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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 00:01

Nature ou avec quelques crevettes et un peu de vinaigrette, en salade, entouré de crudités ou en purée type ‘guacamole’ pour y tremper de délicieuses chips Tex Mex épicées, voici un fruit considéré comme un légume qui nous régale, qui nous nourri, mais connaît-on seulement sa feuille?...

 

Eh oui, on la connaît! On la connaît d’ailleurs très bien puisqu’à tous, un jour, entre le CP et le CE1, on nous a appris la germination du noyau de l’avocat...

Ça commençait par le nettoyer puis le faire sécher avant de lui planter 3 ou 4 allumettes pour le faire tenir les fesses dans l’eau sur un verre dépareillé ou autre pot de yaourt en verre. C’était un genre de jeu de construction qui nous était proposé au même titre que le collier de nouilles ou le dessous de plat en pinces à linge verni. 

Sauf que c’était bien plus magique que les lentilles dans le coton que de voir ce gros noyau se fendre en deux pour laisser apparaître une belle racine et, pratiquement simultanément, cette jeune pousse qui allait rapidement devenir feuilles & tiges...

(ci-dessous: détail d'une jeune pousse d'Avocat)

 

Jeune pousse Persea americana - Silvère Doumayrou

Persea americana, le nom Latin de l’Avocat, est à l’origine un arbre qui nous vient du Mexique et, plus largement, d’Amérique Centrale. Depuis son introduction dans notre alimentation (et l’histoire du noyau), il a gentiment colonisé les endroits où il trouvait un climat qui lui convenait, à commencer par nos appartements. Mais c’est bien un arbre et celui-ci a besoin d’espace pour s’exprimer, aussi devient-il rapidement un grand bonsaï en appartement car il faut le tailler régulièrement pour ne pas qu’il ressemble au Caoutchouc de nos grands-mères: vous savez, celui qui avait pour habitude de pousser à l’horizontale une fois le plafond atteint!...

 

Persea americana est un arbre robuste, mais pas trop. En fait, une fois bien installé, il sait résister à presque tout: notamment à l’excès ou au manque d’eau, à un soleil de plomb, à la pollution, mais c’est quand vient le gel qu’il trouve ses limites.

En effet, si le froid s’installe et que les températures descendent trop longtemps en dessous de -5/-7°c, il risque d’y laisser quelques plumes (voir plus!) Ces températures minimales sont des moyennes constatées et ne sont valables que pour notre Mexicain (les cultivars que l’on trouve généralement sur le marché - les Avocatiers Antillais ou Guatémaltèques - sont bien moins résistants au froid: au mieux -4 à -5°c pour le premier et à peine -1°c pour le deuxième…)

 

Aussi sera-t-il bon de savoir d’où vient le noyau d’avocat que vous avez fait germer afin de lui offrir les meilleures conditions de culture qu’il soit. Dans tous les cas et pour la plupart des régions Françaises il faudra accepter que votre avocatier grandira définitivement en pot et sera remisé l’hiver en serre chaude ou froide, selon la variété.

Pour les plus chanceux et j’en connais quelques-uns (notamment ceux qui habitent le pourtour Méditerranéen), vous pourrez l’installer en pleine terre, quitte à protéger un peu son pied en hiver. La photo que je vous propose en fin d'article est celle d’un Persea americana planté par ma grand-mère dans son petit jardin près de Toulon, il y a une vingtaine d’années déjà.

Dans ces conditions ‘Varoises’ il ne gèle pas et arrive même à fleurir. Compte tenu de ses proportions à l’âge adulte (plus de 10 mètres de hauteur), il est très régulièrement taillé et rejette systématiquement du tronc et de ses branches. On l’apprécie pour son feuillage généreux & l’ombre qu’il offre à son pied. Mais une autre variété, Persea americana ‘Fuerte’ arrive, sous ces mêmes conditions de culture, à fructifier généreusement et à offrir à leurs propriétaires de délicieux avocats, identifiables à leur peau lisse…

(ci-dessous: détail de l'écorce de Persea americana)

 

Détail tronc Persea americana - Silvère Doumayrou

 

Côté sol, notre Persea se contente de peu même si une terre bien travaillée et correctement amendée sera un plus pour faciliter son installation. Il réagit plutôt bien aux arrosages mais sait aussi s’en passer si les pluies venaient à manquer.

A mi-ombre, ses feuilles sont un peu plus grandes mais d’un vert tout aussi profond. L’écorce de son tronc et de ses branches les plus fortes est régulière d'abord et se crevasse légèrement avec le temps, d’une couleur brun-gris et d’un design plutôt agréable: doux à l’œil & au toucher.

En pleine terre, vous pourrez installer à son pied de nombreux végétaux ‘exotiques’ ou Méditerranéens de mi-ombre et de sol plutôt frais. Pour ma part, j’ai planté un généreux bouquet de Chamaedorea radicalis.

