Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 00:01
Cela faisait longtemps que je n'avais abordé le cas des Agaves sur La Pépinière alors, pour remédier à cette lacune, il me fallait un 'guest', une 'star', je l'ai trouvée: on l'appelle Agave nigra...
Cette Agave n'est pas choisie au hasard. Des Agaves il en existe des quantités  insoupçonnables, certaines sont énormes comme salmiana, ferox ou americana, d'autres sont minuscules, certaines résistent au froid & d'autres bien moins, mais celle-ci tient vraiment une place à part, c'est pourquoi elle est à l'affiche aujourd'hui!

La première raison pour laquelle j'en parle c'est parce qu'elle me plaît beaucoup! (je sais que cette raison est complètement subjective, mais j'assume!) Le temps passe, je la cultive maintenant depuis plusieurs années à Paris & je n'arrive pas à me lasser de son esthétique: voici une Agave fière & modeste à la fois, qui prend le temps de se développer, qui rejette tout doucement (à l'inverse d'Agave chrisantha, par exemple) & qui jamais ne me déçoit...

Parlons de suite de la question que tout le monde se pose: est-elle résistante au froid? Oui! Parce que c'est sympa de parler d'une Agave mais si, comme pour A. attenuata on ne peut qu'en rêver, cela ne sert à rien! Eh bien pour ma nigra c'est tout le contraire puisqu'elle résiste plutôt pas mal au gel: elle a par exemple très bien supporté les -10°c, en pot, de l'hiver dernier (2008-2009) Je doute cependant qu'elle puisse aller au-delà, surtout si elle est installée en pleine terre!...
Alors & pour être sûr que vous la conserviez, je ne répéterai jamais assez de planter vos Agaves évidemment plein sud, en situation abritée, mais surtout dans un sol parfaitement drainé (terre de jardin + sable + pouzzolane = bonheur!)

Agave nigra est une Agave de taille modeste (un petit mètre cinquante d'envergure au maximum dans son milieu naturel) et au développement plutôt lent. Ses feuilles courtes, raides & extrêmement coriaces sont d'un vert-bleuté très particulier, presque 'métallique', lesquelles se terminent par un 'dard' pratiquement noir: ce détail donne au végétal une rigueur & une classe incomparables!! C'est ce qui me séduit chez elle: sa féminité mêlée d'une bonne dose de testostérone...

Comme pour la plupart des Agaves (même si le semis est fréquemment pratiqué) pour la multiplier, le plus simple reste de prélever ses rejets au fur & à mesure qu'ils apparaissent. Cette opération est d'une déconcertante facilité et, même sans racine (après avoir prit soin de laisser sécher 3 ou 4 jours le rejet) celui-ci reprendra très aisément du moment que le substrat est relativement léger & pas trop arrosé (terreau, sable & un arrosage seulement quand le substrat est sec)
Vous allez me dire "d'accord, mais on la trouve où cette Agave?!" Eh bien je vous répondrai que le plus simple est certainement de s'en procurer un pied sur le Net. Je ne vais pas faire ici de pub mais je peux vous assurer que nous avons quelques pépiniéristes Français qui la cultivent & vous l'expédient rapidement pour pas très cher... Sachez que l'on commence également à la voir dans les grandes enseignes consacrées au jardin.

Bref, il y a quelques Agaves que tout bon amateur de végétaux 'exotiques' se doit d'avoir, Agave nigra en fait partie! Mais je pense également à A. americana medio-picta alba, A. montana, A. salmiana & quelques autres dont je parlerai très prochainement sur le site.

Photo ci-dessous: Agave nigra au Jardin des Oiseaux Tropicaux à La Londe dans le Var...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Agaves
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 00:01
"Remarquable" il le sera dans quelques années assurément quand les végétaux fraîchement installés se seront développés...
Normal, le jardin n'a que quelques mois! Le Domaine lui-même date de la fin du 18ème (pour faire court!), aussi reste-t-il au temps (et aux jardiniers) de faire son ouvrage pour que naisse de ce lieu chargé d'histoire un jardin véritablement "remarquable"...

Dès l'arrivée on est comme 'hapés' dans le Domaine par cette grande allée de Platanes qui semble nous aspirer avant de nous mener vers les différents jardins. En plein mois d'août, le soleil est certainement un incontournable fil conducteur, mais l'eau l'est également: le Domaine est parsemé de bassins, fontaines, rigoles & autres brumisateurs.

