Silvère Doumayrou vous propose chaque semaine un nouvel article sur les plantes dites "exotiques" acclimatables à la région Parisienne et, plus largement, sur les végétaux qui l'ont séduit. Photos, conseils, expériences, nouvelles espèces...
Je vous taquine… Evidemment que vous connaissez! On le côtoie généralement depuis l’enfance: à la maison, chez les parents ou chez la mamie, on en fait des potées ‘à tire-larigot’ depuis tout bébé tant sa multiplication est aisée! On a grandi avec, on a parfois même été pris en photo devant, avec le chat dans les bras, tellement le végétal est répandu. Mais ce n’est pas pour autant que nous n’allons pas en parler!...
En effet, avant que Cyperus alternifolius soit devenu ce ‘classique’ que tout le monde connaît (communément appelé ‘Papyrus’), le végétal est avant tout une ‘exotique’, importée de Madagascar, il y a un paquet d’années. Compte tenu de ses exigences, la plante a très vite su s’adapter à son nouvel environnement: l’appartement! Ça paraît bizarre dit comme cela, mais c’est une réalité! Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir franchi les océans pour s’installer auprès de votre canapé mais elle est probablement l’une des plus facile à réussir ou à multiplier.
Qu'est-ce que voulez, elle nous a séduit autant par son bouquet de feuilles vert immaculé que par sa croissance, sans cesse renouvelée. Si, à cela, on ajoute la facilité déconcertante que l’on a à la multiplier, vous avez là une plante qu'il faut absolument posséder. Je ne suis d’ailleurs pas le dernier à avoir fait pousser le végétal incriminé, au contraire, j’ai pratiquement toujours eu un Papyrus à la maison.
J’ai même tout fait pour le voir idéalement se développer: je lui ai réservé un substrat constitué pour tiers de terre végétale, de deux autres tiers d’un bon terreau correctement amendé, avant de l’immerger dans une dizaine de centimètres d’eau. J’utilise pour cela un cache-pot dans lequel je dois régulièrement faire le niveau tant la consommation du Papyrus en eau est importante: plusieurs litres par semaine, assurément!
Avant de le planter, j’ai dû prélever quelques boutures, à savoir des ‘têtes’, bien développées (= les plus grosses que vous pourrez trouver), que vous ficherez ensuite à l’envers et dans l’eau. J’aurai pris soin, au préalable, de couper aux ciseaux la moitié de ses feuilles. Après quelques jours, les têtes, retournées dans un bon volume d’eau, auront vite fait de développer leurs premières racines. S’en suivra ensuite la pousse des futures tiges de la plante. Quand elles seront plusieurs et qu'elles dépasseront les 15cm de hauteur il sera tant de les rempoter. Pour un pot de 40cm de diamètre environ, je vous conseille d’installer 5 à 7 boutures. Pas plus. Si vous en mettez trop, vous risquez de voir votre Papyrus végéter (crise du logement oblige!), pousser à l’étroit, tout en finesse et en hauteur, dans le cas contraire, votre plante risquera d’être pauvre & grêle…
Pour l’aider à devenir plus grand et plus costaud encore j’ai pour habitude d’agrandir au cutter les trous d’évacuation du container en plastique que j’immerge ensuite (je créé des ‘fenêtres’ de 15cm de haut, dans la verticale du pot, sur 2cm de large environ), cela permet aux racines de s’étendre et d’aller chercher plus aisément les nutriments dont la plante a besoin pour se développer.
Cyperus papyrus supporte très bien l’ombre mais se développera encore mieux juste devant votre fenêtre et plein Sud si vous avez. Cependant et peu de monde le sait, tant il a fait carrière ‘en intérieur’, qu'il est plutôt bien armé côté froid. En effet, on constate en général qu'il lui faudrait affronter des gels d’environ -8°c pour le condamner, même si ses feuilles vont commencer à brûler vers -3°c...
Il existe de nombreux Cypérus, on connaît bien sûr le 'Papyrus du Nil' (Cyperus papyrus), mais il y a tout un tas de variétés très mimi ou super rustiques à découvrir. Baladez-vous sur la Toile pour en voir davantage, non seulement vous ne serez pas déçus, mais vous risquez ensuite de tomber dans un guet-apens que l’on appelle ‘la collectionnite’!
Ci-dessous : Cyperus alternifolius dans une jolie réalisation paysagée au Revest-les-eaux, petit village Varois...