 

Outre l’expérience de sa germination qui est sympa à réaliser avec les enfants, je vous invite vous, les ‘grands’, à faire pousser notre Persea americana d’Avocat. Pour ma part, il fait partie depuis longtemps déjà du décor de cette petite maison de vacances de mon enfance et je ne le remplacerais par aucun autre végétal: il a trouvé sa place, nous comble de son feuillage abondant et les palmiers qui s’appuient sur son tronc semblent se développer en parfaite harmonie.

 

Photo ci-dessous: feuilles de Persea americana à contre-jour dans ce petit jardin près de Toulon, dans le Var…

 

Avocat - Silvère Doumayrou

 

 

(Cela fait des années que je pensais à mettre 'du son' pour accompagner mes articles (en attendant d'y mettre peut-être un jour de l'image), ce sera maintenant chose faite - pour ceux qui le veulent - avec ce premier lien: le collectif 'Roseaux' (Aloé Blacc & musiciens Jazz), qui reprend le célèbre standard de Police: 'Walking on the Moon'...



 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 00:01

A peine croyable: j'ai complètement 'flasché' sur un arbuste à fleurs jaunes! Improbable, oui, mais c'est pas n'importe qui non plus: Mahonia siamensis.

Pire encore: il est bien connu que j'ai toujours détesté (et peut-être à tort?), le Mahonia d'une façon générale. Son feuillage sombre, ses feuilles piquantes, sa floraison jaune poussin qui fait mal aux yeux tant elle est jaune & son allure souffreteuse ne m'ont effectivement jamais attirés. Mais là, c'est différent...

 

J'avoue, le Mahonia représente tout ce que je déteste. Pour moi c'est la plante typique des patios parisiens abandonnés aux Aucubas panachés, aux Fusains souffreteux & autres Pyracantha, tous installés dans une terre de remblai dont aucune plante ne voudrait.

Si je parle d'un végétal sur ce site c'est parce qu'il m'a séduit, alors cherchez l'erreur... Eh bien je vais vous répondre: c'était il y a quelques semaines dans un très beau jardin des Alpes Maritimes, à Menton, appelé Serre de la Madone.

 

Je n'étais pas là pour rien: j'ai fuis, l'espace de quelques jours, les -10°c que la Capitale subissait. Direction le Sud. Il me fallait voir du soleil, du palmier, un peu respirer. Ma bonne vieille voiture allait me conduire fidèlement de Toulon à Menton, en passant par l'Estérel et autres pépites géologiques. Le Jardin de Serre de la Madone est un peu planqué: il faut gravir la côte qui surplome le Gorbio pour y arriver mais, une fois qu'on y est, c'est pour un petit moment. Même en plein février on ne regrette pas d'y être passé, il y a tout un tas de végétaux qui sont en fleurs en cette période de l'année alors que nos plantes sont en train de souffrir le martyr un peu partout en France...

 

Après avoir photographié les inflorescences de  Senecio grandifolius, Banksia ericifolia, Aloé arborescens & autres Iris Japonais, je suis tombé nez à nez avec une floraison de feu qui ne m'était pas familière: celle d'un certain Mahonia siamensis. J'ai assez vite compris qu'il s'agissait d'un Mahonia mais la qualité de sa floraison ne m'était pas familière. Cette dernière n'est pas jaune comme celle que nous avons l'habitude de croiser, mais d'une couleur orangée qu'il nous est rarement donné de contempler! Mieux encore: celle-ci se détache franchement d'un feuillage qui tend d'avantage vers l'anis que le vert profond, sans parler de ses pétioles fuschia qui sont un véritable délice!

Après la floraison, les nouvelles feuilles de notre Mahonia sortent d'une couleur pourpre incroyable, lesquelles vont encore contraster avec celles de l'année passée. Un somme, cet arbuste est spectacle haut en couleurs à lui tout seul une bonne partie de l'année!

Si, à ce tableau, vous ajoutez une écorce claire & profondément dessinée proche de celle du Chêne liège, vous avez-là un végétal qu'il ne faut pas rater.

 

Tu m'étonnes, je suis passé et repassé de maintes fois devant ce sacré Mahonia Thaïlandais, le photographiant chaque fois que je le pouvais. En plein février et sur fond de Cyprès il est, et de loin, celui qui se détachait le mieux.

Ne l'ayant pas encore moi-même cultivé j'ai été heureux d'apprendre, sur des sites Anglosaxons, que sa résistance au froid dépassait les -10°c. Cette rusticité sera suffisante pour nous permettre de l'installer dans une bonne partie des régions françaises, du moment que l'on pourra lui réserver un ensoleillement correct (bah oui, Thaïlandais quand même, pas Hollandais!...)

 

Ne me demandez pas si on le trouve facilement (je serais d'ailleurs le premier à en acheter un pied), car je ne l'ai encore jamais croisé dans les pépinières Varoises que j'ai l'habitude de fréquenter mais, compte tenu de ses qualités, je suis certain qu'on le verra de plus en plus souvent, à commencer par Courson ou St. Jean de Beauregard & autres foires aux plantes régionales... 