Tout passionné de jardins 'exotiques' ou 'Méditerranéens' y trouvera son compte: parmi les plantes proposées vous contemplerez des végétaux classiques type Agrumes, Oliviers, Albizia, Bougainvilliers, Catalpa, quelques Palmiers, Cordylines & nombre de vivaces type Gaura, Agagthea, Fétuques & j'en passe.
Le plus intéressant sera probablement de découvrir Tetrapanax papyrifera, Ophiopogon minorStrelizia reginae, Thalia dealbata, Colocasia esculenta, Macleaya cordata ou Geranium maderense.

La partie la plus travaillée du jardin reste cependant le potager: c'est autant un terrain d'expérimentations qu'un lieu d'exposition des végétaux... Vous y verrez nombre de cucurbitacées grimpant sur des pergolas très réussies ou des 'tomates cerises' qui poussent la tête à l'envers!
L'architecture en terrasses invite aussi à la découverte, celles-ci sont parsemées de brumisateurs qui se révèlent bien agréables quand la température dépasse allègrement les 30°c... (les enfants adorent!)

Le jardin est ponctué de bonnes idées créatives qui lient l'histoire au contemporain comme les moulages de feuilles ou d'outils sur des bornes plates, au sol, de-ci & delà...
Bon, plutôt que d'en faire 5 tonnes, le mieux, je crois, est d'y faire un tour pour vous faire votre propre idée. L'entrée du domaine me paraît cependant encore chère (8 Euros), aussi je me dis qu'en payant cette entrée je participe concrètement (je l'espère?!) à l'évolution du Domaine...


En bref, voilà un jardin 'familial' qu'il sera bon de contempler en début de saison ou tôt le matin, au coeur de l'été.
La photo ci-dessous vous propose une vue très partielle (et réductrice) du Domaine Baudouvin prise en plein mois d'août dernier...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Jardins & Pépinières
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 00:01
Je devrais créer une catégorie au sein de site spécialement pour lui, non pas parce que je le vénère ni parce que je le mets sur un piédestal, mais parce le Ricin est une 'annuelle', c'est à dire un végétal qui a un cycle de croissance d'une année (contrairement à la majorité des végétaux présentés sur ce site)
Il y a cependant peu d'annuelles dans le jardin "exotique", aussi je le classerai provisoirement dans la catégorie 'autres exotiques'.

Ricinus communis (que j'appelle volontiers 'communiste' pour la variété rouge) est le nom latin du Ricin, végétal désormais vu & revu par tout un chacun. Même si on n'y connaît pas grand grand chose aux plantes, on a déjà entendu ce nom ou plus précisément celui de 'ricine': contenu dans la graine, c'est une molécule extrêmement toxique. Pour se faire une petite idée, il convient de rappeler qu'elle est juste 6000 fois plus toxique que le Cyanure!!

Arrêtons là le côté obscur de la force pour parler de Ricinus communis et, plus particulièrement, de la variété "Purpureus", identique en tout point à l'espèce type à l'exception de la couleur de ses feuilles: pas un peu, pas légèrement, pas partiellement, mais complètement pourpre!

Commençons par le commencement, au début il y a donc une graine: il suffit de la faire tremper 48h dans l'eau tiède avant de la déposer & d'à peine la recouvrir d'un substrat léger puis de la placer à une température d'environ 20°c pour voir très rapidement votre plantule apparaître. Pour ma part, je fais cela très tôt au printemps, quitte à la placer un bon mois durant en serre, avant de la repiquer quand la terre du jardin se sera convenablement réchauffée. J'obtiens ainsi une plantule déjà correctement avancée & aurai des pieds bien développés dès le mois de mai!

Ce qu'il se passe ensuite est juste du plaisir: on voit, au fil des mois, se développer un incroyable végétal qui ne cesse de produire de nouvelles feuilles, puis de se ramifier (= produire des branches) avant d'entamer, au coeur de l'été, une bien étrange floraison. En fait, ce n'est pas tant sa fleur qui est impressionnante (un agglomérat très compact de dizaines de micro-fleurs blanc-crème qui n'a pas vraiment de forme!), mais son infrutescence (= son fruit) qui lui est aussi hérissé, qu'unique, que bizarroïde! (voir photo)

N'empêche, Ricinus communis va longtemps garder ses fruits lumineux & colorés avant que ceux-ci ne soient suffisamment matures pour roussir, puis brunir & laisser enfin échapper de superbes graines qui m'ont toujours fait penser aux oeufs des Phasmes en bien plus gros .. Oui, bon je crois que le mieux est d'aller faire un tour sur le Net pour voir à quoi elles ressemblent vraiment!! Juste une précision: elles sont tellement belles qu'on en mangerai, mais non, finalement vaut mieux pas!

