-dessous: détail de Lotus berthelotii dans une terre cuite ancienne au Domaine du Rayol, dans le Var...

 

Lotus berthelotii Silvere Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Vivaces
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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 00:01

Quoi de mieux, deux jours avant Noël, que de vous présenter un végétal que j'ai perçu comme un cadeau quand je l'ai découvert?!...

 

Ce n'est pas tous les jours (au mieux 2 ou 3 fois par an), que l'on tombe littéralement sous le charme d'une plante. Force est de constater que c'est le cas pour ce végétal très peu connu qu'est Baccharis genistelloides... Désolé, je n'ai pas de nom commun à vous proposer, mais seulement un nom Latin très compliqué! (répétez-le 100 fois à voix haute sans vous tromper et vous verrez que vous le prononcerez aussi facilement que vos noms, prénoms & adresse!) Il n'empêche, voici une plante complètement atypique pour ne pas dire 'exentrique' qu'il vous faut non seulement à tout prix connaître mais surtout posséder dans les meilleurs délais!... 

 

J'ai découvert le végétal sur une 'foire aux plantes rares' de la région parisienne: les Botaniques de Chèvreloup. Quand on vient de Paris un samedi midi il faut pouvoir supporter 1h30 de bouchons sur le périphérique puis sur la A13 avant de littéralement se perdre entre Versailles & Roquencourt... La foire est installée dans un bel arboretum, certes, mais il y a peu d'exposants et le lieu peut paraître difficile d'accès pour le novice que j'étais. Un conseil: ne tapez jamais l'adresse sur votre GPS, préférez de loin demander votre route à un autochtone! (ce que j'ai fait) Malgré tout, je ne me suis pas découragé. Une fois arrivé à bon port, j'ai très vite avalé une mauvaise paëlla dans une assiette en carton & un soda tiède avant d'attaquer un scan complet des plantes proposées...

 

Parmi les quelques végétaux assez rares et bien présentés qui ont retenu mon attention (et que j'ai achetés) comme Scilla adlamii (superbe!), Muehlenbeckia compacta, Pelargonium fragrans (au parfum improbable) ou Farfugium japonicum aureomaculata, mon intérêt s'est très vite focalisé sur cette délicieuse plante que je n'avais jamais croisée auparavant.

Enfin il m'était proposé à la vente un végétal rare,  bien poussé, à un prix plutôt acceptable et qui ne cessait de m'interroger. J'ai été non seulement surpris par cette rencontre mais aussi et surtout comblé par son originalité!

En effet et c'est certainement ce qui devrait vous interpeller, Baccharis genistelloides a un feuillage complètement atypique: on ne saurait dire si ses feuilles se prennent pour des tiges ou l'inverse (la vérité est certainement entre les deux), en tous les cas notre animal fait bien figure de marginal dans le monde végétal!... 

 

Un peu d'étymologie si vous le voulez bien: le nom Baccharis genistelloides vient de Bacchus, le Dieu du vin, car l'odeur de sa racine s'en rapprocherait (je n'ai pas vérifié!) et 'genistelloides', de 'Génista', le nom de famille des Genêts. En résumé: un genre de Genêt qui n'a rien à voir avec les Genêts (sauf sa forme) et qui sent le pinard...  Bon, je reconnais que le raccourci est très approximatif et pas vendeur pour un clou, aussi je vous conseille de vous pencher davantage sur la photo que sur ce que j'en dis!

Baccharis genistelloides est originaire du Brésil. Sur sa terre natale ou sous notre climat, en bonne 'exotique' qu'il est, il ne saura tolérer des gels dépassant les -15°c (pour être prudent, je dirais même les -10°c) Notez que cela est déjà suffisant pour imaginer le cultiver dans bon nombre de régions Françaises!...

 

Notre Baccharis est avant tout un végétal très graphique, presque design: on dirait qu'il a été créé juste pour le plaisir de nos yeux! Mais il y a un petit coeur qui bat sous l'aspect improbable du végétal... Mieux encore, comme la cerise sur le gâteau, Baccharis nous offre une petite floraison aussi subtile que discrète: blanche est sa couleur, estivale est sa période de prédilection.

Dans de bonnes conditions de culture, notre Genêt qui n'en est pas un, aura vite fait d'atteindre le mètre 80 de hauteur. Si vous trouvez que son pied se dégarni au profit de ses branches les plus élevées, rien ne vous empêchera de le rabattre, un peu court, en début de printemps. Du moment que vous le protégerez légèrement l'hiver si besoin était et que vous l'aurez installé dans une terre riche & légère et plutôt bien exposé, vous aurez toutes les chances de le voir admirablement se développer...

 

Alors voilà, je ne sais pas vous, mais moi j'ai plongé: je suis devenu en un instant 'Baccharis addict'. Il est certain qu'il est devenu depuis ce fameux jour un acteur incontournable pour tout jardin 'exotique' et qu'il fait maintenant définitivement partie de ma palette végétale.

 

Avant de vous quitter, je vous souhaite un très bon Noël à tous!!

 

Ci-dessous: détail de Baccharis genistelloides pris en 'deux-deux' lors des Botaniques de Chèvreloup en septembre dernier...