En tous les cas pour moi et c'est nouveau: j'ai inscris un Mahonia sur mon tableau de chasse!!

 

Ci-dessous: il m'a été difficile de choisir une photo parmi toutes celles que j'ai pu prendre de Mahonia siamensis, mais mon choix s'est arrêté sur ce détail d'inflorescence...

 

Inflorescence de Mahonia siamensis - Silvère Doumayrou

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:01

Superbe! Oui, mais ne nous emballons pas, nous, pauvres parisiens, au climat pourri et au ciel si bas et gris. Une fois n'étant pas coutume sur ce site considérons cette agréable 'exotique' comme une 'annuelle'. Ce n'en est pas une, certes, mais, pour éviter toute déception, il sera plus raisonnable de la traiter ainsi!...

 
Partout où les hivers sont doux, elle prend une ampleur considérable digne d'un arbuste (c'est tout bonnement injuste!), puisqu'elle pousse en effet pratiquement jusqu'à 3 mètres de hauteur. Le tronc et les branches se lignifient rapidement et ont vite fait de devenir du bois. La plante développe continuellement une multitude de feuilles arrondies d'un joli vert avant de distiller très régulièrement, du printemps au début de l'hiver, d'agréables petites fleurs mauves proches de celles du poids de senteur (voir photo)

 
Pour la voir se développer ainsi, réservez-lui un sol franc, riche, drainant et régulièrement arrosé. Compte tenu de sa résistance au froid quelque peu limitée (environ -7°c et encore, dans des conditions particulièrement protégées), il vous faudra pouvoir la remiser l'hiver en serre froide. La plante se comportera donc bien mieux en pot sous notre climat.
Ailleurs, comprenez là où la plupart des Français passent leurs vacances d'été, où la mer n'est qu'à quelques minutes à pieds et où les gelées ne sont qu'exceptionnelles, elle pourra être installée en pleine terre. Il vous faudra lui offrir un emplacement parfaitement ensoleillé ou même à mi-ombre si vous habitez l'un de ces coins très privilégiés du bord de la Méditerranée...

 

Polygala myrtifolia est une 'exotique' originaire d'Afrique du Sud, vous comprendrez ainsi que même s'il elle accepte d'être 'Méditerranéenne d'adoption' elle ne sera jamais vraiment Bassin Parisienne! En effet, il lui faut du soleil et de la chaleur et si, en plus, vous lui apportez de l'eau quand il le faut (à savoir régulièrement, et surtout du début à la fin de l'été), vous la verrez croître très nettement. Le développement de Polygala myrtifolia est plutôt vif, au point que si vous réunissez les conditions idéales de culture il vous faudra la rabattre régulièrement en fin d'hiver afin de lui conserver un port compact et une floraison généreuse. Dans le cas contraire et comme dit précédemment, vous serez contraints de la cultiver en pot et de la remiser en serre froide pendant la période hivernale.

 

Bonne nouvelle: on la trouve maintenant très facilement en jardinerie et à des prix plus qu'abordables. La multiplication très aisée de la plante et sa croissance plutôt vive en font désormais un best seller lors de la belle saison...

 

Photo ci-dessous: détail de la floraison de Polygala myrtifolia dans l'un de mes jardins préférés de la Côte d'Azur: le Clos St. Bernard, à Hyères-les-Palmiers...

 

Polygala myrtifolia Silvere Doumayrou

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 00:01

Quoi de mieux, deux jours avant Noël, que de vous présenter un végétal que j'ai perçu comme un cadeau quand je l'ai découvert?!...

 

Ce n'est pas tous les jours (au mieux 2 ou 3 fois par an), que l'on tombe littéralement sous le charme d'une plante. Force est de constater que c'est le cas pour ce végétal très peu connu qu'est Baccharis genistelloides... Désolé, je n'ai pas de nom commun à vous proposer, mais seulement un nom Latin très compliqué! (répétez-le 100 fois à voix haute sans vous tromper et vous verrez que vous le prononcerez aussi facilement que vos noms, prénoms & adresse!) Il n'empêche, voici une plante complètement atypique pour ne pas dire 'exentrique' qu'il vous faut non seulement à tout prix connaître mais surtout posséder dans les meilleurs délais!... 

 

J'ai découvert le végétal sur une 'foire aux plantes rares' de la région parisienne: les Botaniques de Chèvreloup. Quand on vient de Paris un samedi midi il faut pouvoir supporter 1h30 de bouchons sur le périphérique puis sur la A13 avant de littéralement se perdre entre Versailles & Roquencourt... La foire est installée dans un bel arboretum, certes, mais il y a peu d'exposants et le lieu peut paraître difficile d'accès pour le novice que j'étais. Un conseil: ne tapez jamais l'adresse sur votre GPS, préférez de loin demander votre route à un autochtone! (ce que j'ai fait) Malgré tout, je ne me suis pas découragé. Une fois arrivé à bon port, j'ai très vite avalé une mauvaise paëlla dans une assiette en carton & un soda tiède avant d'attaquer un scan complet des plantes proposées...

