Silvère Doumayrou vous propose chaque semaine un nouvel article sur les plantes dites "exotiques" acclimatables à la région Parisienne et, plus largement, sur les végétaux qui l'ont séduit. Photos, conseils, expériences, nouvelles espèces...
J’ai déjà parlé de quelques Méditerranéennes qui poussent tout près de la mer, coutumières des embruns, endémiques ou non, comme Carpobrotus edulis, Aenium canarense, Crithmum maritimum, Aptenia cordifolia et j’en passe. Toutes partagent le même habitat que notre Jacobaea maritima, plus connue sous le nom de ‘Cinéraire maritime’ (ou Senecio maritima pour les intimes…)
La plante nous est très familière car nous sommes bien plus habitués à la croiser en tant qu’‘annuelle’ dans n’importe quel rond point de n’importe quelle ville de province plutôt qu'en milieu naturel. Originaire du Bassin Méditerranéen, il est pourtant très aisé de la contempler dans les anfractuosités de la côte d’Azur, pour peu que l’on prenne un peu le temps d’observer la flore qui s’y de développe...
Mieux qu'un paragraphe entier pour vous la décrire, il suffit de jeter un œil sur la photo ci-dessous pour s’en faire une petite idée. Néanmoins et c’est ce qui me plaît beaucoup chez elle, notre Cinéraire maritime, en plus d’avoir un feuillage persistant, se pare de feuilles très découpées d’une couleur argentée - presque blanche - comme aucunes autres Méditerranéennes. Plus grande qu’une vivace (50cm environ), on la considère généralement comme un arbrisseau. La plante se développe rapidement, a tendance à se ramifier généreusement et c’est tant mieux: plus elle se ramifie, plus elle se densifie et plus son feuillage devient compact et sa floraison généreuse.
Celle-ci intervient généralement en milieu ou en fin de printemps (selon les régions) et est de couleur jaune. Cette couleur n’est certes pas ma préférée, mais c’est le meilleur moyen qu’à trouvée la plante pour se rendre visible auprès des insectes qui la pollinisent. Sa floraison vive associée à un feuillage particulièrement argenté la rendent incontournable du moment qu’on la croise… Comme l’Helichrysum (= ‘l’Immortelle’), ses fleurs peuvent se conserver durablement dès qu’elles seront sèches.
Pour installer et voir au se développer idéalement votre Cinéraire, choisissez l’endroit le mieux exposé de votre jardin. Assurez-vous donc non seulement de lui réserver l’exposition la plus ensoleillée que vous ayez, mais aussi de lui procurer un sol parfaitement drainé. Une fois n’étant pas coutume, il ne vous est pas nécessaire de lui offrir un sol riche, au contraire: Jacobaea maritima est habituée aux sols pauvres & peu arrosés. Il vous suffira donc juste de l’installer et de laisser faire la Nature…
En dehors de l’attraction que peut procurer sa floraison, son feuillage & ses exigences en matière de croissance en font un candidat idéal pour tout bon jardin à tendance ‘Méditerranéenne’ qui se respecte. Parmi les nombreuses ‘exotiques’ que j’installe ou acclimate dans différentes régions Françaises (dans le Sud ou autour de Paris), Jacobaea maritima fait définitivement partie des plantes que j’utilise pour végétaliser les espaces que l’on me confie au même titre que les Lavandes, les Romarins, les Cistes, les Hélichrysums, les Santolines et j'en passe... Seul bémol, celle-ci n'est pas très résistante au froid aussi faudra-t-il la réserver au pourtours Méditerranéen Même si vous pourrez la bouturer ou la marcotter, il sera très aisé de vous la procurer dans toute jardinerie correctement achalandée, aussi vous n'aurez aucune excuse si vous ne lui trouvez pas une petite place au sein de votre terrasse ou de votre jardin!...
Photo ci-dessous: un Cinéraire maritime qui a trouvé sa place dans l’un des plus beaux coins de la Côte d’Azur et à quelques mètres seulement de la Mer: le massif de l’Estérel dans le Var…