 

Baccharis genistelloides Silvere Doumayrou

 

 

 

 

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Published by Silvère Doumayrou - dans Arbres & arbustes
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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:01

Bah oui, il arrive parfois, quand on veut lancer un projet (comme Tillandsia sur Bois), que l'on soit contraint d'oublier un peu l'écriture des articles sur les 'exotiques'. Je vais y remédier sur le champ en vous présentant une petite pépite que j'ai déniché il y a peu. En ce qui concerne les Tillandsia, je m'étendrai davantage sur le sujet et sur la Pépinière 2 mardi prochain...

 

Il n'est parfois pas besoin de prendre l'avion ou de faire des centaines de kilomètres en voiture pour découvrir une 'exotique'. Je le sais bien, mais jamais je n'aurais imaginé rencontrer ce délicieux Solanum quitoense à quelques minutes seulement de mon appartement... Et pourtant, je dois confesser que la rencontre avec cette étrangère est la faute d'un anonyme jardinier du Parc Floral de Paris lequel, probablement envers et contre tout, à su habilement imposer ce végétal à ses confrères... Aussi je profite de cet article pour le remercier très sincèrement!

 

On ne peut jamais tout connaître: il faut des années pour maîtriser un tout petit peu son sujet. Ici, il s'agit des végétaux à feuillage large & abondant. On commence à en connaître quelques-uns comme Farfugium japonicum, Gunnera manicata, Astilboïdes tabularis, Darmera peltata, Musa Basjoo ou Musella lasiocarpa, Tetrapanax papyfera, Aspidistra eliator, Rheum palmatum, Macleaya cordata, Colocasia esculenta et j'en passe, mais voici une 'exotique' à la fois différente et complémentaire de ses congénères...

 

Un seul coup d'oeil m'a suffit pour comprendre (en moins de temps qu'il faut à Usain Bolt pour franchir sa ligne d'arrivée) que j'allais complètement craquer sur cette rare 'exotique' qu'est Solanum quitoense. Le Solanum est une grande famille: tout le monde connaît Solanum jasminoïdes, une grimpante facile, volubile, à la floraison aussi abondante que généreuse depuis le printemps et jusqu'aux premières gelées et quelle que soit la région. Mieux encore, on a tous un jour mangé du Solanum telle que la tomate ou la pomme de terre. Eh oui, elles font partie de cette même famille! Mais il faut reconnaître que celui-ci se fait plutôt rare dans nos plates-bandes....

 

Une fois n'étant pas coutume, ne l'ayant moi-même pas encore cultivé, il m'a fallu activer mon réseau de 'végétaleux' pour en savoir davantage à son sujet. Solanum quitoense est une vivace arbustive essentiellement originaire de l'Equateur. Une vraie Latino-Américaine. Il n'est donc rien à redire sur son côté 'exotique' puisque son milieu d'endémisme est séparé de notre quotidien par un gros volume d'eau (l'Océan Atlantique) et quelques milliers de kilomètres! Malheureusement pour nous, elle ne rencontre pas, 'chez elle', les gelées que nous devons régulièrement supporter. En effet, la plante a pour habitude de disparaître dès que les températures descendent en-dessous de zéro degré. Oui, je sais, c'est dommage, mais comme ça: la plante est définitivement gélive!...

 

Heureusement pour nous, elle se multiplie facilement. Le semis marche très bien (le taux de germination dépasse généralement les 90%) et son bouturage est également très aisé. Aussi vous pourrez la considérer, au minimum, comme une annuelle. Maintenant, si vous convenez de la remiser en serre froide, l'hiver durant, vous aurez tout le loisir de la voir se développer un ou deux ans de plus et d'un mètre ou deux également! En effet, il faut savoir qu'avec le temps et dans son milieu naturel la plante devient un véritable arbuste dépassant souvent les deux mètres de hauteur!!

De bouture ou de semis, la croissance de Solanum quitoense est donc plutôt vive: chaque feuille qu'elle développe est plus importante que la précédente. Dans de bonnes conditions d'ensoleillement elle aura vite fait de fleurir avant de maturer des fruits, comestibles, aussi uniques qu'étranges. En effet, non seulement la plante a dressé de redoutables épines d'un très beau violet sur le dessus des ses feuilles mais, en plus, a su protéger ses fleurs & ses fruits d'un duvet délicatement piquant de la même couleur...

 

De quoi a-t-elle besoin? Simplement d'un substrat plutôt léger et particulièrement humifère. Si, à cela, vous lui ajoutez une bonne dose de soleil et des arrosages réguliers en été, vous aurez là les ingrédients essentiels à son bon développement. En pot ou en pleine terre, la plante va pousser, encore et encore, avant de déborder de l'espace qui lui était dédié. Vous pourrez alors vous régaler de la perfection de ses feuilles au revers complètement mauve, du caractère 'Jurassique' de ses fleurs & de ses fruits et des nombreux rejets qu'elle développera à son pied... Un vrai spectacle à elle seule!