 

Parmi les quelques végétaux assez rares et bien présentés qui ont retenu mon attention (et que j'ai achetés) comme Scilla adlamii (superbe!), Muehlenbeckia compacta, Pelargonium fragrans (au parfum improbable) ou Farfugium japonicum aureomaculata, mon intérêt s'est très vite focalisé sur cette délicieuse plante que je n'avais jamais croisée auparavant.

Enfin il m'était proposé à la vente un végétal rare,  bien poussé, à un prix plutôt acceptable et qui ne cessait de m'interroger. J'ai été non seulement surpris par cette rencontre mais aussi et surtout comblé par son originalité!

En effet et c'est certainement ce qui devrait vous interpeller, Baccharis genistelloides a un feuillage complètement atypique: on ne saurait dire si ses feuilles se prennent pour des tiges ou l'inverse (la vérité est certainement entre les deux), en tous les cas notre animal fait bien figure de marginal dans le monde végétal!... 

 

Un peu d'étymologie si vous le voulez bien: le nom Baccharis genistelloides vient de Bacchus, le Dieu du vin, car l'odeur de sa racine s'en rapprocherait (je n'ai pas vérifié!) et 'genistelloides', de 'Génista', le nom de famille des Genêts. En résumé: un genre de Genêt qui n'a rien à voir avec les Genêts (sauf sa forme) et qui sent le pinard...  Bon, je reconnais que le raccourci est très approximatif et pas vendeur pour un clou, aussi je vous conseille de vous pencher davantage sur la photo que sur ce que j'en dis!

Baccharis genistelloides est originaire du Brésil. Sur sa terre natale ou sous notre climat, en bonne 'exotique' qu'il est, il ne saura tolérer des gels dépassant les -15°c (pour être prudent, je dirais même les -10°c) Notez que cela est déjà suffisant pour imaginer le cultiver dans bon nombre de régions Françaises!...

 

Notre Baccharis est avant tout un végétal très graphique, presque design: on dirait qu'il a été créé juste pour le plaisir de nos yeux! Mais il y a un petit coeur qui bat sous l'aspect improbable du végétal... Mieux encore, comme la cerise sur le gâteau, Baccharis nous offre une petite floraison aussi subtile que discrète: blanche est sa couleur, estivale est sa période de prédilection.

Dans de bonnes conditions de culture, notre Genêt qui n'en est pas un, aura vite fait d'atteindre le mètre 80 de hauteur. Si vous trouvez que son pied se dégarni au profit de ses branches les plus élevées, rien ne vous empêchera de le rabattre, un peu court, en début de printemps. Du moment que vous le protégerez légèrement l'hiver si besoin était et que vous l'aurez installé dans une terre riche & légère et plutôt bien exposé, vous aurez toutes les chances de le voir admirablement se développer...

 

Alors voilà, je ne sais pas vous, mais moi j'ai plongé: je suis devenu en un instant 'Baccharis addict'. Il est certain qu'il est devenu depuis ce fameux jour un acteur incontournable pour tout jardin 'exotique' et qu'il fait maintenant définitivement partie de ma palette végétale.

 

Avant de vous quitter, je vous souhaite un très bon Noël à tous!!

 

Ci-dessous: détail de Baccharis genistelloides pris en 'deux-deux' lors des Botaniques de Chèvreloup en septembre dernier...

 

Baccharis genistelloides Silvere Doumayrou

 

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 00:01

 

Bah oui, il y a des végétaux comme ça avec lesquels on grandit, on est passé devant mille fois, votre grand-mère a même prit soin de dépiauter quelques-unes de ses graines pour vous faire apprécier leur parfum délicatement poivré, mais rien n'y a fait: il faisait partie du paysage au même titre que les Oliviers, les Pins parasols et autres Micocouliers...

Il m'aura fallu attendre quelques années et une longue balade autour de Toulon, un jour très gris de l'été dernier, pour qu'enfin celui-ci captive mon attention. Aligné dans une rue sans grand intérêt de Menton, j'ai vu un arbre d'un vert improbable en cette saison & dans cette région, d'un vert 'plastique' presque faux tant il était lumineux, présent & régulier!


Le Faux poivrier ou 'Schinus molle', a cette particularité de se détacher franchement des autres végétaux avec lesquels il est généralement installé: ses feuilles, persistantes, longues & finement divisées, n'y sont pas pour rien. Leur couleur joue également pour beaucoup quand, en plein été, le paysage étant sec & désolé, les feuilles de Schinus molle se détachent franchement par ce vert immaculé qu'elles savent arborer... Impossible de les ignorer!!

 

L'arbre, Sud Américain (et plus précisément 'Péruvien'), est non seulement bien 'exotique' par sa provenance, mais aussi par ses besoins. Celui-ci n'est pas très exigeant quand à la nature du sol, du moment qu'il pourra se développer au soleil et être correctement arrosé, il est cependant friand de chaleur et d'humidité. Il faut reconnaître que les sujets installés sur la Côte ont, malgré tout, une belle résistance à la sécheresse même si quelques pluies diluvienne ne lui feront que du bien!! C'est plutôt du côté résistance au froid que le bât blesse... Eh oui, malheureusement, Schinus molle ne sait supporter que des gels d'environ -5 degrés. Aille! C'est un peu just!! J'avoue... Et le déplore profondément!

 

Dommage, la plante accuse une croissance plutôt vive, érigée d'abord, puis pleureuse ensuite. Assez rapidement, elle fleurit au printemps pour laisser place à de petites baies très proches, par leur couleur, leur taille et leur parfum, de celles du poivrier (Piper nigrum) Ses feuilles aussi, après avoir été légèrement froissées, dégagent cette douce fragrance poivrée. Je crois qu'avec ces quelques remarques il n'est pas besoin de vous expliquer l'origine du nom commun de la plante...

 

Bon sang, qu'est-ce que l'on peut faire pour que ce 'Faux poivrier' résiste à des températures inférieures à -5°c?!! Rien, je le sais bien... Cela ne l'empêche pas pour autant de devenir un arbre d'alignement dans des régions plus fréquemment courtisées par le soleil et la chaleur que sous notre climat parisien, gris immaculé.

Consolons-nous en nous disant que nous aurons justement beaucoup de plaisir à le rencontrer sous des contrées que nous ne côtoyons que l'été, pour nous baigner!

 

Ci-dessous: faute d'avoir un joli détail de Schinus molle à vous montrer, je vous propose la photo d'un 'Faux poivrier', prise à contre-jour, sur fond d'Olivier...

 

Schinus molle Faux Poivrier Silvère Doumayrou

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 00:01

Je ne peux pas mieux vous décrire Calliandra eriophylla qu'en vous narrant les derniers pas qui ont précédé cette rencontre, moment rare & précieux pour l'amateur de végétaux que je suis...

 

C'était l'été dernier, je me baladais dans les rues de Bormes-les-Mimosas, mes yeux rebondissaient sur quelques potées de Tradescantia pallida, Cordyline australis 'Purpurea' & autres Pittosporum tobira... Quoi qu'il en soit et avant même de porter un regard aiguisé sur les végétaux qui m'entouraient, je le laissais vagabonder sur le patrimoine architectural qui se présentait à moi. Architecture médiévale, calades & pierres de taille. Le décor aurait été parfait s'il n'avait pas été balafré par la multitude d'enseignes des 'boutiques à touristes' & autres snacks à emporter... On ne peut rien contre le progrès!


A cette période de l'année & ce en début de journée, le soleil sait donner au spectateur ou au photographe amateur une lumière qui met en valeur l'objet de son intérêt. Pour moi et au détour d'une ruelle foulée par des milliers de visiteurs potentiels, m'est apparu un arbuste aussi fin que gracieux & léger: un Calliendra. Sur le coup, j'ai cru voir un Albizia 'nanifié' par le container dans lequel il était cultivé, tant ses feuilles, branches ou fleurs étaient identiques, en  infiniment  plus petits. Mais ce n'était pas le cas: il s'agissait d'un très petit arbuste de la famille du Mimosa, un arbuste que je ne connaissais pas et sur lequel tout mon intérêt allait se porter.

 

Tout est tellement fin chez ce petit arbuste que j'appellerai donc plus tard Calliendra eriophylla, qu'il m'a fallu un peu de temps pour comprendre non seulement ce qui m'arrivait mais aussi pour le regarder, le détailler, le photographier...

Aussi fines que la soie, ses fleurs étaient posées là, comme du coton, aussi légères que des plumes, paraissant définitivement échapper aux lois de la pesanteur. Son feuillage est également d'une finesse & dune subtilité remarquables. Même ses tiges semblent s'effacer pour mieux nous laisser le contempler (voir photo)

A l'écriture de ces quelques lignes je me demande même si je n'ai pas 'rêvé' cette rencontre! Certainement parce que le végétal ne nous est pas familier, qu'il est très rare de le croiser & que c'était la première fois pour moi.


Calliandra eriophylla est une 'exotique' qui nous vient d'Amérique (du Sud de la Californie au Nord du Mexique) Elle se développe dans un milieu plutôt hostile, pratiquement désertique. Qui dit 'désert', dit soleil & températures élevées, mais on devrait parler plus exactement d'amplitude thermique  entre le jour & la nuit. C'est le cas. Seulement, autant notre Caliendra est parfaitement équipé pour supporter les assauts du soleil, autant les températures négatives, gel ou gelées ne font partie de son vocabulaire.

  

En effet et à mon grand regret, Calliendra eriophylla ne supporte pas bien le passage du mercure en dessous de zéro degré. Dommage, cela hypothèque considérablement son potentiel d'acclimatation! Pour la côte d'Azur: pas de soucis, à moins qu'il ne s'abatte sur la région des températures plus froides qu'à l'accoutumée. Pour les autres, il faudra accepter de le considérer comme une plante de 'serre froide'. Heureusement l'arbuste est de faible développement aussi sa culture en pot est plus qu'envisageable. A l'automne, vous remiserez votre potée au frais & à la lumière en levant considérablement le pied sur l'arrosage.