 

Comme j'ai coutume de le dire, je vous invite à faire un saut sur le Net pour en voir ou en savoir davantage sur le sujet, notamment sur son fruit qui vaut définitivement le détour. Mais la plante en a sous le pied et il ne vous sera pas désagréable non plus de pouvoir l'apprécier sous toutes les coutures! (oui, je m'acharne à ne poster qu'une seule photo par article, mais on en voit tellement d'autres souvent même plus sympa que celles que je propose qu'il serait dommage de s'en priver!)

En tous les cas voici un végétal qui m'a complètement fait craquer, que j'ai adopté et qui fera définitivement parti de ma palette 'exotique' dès le printemps prochain.

 

En photo ci-dessous: détail de Solanum quitoense capturé au Parc Floral de Paris, en fin d'été...

 

Solanum quitoense Silvere Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Autres 'exotiques'
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 00:01

Voilà des 'exotiques' qui nous viennent directement des 'Tropiques': les Tillandsia (heu, 'Tropiques' c'est essentiellement pour la rime!) Pour ceux qui ne parlent pas couramment le Latin, soyez rassurés, on a aussi un nom commun à vous proposer: les 'filles de l'air'. On les appelle ainsi parce que ce sont des végétaux qui ont pour habitude de pousser 'en l'air' (en fait et entre-autres, dans les arbres), qui ne développent que peu de racines et qui ne se satisfont, pour la plupart, que de l'humidité de l'air...

En effet, les Tillandsia se contentent d'étendre de minuscules racines qui leur servent essentiellement qu'à une chose: se cramponner à leur support. L'évolution et l'adaptation des végétaux peut parfois nous surprendre: les Tillandsia absorbent la totalité de l'eau, des nutriments & des minéraux dont ils ont besoin par leurs feuilles! (c'est comme si on mangeait par les dessous de bras!!) On appelle ces plantes 'épiphytes'. La plupart des Orchidées que nous cultivons en appartement sont des également épiphytes, comprenez des végétaux qui se développent sur un hôte et sans substrat. Tout au plus elles flirtent avec la mousse qui s'accumule au creux des arbres...
Certaines variétés se laissent d'ailleurs uniquement bercer par l'air du temps: elles semblent tout bonnement échapper à l'attraction terrestre, se laissant caresser par le vent chargé d'humidité et se complaisant en exposition ensoleillée à mi-ombragée, généralement apportée par le feuillage de l'arbre qu'elles ont colonisé.

Elles proviennent du continent Américain, de part & d'autre de l'Equateur, depuis le Sud des Etats-Unis jusqu'à l'Argentine & le Chili. Aussi et pour une fois, nous ne parlerons pas ici de résistance au froid puisque ce sont des végétaux que nous réserverons définitivement pour l'intérieur. Et pourquoi pas?

Une fois n'étant pas coutume, voilà des conditions de culture qu'il nous sera aisé d'offrir, même si nous devrons absolument réserver à nos Tillandsia la plus grande luminosité qu'il soit. Pour ce qui concerne l'humidité (ou l'arrosage), vous prendrez donc soin de vaporiser vos végétaux avec de l'eau de pluie ou, à défaut, avec de l'eau minérale (tous les 3 ou 4 jours l'été & selon les variétés et une fois par semaine à tous les 15 jours, au coeur de l'hiver)

Pour donner le meilleur à vos 'filles de l'air', évitez le trop et le trop peu: trop d'eau risquerait de les faire pourrir alors qu'un manque d'eau prolongé pourrait les condamner. Le maître mot sera donc la constance...

Levez toutefois le pied l'hiver, la croissance des plantes étant ralentie par le manque de lumière, augmentez par contre la fréquence d'arrosage l'été si le soleil donne et que l'air est plutôt sec. Avec le temps et l'expérience, c'est quelque chose qu'il faudra sentir: l'arrosage sera donc adapté en conséquence...

Oui mais voilà, on les met où, comment ou dans quoi? Je connais depuis longtemps déjà les Tillandsia et j'ai toujours trouvé les réalisations ou autres 'compositions' que l'on peut voir sur Internet plutôt désuettes. Pour ma part, je leur réserve l'installation la plus naturelle & design qu'il soit selon moi: je les fixe sur une liane Guyannaise que l'on appelle la 'Liane Tortue' (Bauhinia kunthiana), collées d'abord puis fixées ensuite à l'aide d'un fil de Nylon, lequel rend l'installation aussi pérenne qu'invisible (voir site: http://tillandsiaetbois.over-blog.com/)

Comme pour l'ananas (puisque les Tillandsias appartiennent à cette grande famille que sont les Broméliacées), ce n'est qu'une fois que la plante aura fleuri que le pied va rejeter. La plante va alors se multiplier depuis sa base jusqu'à créer une véritable 'touffe' de rejets. Avant de les prélever et de les repiquer sur votre prochain bout de bois ou autre support de votre choix, vous aurez eu tout le loisir de jouir d'une floraison aussi 'exotique' que colorée! (le sujet étant très large, je vous invite à faire un saut sur la Toile pour vous faire une petite idée sur la question...)

Comme je le propose un peu plus haut, ma passion pour les Tillandsia m'a fait créer un site consacré à mes réalisations: Tillandsia sur Bois (en lien ci-contre) Vous trouverez sur ce Blog non seulement ma démarche créative mais aussi et surtout les conseils relatifs à l'entretien de votre Tillandsia.