Vous le ressortirez gentiment entre les mois de mars & de mai selon les régions, afin que le soleil printannier stimule doucement sa croissance...

 

Pratiquement introuvable en jardinerie, ne me demandez pas où on peut se le procurer s'il vous plait! Tournez-vous plutôt vers les pépinières 'exotiques' spécialisées comme celle de Brigitte Issa laquelle se fera un plaisir de vous conseiller dans votre achat...

 

Photo ci-dessous: mon Caliendra eriophylla découvert à Bormes-les-Mimosa...

 

Calliandra eriophylla

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 00:01

... en tous les cas ici, à Paris! Non, pour contempler sa floraison, il faudra soit aller se balader au bord de la Méditerranée, soit regarder la carte postale envoyée l'été dernier par vos amis veinards alors que vous vous baigniez à Dinard!...

 

On est nombreux (et surtout vous, les femmes!) à avoir tenté l'acclimatation d'un Bougainvillier à Paris ou sous un climat aussi pourri. Résultat: rien, il a claqué. Et pourtant on a tout essayé: une belle exposition en été, paille & voile d'hivernage en hiver, une bonne terre, de l'eau quand il faut & de l'engrais. Rien à faire, il ne veux pas pousser.

En général s'il ne meurt pas de froid, il végète, sort péniblement quelques feuilles tirant davantage sur le jaune que sur le vert & des branches plus étiolées qu'en bonne santé. Côté floraison, je n'en parle même pas: voici une activité qui n'a jamais effleuré votre Bougainvillier...

 

Tout cela est normal, que tout le monde se rassure et n'allez me parler de 'main verte', vous n'y êtes absolument pour rien. Il faut juste se rappeler que le Bougainvillier (ou Bougainvillée) est à la base un arbuste Brésilien. Si, si! Son nom lui vient, comme chacun sait, de Louis Antoine de Bougainville (célèbre explorateur Français) qui l'a rapporté dans les cales de son bateau à la fin du 18ème siècle, si mes souvenirs sont bons, un vendredi je crois, jour de la publication de mon article hebdomadaire sur La Pépinière!...

Tout cela pour vous dire que vous pouvez aisément imaginer que votre Brésilien de Bougainvillier se plaît bien mieux sous les 'Tropiques' que sous notre climat froid & gris!

Et encore, il serait plutôt du genre à aimer plutôt peu que trop d'eau. Bon, imaginons que nous avons le bon climat, pour le substrat ce sera une bonne terre de jardin, un peu fraîche en été mais pas trop, une exposition 'full sun' histoire qu'il puisse bien 'crâmer' et surtout bien abritée afin de lui garantir en hiver des températures au-dessus de zéro degré.

 

Côté entretien le plus important, dès son installation, est de ne pas hésiter à le rabattre régulièrement afin de stimuler le nombre de ses 'ramifications'. Vous pouvez aussi courber (en arc de cercle) les longues branches de l'année. Tout du long se développeront de nouvelles pousses lesquelles seront, par leur nombre & leur disposition, gage d'une belle floraison.

Le Bougainvillier fait un paquet de branches 'mortes' ou 'dénudés' avec le temps: 2 bonnes raisons pour le tailler de temps en temps et parfois sévèrement!

On parle beaucoup des fleurs des Bougainvilliers, si grandes, si belles & si colorées mais, pour ceux qui ne le sauraient pas, ce ne sont pas des fleurs mais des 'bractées' (pour faire simple = des feuilles de couleur) Les fleurs sont blanches & microscopiques (voir photo)

 

Tout le monde sait bien maintenant que l'on trouve de magnifiques pots de Bougainvilliers en jardinerie ('forcés' & 'shootés') et ce, généralement, en début d'année. L'envie de vous en offrir un vous traversera forcément l'esprit, mais maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!...


Ci-dessous: détail d'une inflorescence de Bougainvillier en octobre sur le Port de Saint Mandrié dans le Var...

 

Bougainvillier

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 00:01

Aïe, aïe, aïe! Comment puis-je commencer un article sur un végétal avec un nom pareil?!! 'Clerodendron trichotonum' (clairon-dindon-tricot-d'automne, moyen 'mnémotechnique' de s'en souvenir) a un nom aussi difficile à prononcer qu'à retenir!

 

Je vais tâcher de faire simple: la plante dont on parle aujourd'hui est un arbuste (presqu'un arbre quand on voit la taille qu'elle peut atteindre parfois!) qui souvent se cache ou se perd parmi ses congénères...

En effet, Clerodendron trichotonum est un arbuste que l'on commence doucement à trouver dans les jardins privés et parfois publics, mais on le voit rarement au premier coup d'oeil, on l'aperçoit généralement quand il commence à porter ses fruits alors que ses voisins perdent leurs feuilles, petit à petit.

 

Le Clerodendron est une 'exotique', puisque son milieu d'endémisme est la Chine & le Japon.

Comme toute bonne 'exotique' qui se respecte, elle ne fait pas comme les autres: elle fleurit tard dans la saison, puisqu'autour de Paris on aperçoit rarement ses fleurs avant le mois de septembre (un moment à immortaliser car celle-ci est de courte durée: 3 semaines environ)

Mais le spectacle continue Mesdames Messieurs, car ses fleurs vont rapidement laisser place à un fruit très décoratif: une petite bille violine puis noire au coeur d'une étoile fuchsia... 

Alors qu'il perd régulièrement ses feuilles jusqu'à en être totalement dépourvu, ses  infrutescences prennent le dessus et deviennent très visibles dans des massifs qui, en milieu d'automne, sont parfois un peu tristes.

 

Mais Clerodendron a une croissance plutôt vive aussi l'arbrisseau aura vite fait de se transformer en un bel arbuste et bientôt en arbre, au port dense & harmonieux. Prévoyez ainsi un peu de place (au-dessus & autour de lui) à sa plantation. Vous pouvez également décider de lui garder des proportions raisonnables en le taillant, comme souvent, en sortie d'hiver.

Côté froid, pas de soucis: le Sino-japonais sait garder la tête droite quand les premiers gels feront grelotter les 'exotiques' les plus délicates. -20°c est la température maximale à laquelle il semble pouvoir résister cependant des gels avoisinant les -10°c constituent déjà une menace pour ses parties aériennes. Vigilance donc. Réfléchissez bien avant de l'installer en Haute Savoie, alors qu'en région parisienne vous aurez tous les droits!

 

Pour le reste, rien de plus simple: un sol frais, bien amendé et une exposition ensoleillée sera souhaitée. Question de Paul Bernard aux pépiniéristes: "Pourquoi qu'on la voit pas plus souvent c'te bestiole-là?!" Bah, j'sais pas Paul Bernard! Dommage, car je pense ne pas être le seul à regretter de ne pas la croiser plus souvent quand je vais me balader!...

 

Photo ci-dessous: très beau spécimen de Clerodendron trichotonum (4 mètres environ), photographié près de Montmorency (Nord de Paris), en fin de floraison...

 

Clerodendron trichotonum

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 00:01

J'aurai passé une partie de ma vie à les confondre ces deux-là: Catalpa bignonioïdes & Paulownia tomentosa! Et pour cause: voici deux arbres 'pas de chez nous' qui font de grandes feuilles bien vertes & qui arborent un port très similaire...

 

Alors et avant de vous parler de Paulownia tomentosa, j'aimerais bien (et cela servira peut-être autant à vous qu'à moi!) le comparer au Catalpa, afin que l'on puisse correctement les identifier.

Il y a véritablement trois choses qui les différencient: les feuilles de Paulownia sont plus importantes que celles de Catalpa, ses fleurs sont violettes quand celles de Catalpa sont blanches, tachetées, et enfin les fruits de Paulownia sont de grosses capsules dressées alors que ceux de Catalpa ressemblent étrangement à des 'haricots géants', dépassant fréquemment les 30cm de longueur...

 

Voilà, le plus dur est fait, on sait maintenant qui est qui & nous n'avons plus le droit de douter quand on sera face à l'un ou à l'autre de ces végétaux! Encore que...

Je me permet de mettre un bémol quand il s'agira de déterminer si le jeune arbre aux grandes feuilles que l'on voit pousser dans cette petite cour délaissée est un Paulownia ou un Catalpa: Eh oui, tous deux ont de grandes feuilles 'tomenteuses' (= 'duveteuses'), d'une taille oscillant respectivement entre 30 & 40cm de longueur, d'une forme très proche & d'une couleur similaire...

 

Il se trouve que Paulownia arrive à se multiplier assez aisément et que c'est souvent lui que l'on découvre un beau matin dans un coin caché du jardin!...

C'est un arbre, il dépasse facilement les 10 mètres de hauteur si on lui laisse le temps & la place de le faire. Petit à petit, les si grandes feuilles ('juvéniles') qu'il développe dans les 2-3 premières années de sa croissance laisseront place à d'autres, plus modestes, moins grandes en tous les cas. Et puis, on n'a pas toujours la place de le laisser se développer. 

Aussi et c'est une solution souvent adoptée: vous pouvez le traiter en 'cépée' (= en taillant son tronc à raz de terre, chaque année, en sortie d'hiver), afin de ne jouir que de cette immense tige couverte de feuilles démesurées! L'effet obtenu est au moins aussi fort qu'une très belle Gunnera ou autres Musas... (voir photo)

 

Et pourquoi pas (cela ne me dérange pas), il y a quantité de végétaux qui sont traités de cette façon sans que l'on s'en aperçoive, je pense notamment à l'Osier (Salix viminalis) qui est coupé chaque année, à la Vigne (Vitis vinifera), traitée d'une façon proche (ne dit-on  pas d'ailleurs 'cep' de vigne?) ou à nombre de Cornouillers (comme Cornus alba sibirica) que l'on cultive pour la couleur de leurs bois. Mais, contrairement aux végétaux précédemment cités, Paulownia tomentosa est une véritable 'exotique' puisque son milieu d'endémisme est l'Asie et, plus précisément, le centre de la Chine...