NB: il est encore temps de faire marche arrière car, quand vous aurez mis les pieds dans les Tillandsia, je vous assure qu'il vous sera très difficile d'ignorer votre passion nouvelle!!

 

Ci-dessous: photo de Tillandsia tectorum dans mon 'atelier', certainement l'une de mes préférées...

 

Tillandsia tectorum Silvère Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Autres 'exotiques'
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 00:01

Pour ceux qui n’en n’ont vraiment jamais entendu parler il y a, au bord de la mer, entre Le Lavandou et Cavalaire et dans un site naturel protégé, un jardin qui s’est donné pour mission de rassembler les végétations ‘des Méditerranées’. Comprenez les végétaux qui se développent, à la surface du globe, dans des conditions identiques ou proches de celles du Bassin Méditerranéen. Plus qu'un jardin, c’est non seulement un concept mais aussi et surtout un lieu que l’on appelle le Domaine du Rayol

Je ne vais ni vous refaire l’historique du jardin, ni entrer dans les détails techniques qui ont permis sa réalisation ou son entretien, je vais préférer m’intéresser, si vous le voulez bien, aux plantes qui y ont été installées ou à son aspect paysager.
Paysager, oui, car le concepteur du projet et donc du jardin, n’est autre que Gilles Clément, paysagiste parisien reconnu qui s’exporte depuis longtemps maintenant à l’étranger, entre autres avec son idée de ‘jardin planétaire’, où la part belle est faite aux végétaux endémiques qu’on laisse pousser comme à l’état spontané.

Par son relief et sa disposition, le lieu offre de nombreuses possibilités d’acclimatation. Il y a par exemple des zones brûlées par le soleil, d’autres moins exposées ou plus ombragées et même un vallon humide & très protégé. Chaque situation accueille son type de végétation. Ainsi, en dehors du Jardin Marin qui sort du cadre du domaine tout en étant parfaitement complémentaire, Gilles Clément à su réunir pas moins de 9 jardins qui regroupent des végétations uniques et originales. Ces neuf espaces sont les suivants : Jardin des Canaries, de Californie, d’Australie, d’Amérique aride, Méditerranéen, du Chili d’altitude, de Nouvelle-Zélande, d’Asie subtropicale,  d’Amérique subtropicale, du Chili Méditerranéen et d’Afrique du Sud

Vous imaginez ainsi combien il sera aisé de contempler nombre de plantes que j’appelle ‘exotiques’, en provenance du monde entier et acclimatables, pour la plupart, dans quelques-uns de nos jardins. Loin de moi l’idée de vous établir une liste complète des végétaux que vous pourrez y trouver mais, parmi eux et en dehors du plus vieux Chêne liège (Querçus suber) qu'il vous sera probablement donné de contempler, vous verrez quelques beautés : Palmiers, Agaves, Yuccas, Dasylirions, Strelitzia, évidemment, mais aussi des Puya, des Dicksonias ou des Cyathea (fougères arborescentes), des Acacia, des Mélaleuca, des Restionacées, des Cycas et des Protea, ici ou là des Aenium, des Bambous, des Eucalyptus, des Arocaria et j’en passe… Bref, de quoi parfaitement se sustenter quand on est relativement ‘addict’ aux ‘exotiques’!

Maintenant, on peut s’interroger sur le côté ‘paysager’ de la chose. C’est certainement parce que c’est un domaine et pas un jardin que l’ensemble ne paraît pas toujours cohérent, qu’on a souvent la sensation qu’on a planté de-ci de-là des végétaux ‘exotiques’ au milieu de la flore endémique… Muni d’un appareil photo, on pourra cependant capturer quelques images qui vous feraient penser que vous êtes partout sauf dans le Sud de la France. Aussi l’opération semble réussie, même si le lieu est certainement bien plus intéressant à découvrir en milieu de printemps qu'au cœur de l’été.

Pour mieux l’appréhender, je retourne dans le jardin tous les deux ou trois ans, je constate les changements, la croissance des végétaux, les modifications apportées...
Parmi les nouveautés, j’ai eu le plaisir cette année de voir que le Domaine a ouvert une pépinière. Manque de pot, elle était fermée le jour de ma visite, mais c’est l'un des projets que j’avais imaginé lors de mon précédent passage, alors tant mieux.
Je suis bien conscient que l’entretien d’un tel jardin requiert beaucoup d’attention, d’énergie et de main d’œuvre, mais je reste néanmoins surpris par le prix que l’on paye à son entrée: 9€. Si l’on en croit la brochure, ce sont près de 60 000 visiteurs qui foulent le jardin chaque année (soit 540 000€ qui sont engrangés uniquement par les entrées) C’est bien pour le jardin mais, question d’éthique, j’aimerais que le chiffre se fasse davantage sur la pépinière ou la librairie que sur un ‘droit d’entrée’. Cette somme peut représenter un frein à de nombreuses familles et c’est dommage car ce sont maintenant les enfants que nous devons sensibiliser aux notions de Nature, de biodiversité ou de protection de l’environnement…

Quoi qu'il en soit, la visite du Domaine du Rayol reste un incontournable à 50 km à la ronde. Cela n’engage que moi mais je suis certain, quand vous plongerez dans le vallon humide et que vous prendrez quelques jolies photos, que n’importe lequel de vos amis jurera qu'elles ont été prises en Asie ou en Nouvelle Zélande!...