 

Côté culture, la plante n'est pas très exigeante: si vous souhaitez l'installer dans votre jardin, prévoyez-lui simplement une belle fosse de plantation, correctement travaillée & amendée. Après quoi et en général seulement la première année, il conviendra de copieusement l'arroser. C'est à peu près tout, même s'il est certain qu'elle se développera bien mieux au soleil plutôt qu'à l'ombre!!

 

Le traitement du Paulownia tel que je le suggère précédemment concerne souvent un semis spontané. Et si vous décidiez de le planter?! Oubliez seulement l'idée de le maintenir en pot: Paulownia tomentosa est un arbre qui aura vite fait de dépérir si, en pleine terre, il ne peut se développer.

En résumé & pour faire court: si vous disposez d'un seul mètre carré correctement exposé dans votre jardin, pensez à y installer un Paulownia tomentosa lequel, très obéissant, vous donnera tout ce qu'il a et ce, du printemps à l'automne.

 

Ci-dessous: quelques feuilles de Paulownia tomentosa traité en 'cépée', prises en fin d'été & de journée,  à contre-jour dans une petite cour...

 

Paulownia tomentosa

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 00:01

Arbuste préféré de mon ami & associé Xavier, le 'Pistachier' est une plante qui sent bon la Méditerranée! Unique & authentique: oui, et je vais vous dire pourquoi!!

 

Authentique parce qu'il est véritablement endémique (= natif) du bassin Méditerranéen. On le trouve absolument partout où un végétal peut pousser: à mi-ombre sous un Pin, en plein soleil au bord de la Mer, dans les cailloux ou dans de la bonne terre...

 

Unique? Également, et ce pour un paquet de raisons que je vais essayer de développer immédiatement.

D'abord, c'est un arbuste très 'buissonnant' (je vous mets au défi d'apercevoir son tronc!), aux branches très ramifiées & aux feuilles si denses & si nombreuses! Sa feuille justement, persistante, semble toujours hésiter entre le bronze & le vert, lustrés. Le fait qu'elle soit composée & pennée ne pourra que vous envoûter. Ce qui est véritablement frappant et, c'est une autre de ses qualités, est l'aspect vert immaculé que l'arbuste peut donner alors que son environnement est souvent sec, pour ne pas dire brûlé!!

 

Effectivement, Pistacia lentiscus (son nom Latin) est, à ma connaissance, l'un des végétaux les plus résistants à la sécheresse que je connaisse! (même si le 'Figuier de Barbarie' - Opuntia ficus-indica - arrive à ne se satisfaire que d'une seule pluie par an!!) Paradoxalement, les buissons qu'il crée sont étonnamment ronds, harmonieux & si verts! (heu, moi c'est Silvère) Si l'on y regarde bien, le Pistachier semble nous défier tant il arrive à garder un aspect aussi 'vert' que 'fier' alors que, sous les mêmes conditions, dépérissent ses congénères...

 

Vous l'aurez donc compris, le Pistachier est d'une déconcertante facilité à installer. Oui mais le plus dur, je crois, consistera à le trouver! J'ai écumé les pépinières de 'la Côte' l'été dernier: pas de Pistachier! Plus près de Paris, chez nos fournisseurs, il se fait encore très rare. C'est aussi dommage que surprenant compte tenu des qualités que je viens d'égrainer à son sujet.

Je l'ai incorporé à quelques-unes de nos installations depuis quelques années et, force est de constater, que Pistacia lentiscus montre une très grande résistance au froid puisque des gels de -10°c ne semblent absolument pas l'avoir inquiété: pas une feuille brûlée, pas une branche abîmée...

 

Heureusement que le semis (quand l'on trouve des graines) ou que le bouturage sont là pour nous aider à le multiplier. Sincèrement, si je dois constituer demain un jardin Méditerranéen, au Nord de la Loire ou plus au Sud, Pistacia lentiscus fera définitivement parti du casting...


Quand on aime vraiment un végétal, certains aspects sont difficiles à décrire tant les émotions sont subjectives. Aussi, le mieux que je puisse vous proposer est de le voir ou de le pratiquer 'en vrai'. A défaut, baladez-vous sans retenue sur le Net pour en savoir davantage mais, croyez-moi, il n'est pas de jardin Méditerranéen sans Pistachier (vous comprendrez très vite comment & pourquoi!)

 

Photo ci-dessous: détail de Pistacia lentiscus immortalisé au Domaine de Baudouvin à La Valette, dans le Var...

 

Pistacia lentiscus

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