Photo ci-dessous et contre toute attente, je ne vous propose pas une jolie vue du jardin que je connais bien (le choix étant trop dur et définitivement trop restrictif!), j'ai pris le parti de vous offrir un instantané qui m'a beaucoup touché: les superbes inflorescences de Dasylirion glaucophylum aux allures coralliennes...

 

Dasylirion glaucophyllum - inflorescence - Silvere Doumayro

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 00:01

De la même famille, celle des Phoenix, on a déjà abordé le cas de canariensis (le Palmier des Canaries) et de dactylifera (le dattier) Dans le Top Five des plus connus, il y a ce roebellini, un modeste petit palmier aux feuilles fines et pennées que l’on croise plus souvent en pot et en appartement qu'en pleine terre et au grand air…

En effet et je ne sais pas si c’est une qualité ou sa destinée, mais le Phoenix roebellini est la coqueluche des terrasses de cafés! Cet espace est pourtant loin d’être son milieu d’endémisme, mais il semble plutôt bien y prospérer. Il supporte par exemple parfaitement les mégots écrasés et autres verres que l’on n’a pas terminé, le manque cruel de précipitations, une exposition qui laisse souvent à désirer, quand il ne cuit pas, l’hiver, sous les brûleurs à gaz du taulier. Quelle vie! En même temps c’est certainement le prix à payer pour rejoindre la Métropole et ‘faire la Star’ aux terrasses de cafés!...

J’ironise, bien entendu, quand on sait qu'il vient d’une zone à cheval sur le Laos et le Vietnam, on se dit bien volontiers qu'il aurait mieux fait d’y rester! Imaginez l’eau, omniprésente, les montagnes couvertes de végétation, les rizières vert immaculé, les températures, jamais en dessous de 18°c et du soleil, les deux tiers de l’année… Je peux vous garantir que si l’on pouvait lui demander son avis, Phoenix roebellini ferait tout pour rester dans son beau pays plutôt que rejoindre le bitume Parisien!

Comme de nombreuses ‘exotiques’, il tient effectivement plutôt bien en appartement mais préférera, de loin, un climat subtropical, gorgé d’eau & baigné de soleil. Pour le tenir, vous devrez le placer le plus près possible d’une fenêtre, exposée plein Sud - si vous avez - et l’arroser généreusement de temps en temps, quand le substrat sera sec en surface. L’apport d’un engrais organique ne lui sera que bénéfique. Selon où vous habitez, vous pourrez même l’installer en pleine terre. Cependant et pour vous éviter toute déception, il vaut mieux que ce soit dans la Zone de l’Oranger ou dans certains coins de Bretagne, très protégés…

Même s’il est encore très peu planté, on le croise de temps en temps dans le Sud de la France, j’en veux pour preuve ce magnifique bouquet de Phoenix roebellini installé depuis de nombreuses années à Toulon, dans son Jardin Botanique: rare et jubilatoire est le plaisir de voir se développer ce modeste palmier!
On le trouve très fréquemment en jardinerie (et même en supermarché!), il est de plus en plus cultivé et son prix, de moins en moins élevé...
Au moment de l’achat, il ne faudra cependant pas oublier que sa résistance au froid est de l’ordre de - 5°c. Si vous le cultivez en pot, il sera bon de le remiser en serre froide ou, au pire et en levant le pied sur l’arrosage, dans une pièce claire et hors gel.
En pleine terre, vous aurez évidemment pris soin de vous assurer que vos températures hivernales ne dépassent pas les -5°c, sans quoi il faudra le protéger à mort à l’aide de paille et autres voiles d’hivernage, sans avoir la garantie que votre palmier pourra survivre à ces  conditions extrêmes. Il va de soi que l’installer dans une fosse de plantation correctement amendée et dans un substrat léger et parfaitement drainé seront les bases d’une bonne plantation.

S’il fallait à tout prix habiter l’un de ces coins particulièrement privilégiés de la Mer Méditerranée, il est certain que nous aurions peu de chance de compter, parmi notre collection, cet agréable palmier. Aussi je vous invite, que vous soyez en Belgique, à  Paris ou à Hyères-les-Palmiers, à vous le procurer…

Ci-dessous : piètre photo à contre jour de ce beau et trop rare bouquet de Phoenix roebellini, au Jardin Botanique de Toulon, dans le Var…

 

Phoenix roebelenii Silvère Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Palmiers
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 00:01

Eh bien, dites-moi, il y a plus vendeur comme nom Latin que celui-là!! Je le reconnais bien volontiers d’ailleurs! Et pourtant, c’est une sacrée plante que ce Centranthus ruber. Allez, je vais être sympa et l’appeler par son nom commun: la Valériane des murs. Tout de suite c’est plus simple à prononcer, plus agréable à l’oreille et ça nous ferait même presque voyager!…

Je ne vais pas en faire des tonnes, mais j’aimerais tout de même vraiment insister sur ses nombreuses qualités. En effet, la Valériane des murs, en dehors de son potentiel décoratif avéré (j’y revendrai), est un ‘warior’ des conditions de culture difficiles. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu'on l’appelle ainsi. Elle se fait un malin plaisir de pousser partout où on ne l’attend pas: murs, trottoirs, cailloux, anfractuosités, bref, partout sauf dans une bonne terre bien travaillée, amendée et régulièrement arrosée!...
Vous savez, c’est cette plante que l’on voit à l’état spontané dans certaines régions au climat plutôt doux. Quel que soit l’endroit, le mur reste son lieu de villégiature préféré, elle y trouve tout: une certaine fraîcheur, de quoi se sustenter et une exposition bien ensoleillée…

Voilà une plante qui prend peu et donne beaucoup. Sa témérité lui vient de sa constitution: la Valériane fait partie des plantes que l’on peut qualifier de ‘succulentes’. Elle sait se satisfaire de peu et n’oublie jamais, comme la fourmi des Fables de La Fontaine, de faire des réserves en prévision d’un hiver froid ou d’un été très sec.  Elle supporte d’ailleurs très bien les deux, puisqu'elle résistera à des gels allant jusqu’à -20°c et sait se passer de pluies pendant un été entier! Pas mal, non? Vous en connaissez beaucoup, vous, des ‘exotiques’ qui ont ces facultés-là? Il y en a peu…


En fait, si l’on peut la qualifier d’’exotique’, c’est essentiellement parce qu’elle n’est pas endémique du Bassin Parisien, par exemple. Elle nous vient cependant de pas si loin, puisqu’elle est en fait une pure Méditerranéenne, mais cela n’enlève rien au portrait que je pourrais dresser d’elle.
La plante se développe donc aussi bien depuis un support vertical qu’horizontal et déploie, perchée sur de belles tiges d’un vert aussi charnu que parfait, de délicieux bouquets de fleurs allant du rose au rouge en passant par le mauve. Cette floraison est généreuse, abondante et dure une grande partie de l’été (puisque la plante fleuri généralement de mai à septembre)

La Valériane des mûrs est le Sedum spectabile du pauvre: elle pousse facilement à l’état ‘spontané’ et peut parfois devenir envahissante tant sa propagation par semis est aisée. Comme le Sedum, en bonne vivace qu'elle est et dès qu'elle est cultivée en jardin, vous prendrez soin de la rabattre très court en fin d’automne ou, plus tôt dans la saison mais plus haut également si vous ne souhaitez pas qu'elle fructifie. Cette opération aura pour but de l’’économiser’ (maturation de ses fruits) et d’éviter à votre parterre d’en être recouvert…

Même si la plante se développe à la perfection en plein soleil elle supportera bien une exposition à mi-ombre, aussi je suis certain que, comme moi, vous lui trouverez bien un petit coin de votre jardin…

Photo ci-dessous : modeste floraison de Centranthus ruber dans un haut lieu de l'exotisme à Paris: le Square Boucicaut

 

Floraison Centranthus ruber Silvère Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Vivaces
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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 00:01

Je vous taquine… Evidemment que vous connaissez! On le côtoie généralement depuis l’enfance: à la maison, chez les parents ou chez la mamie, on en fait des potées ‘à tire-larigot’ depuis tout bébé tant sa multiplication est aisée! On a grandi avec, on a parfois même été pris en photo devant, avec le chat dans les bras, tellement le végétal est répandu. Mais ce n’est pas pour autant que nous n’allons pas en parler!...

En effet, avant que Cyperus alternifolius soit devenu ce ‘classique’ que tout le monde connaît (communément appelé ‘Papyrus’), le végétal est avant tout une ‘exotique’, importée de Madagascar, il y a un paquet d’années. Compte tenu de ses exigences, la plante a très vite su s’adapter à son nouvel environnement: l’appartement! Ça paraît bizarre dit comme cela, mais c’est une réalité! Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir franchi les océans pour s’installer auprès de votre canapé mais elle est probablement l’une des plus facile à réussir ou à multiplier.

Qu'est-ce que voulez, elle nous a séduit autant par son bouquet de feuilles vert immaculé que par sa croissance, sans cesse renouvelée. Si, à cela, on ajoute la facilité déconcertante que l’on a à la multiplier, vous avez là une plante qu'il faut absolument posséder. Je ne suis d’ailleurs pas le dernier à avoir fait pousser le végétal incriminé, au contraire, j’ai pratiquement toujours eu un Papyrus à la maison.

J’ai même tout fait pour le voir idéalement se développer: je lui ai réservé un substrat constitué pour tiers de terre végétale, de deux autres tiers d’un bon terreau correctement amendé, avant de l’immerger dans une dizaine de centimètres d’eau. J’utilise pour cela un cache-pot dans lequel je dois régulièrement faire le niveau tant la consommation du Papyrus en eau est importante: plusieurs litres par semaine, assurément!

Avant de le planter, j’ai dû prélever quelques boutures, à savoir des ‘têtes’, bien développées (= les plus grosses que vous pourrez trouver), que vous ficherez ensuite à l’envers et dans l’eau. J’aurai pris soin, au préalable, de couper aux ciseaux la moitié de ses feuilles. Après quelques jours, les têtes, retournées dans un bon volume d’eau, auront vite fait de développer leurs premières racines. S’en suivra ensuite la pousse des futures tiges de la plante. Quand elles seront plusieurs et qu'elles dépasseront les 15cm de hauteur il sera tant de les rempoter. Pour un pot de 40cm de diamètre environ, je vous conseille d’installer 5 à 7 boutures. Pas plus. Si vous en mettez trop, vous risquez de voir votre Papyrus végéter (crise du logement oblige!), pousser à l’étroit, tout en finesse et en hauteur, dans le cas contraire, votre plante risquera d’être pauvre & grêle…
Pour l’aider à devenir plus grand et plus costaud encore j’ai pour habitude d’agrandir au cutter les trous d’évacuation du container en plastique que j’immerge ensuite (je créé des ‘fenêtres’ de 15cm de haut, dans la verticale du pot, sur 2cm de large environ), cela permet aux racines de s’étendre et d’aller chercher plus aisément les nutriments dont la plante a besoin pour se développer.

Cyperus papyrus supporte très bien l’ombre mais se développera encore mieux juste devant votre fenêtre et plein Sud si vous avez. Cependant et peu de monde le sait, tant il a fait carrière ‘en intérieur’, qu'il est plutôt bien armé côté froid. En effet, on constate en général qu'il lui faudrait affronter des gels d’environ -8°c pour le condamner, même si ses feuilles vont commencer à brûler vers -3°c...

Il existe de nombreux Cypérus, on connaît bien sûr le 'Papyrus du Nil' (Cyperus papyrus), mais il y a tout un tas de variétés très mimi ou super rustiques à découvrir. Baladez-vous sur la Toile pour en voir davantage, non seulement vous ne serez pas déçus, mais vous risquez ensuite de tomber dans un guet-apens que l’on appelle ‘la collectionnite’!

Ci-dessous : Cyperus alternifolius dans une jolie réalisation paysagée au Revest-les-eaux, petit village Varois...

Cyperus alternifolius - 'Papyrus' - Silvere Doumayrou

 

 

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Published by Silvère - dans Autres 'exotiques'
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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 00:01

Il y a des végétaux qui défient les lois de la botanique, repoussent les limites et s'installent dans des endroits où aucune plante ne semblerait pouvoir pousser. En plein désert, terrassés par le soleil et sans une seule goutte d'eau, dans les cratères des volcans, sur un sol brûlant et dans un environnement saturé en souffre, en haute montagne, sous des températures hivernales dignes du cercle polaire et à des altitudes où l'homme à peine à respirer...
Crithmum maritimum fait partie des ces végétaux peu ordinaires (pour ne pas dire 'extraordinaires') mais pour une toute autre raison: celui-ci se plaît particulièrement en bord de mer, à quelques centimètres de l'eau seulement!

On l'appelle également, entre autres, 'Fenouil de mer' ou 'Perce-pierre'. 'Perce-pierre' parce que la plante à coutume de pousser dans les anfractuosités de la roche, à la verticale ou à l'horizontale, à la recherche d'un peu de fraîcheur. Elle semble sortir de nulle part, se nourrir de rien et tout supporter, notamment un sol brûlant en été. 'Fenouil de mer', c'est tout simplement pour son côté comestible. La plante se consomme en effet, de diverses façons, est très nutritive et est également largement utilisée en cosmétique. Vous pouvez d'ailleurs goûter l'une de ses feuilles sans crainte, vous trouverez sous votre palais un légume croquant et particulièrement iodé...

Crithmum maritimum est une pure Méditerranéenne. Sa zone d'endémisme est assez vaste (une grande partie du bassin Méditerranéen), cela ne l'empêche pas pour autant d'être menacée et sa population de se réduire un peu plus chaque année...
Au premier coup d'œil (quand on la voit!), elle a toutes les caractéristiques d'une succulente: des feuilles vertes tirant sur le glauque, que l'on pourrait qualifier de charnues, une capacité d'adaptation au milieu impressionnante (en particulier à la sécheresse ou aux embruns), un port compact et une taille modeste. De ses petites feuilles épaisses sortent chaque année de délicats bouquets de fleurs en ombelles, l'été en général. Celles-ci semblent parfaitement assorties au feuillage allant, selon l'exposition, du blanc crème au vert pâle (à découvrir sur la Toile...)

Mais c'est pour son incroyable résistance au sel que la plante a de quoi décontenancer. Mieux encore: celle-ci, par son adaptation, a fini par avoir besoin d'iode pour se développer! Quand on l'observe dans son milieu naturel il n'est pas difficile de constater que la plupart des pieds est installé à quelques mètres seulement (voir centimètres!) de la mer. Dans ces conditions, il est aisé d'imaginer combien la plante est régulièrement submergée par les vagues d'eau salée que la Méditerranée sait parfois distribuer, surtout en hiver.
C'est pourquoi, quand il s'agira de cultiver la plante loin de son lieu de prédilection, il ne faudra pas hésiter à apporter un peu de sel à son pied, à raison d'une cuiller à café ou deux par année, sans quoi vous risqueriez de la voir déprimer!
Cela paraît complètement hallucinant mais c'est une réalité et, en dehors de ses qualités esthétiques, ce qui me plaît chez elle est cette capacité incroyable de pousser dans un environnement à priori totalement hostile...

Les petites graines de Crithmum maritimum se dispersent facilement et permettent à la plante de s'installer partout où le vent ou une vague auront bien voulu les déposer. De cette façon, c'est évidemment sur les côtes qu'elle est la plus présente.
Même si très rarement, on la trouve cependant parfois en jardinerie, pour peu qu'un pépiniériste un peu fou ait prit le temps de la multiplier... Dans ce cas c'est une énorme surprise! De la voir en pot m'a fait un drôle d'effet, mais le plaisir de me dire que je pourrais enfin me la procurer à été plus fort encore! Je sais maintenant où l'acheter mais attend de lui réserver le meilleur coin de mon jardin Méditerranéen (= hyper exposé, sol sablonneux ou rocailleux) avant de l'installer. Je ne voudrais pas me tromper...

Côté acclimatation et même si Crithmum maritimum pourra largement supporter des gels de courte durée d'environ -5 à -7°c, il va malheureusement falloir se faire une raison pour tous ceux qui n'habitent pas à quelques encablures de la mer car la plante ne pourra pas longtemps se passer de soleil ou de ses embruns quotidiens.
Il vous sera néanmoins agréable, comme je le fais depuis un paquet d'années maintenant, de la contempler in situ. Compte tenu de sa fragilité et même si la plante se bouture aisément au printemps, je vous invite davantage à la contempler qu'à tenter de la multiplier...

Photo ci-dessous: un tout jeune Crithmum maritimum installé dans le creux d'un rocher régulièrement immergé, à 2-3 mètres de la mer, à peine...

 

Crithmum maritimum Silvere Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Succulentes
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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 00:01

On la rencontre parfois. Généralement on la voit sans la voir et pourtant, du moment que l’on sera dans ‘le Sud’, on la croisera souvent. Il faut s’arrêter quelques instants et prendre le temps de la contempler pour apprécier cette discrète succulente qui sait se faire désirer…
Je ne ferai pas un roman de ma rencontre avec Aptenia cordifolia, mais tâcherai juste de vous distiller quelques infos à son sujet.
 
Je l’ai moi-même longtemps croisée avant de vraiment la voir mais ce sont, un jour, ses dizaines de petites fleurs d’un joli rouge (tirant délicatement sur le fuchsia) qui ont fini par m’interpeller: normal, celles-ci se détachent parfaitement d’un tapis de feuilles charnues au vert quasi anis que l’on pourrait presque qualifier d’acide (voir photo ci-dessous)
Les fleurs se referment à la nuit tombée pour mieux s’épanouir en journée, avant de faire le bonheur de tout un tas d’insectes pollinisateurs…

Avant de s’être complètement naturalisée, notre petite succulente était une Sud Africaine qui avait pour environnement le Cap et ses paysages sublimes. Elle n’a cependant pas complètement perdu au change en venant s’installer sur la Côte d’Azur. Elle y a trouvé tout ce qu'elle aimait: du soleil, de la chaleur et des températures agréables en hiver. Elle sait d’ailleurs se satisfaire de quelques autres régions Françaises du moment qu'elle est installée, en pot ou en pleine terre, dans un substrat quelque peu sablonneux, bien drainé et qu’une exposition ensoleillée lui sera réservée.

Pour réussir à la garder dans le temps et la voir se développer régulièrement, vous prendrez soin, sans vous commander, d’habiter un endroit où les températures hivernales ne descendent pas en dessous de -5 degrés. Au-delà, vous risquez tout bonnement de la voir péricliter avant de disparaître. 
En dehors de quoi, notre Aptenia a une jolie croissance. Du moment qu’il fait doux, voire beau & chaud, elle se développe rapidement et, qui plus est, si elle est correctement arrosée en été. Dans le cas contraire, sachez qu'elle a une parfaite résistance à la sécheresse et acceptera de passer les mois d’été pratiquement sans être arrosée…

Non seulement on arrive à en trouver quelques petits godets bien poussés (en tous les cas dans le Sud) mais en plus sa multiplication s’avère être un véritable jeu d’enfant: à l’état spontané, elle a déjà pris ses aises en se marcottant naturellement au fur et à mesure qu'elle se développe. En effet, des racines apparaissent à chaque nœud qui touche terre. Vous comprendrez ainsi qu’il est également très aisé de la multiplier par boutures.

Comme beaucoup de succulentes ‘rampantes’, Aptenia cordifolia a cette capacité de pousser aussi bien à l’horizontale que de se laisser retomber. Pas compliquée, elle accepte autant la pleine terre que les containers, le soleil que la mi-ombre, le manque ou l’excès d’eau (en tous cas l’été)
A défaut de l’acheter, je suis certain que vous trouverez bien quelques rapines à bouturer avant de l’installer et ce, quelque soit votre climat ou votre région (quitte à la remiser en serre froide en hiver)

Photo ci-dessous : détail de la floraison d’Aptenia cordiflolia en pot et au cœur de l’été chez un particulier, dans le Var…

 

Aptenia cordifolia Silvere Doumayrou

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Published by Silvère Doumayrou - dans Succulentes
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