Jusque tard dans la saison votre Ricin ira bien, en fait, pratiquement jusqu'aux premières gelées où là, il va très vite disparaître... Dès la fin de l'hiver recommencez le processus avec les plus belles des graines que vous aurez récoltées.
Sachez enfin que Ricinus communis apprécie de pousser pratiquement dans n'importe quel sol (même s'il préfère plutôt un substrat lourd mais correctement amendé), du moment que celui-ci sera correctement arrosé pendant les fortes chaleurs. Attention: la plante a une croissance importante & on est vite débordé par son ampleur, prévoyez-lui donc un peu de place, car même si c'est une annuelle on pourrait facilement la comparer à un arbuste à son stade mature!

Voilà, j'oublie certainement quantité d'infos & autres anecdotes à son sujet, mais je dois bien finir un jour et pour moi le plus important est certainement de vous donner l'envie de le connaître, de le cultiver & de l'apprécier, aussi j'espère que cet objectif sera rempli grâce à  ces quelques lignes!
Photo ci-dessous: détail de l'infrutescence de Ricinus communis 'Purpureus' au Parc Floral de Vincennes en toute fin d'été...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres 'exotiques'
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 00:01
Rare & même inexistant chez moi jusqu'à l'an dernier. Introuvable en jardinerie, pas plus chez les copains passionnés & jamais vu dans les jardins 'exotiques' de la côte! La seule fois où je l'ai entre-aperçu c'était dans la collection particulière de Violette Decugis, à Hyères-les-Palmiers, il y a deux ans déjà...
Je ne sais pas si Hibiscus coccinea se planque, joue à cache-cache ou se fait désirer, mais il se fait bien trop rare à mon goût!

Il m'a fallu attendre longtemps pour le rencontrer (& complètement par hasard chez un petit pépiniériste de Seine & marne) avant de l'installer enfin chez moi!
J'avais mal choisi mon année car je l'ai planté en 2008, en pleine terre (pas même 'travaillée' - pas le temps!), exposé sud-ouest. Il a certes poussé mais l'été de l'année 2008 a certainement été trop frais pour qu'il puisse m'offrir ses premières fleurs...
Après les intenses gels de l'hiver 2008-2009 je pensais que le pied était définitivement mort.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir que la plante était pleine de vie & déterminée à se développer avant même le mois de mai?!! En effet, mon Hibiscus coccinea à poussé & poussé encore, jusqu'à déployer ses premières fleurs au tout début du mois de septembre... Et quelle floraison!

Il n'y a qu'à voir la photo ci-dessous pour se rendre compte que cette fleur d'Hibiscus coccinea est bien différente de celle de son lointain cousin Hibiscus syriacus!! Je risque de me montrer complètement impartial en disant que ces deux-là sont juste incomparables, mais j'assume totalement!

Alors voilà, dans l'idéal (et si par bonheur vous réussissez à vous en procurer un) vous réserverez à votre Hibiscus le meilleur emplacement de votre jardin: à savoir en endroit protégé & très ensoleillé. Côté sol (dans l'idéal toujours), veillez à lui assurer un substrat riche, léger & surtout correctement drainé. Chez nous (comprenez en région Parisienne), il faut la considérer comme une 'vivace', une plante qui disparaît l'hiver avant de réapparaître quand la terre se réchauffe.

Je ne m'attarderai pas sur son feuillage très fin & très découpé (entre le Chanvre & Ricin), ni sur la délicieuse couleur qui va du vert au pourpre de ses tiges ou pétioles pour vous informer de l'étonnante résistance au gel de notre Hibiscus coccinea.
Il n'y a rien de mieux que de constater par soi-même la tenue au froid d'un végétal, aussi puis-je vous assurer (comme dit précédemment), que mon Hibiscus à aisément supporté -15°c en pointe & un sol gelé pendant 15 jours au moins, protégé seulement d'une couche de paille de 30cm environ. 

Alors et pour conclure, un seul conseil: trouvez-le & installez-le pratiquement n'importe où en France du moment que vous serez attentionnés & patients!
Photo ci-dessous: une des fleurs de mon Hibiscus coccinea capturée vers la fin du mois de septembre dernier...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 00:01
Même si on n'a pas fait de Latin au lycée, quand on s'intéresse aux plantes on fini toujours par parler "Latin", enfin pour le nom des végétaux tout du moins. Là, il faut reconnaître qu'avec un tel nom on ne risque pas d'intéresser le plus grand nombre!! Tetrapanax papyrifera. Il faut reconnaître qu'un léger entraînement est nécessaire pour le dénommer sans l'écorcher.

En attendant, je vous propose (même si je n'aime pas beaucoup cela), de l'appeler très provisoirement par son nom commun: la plante à papier de riz (papyrifera = comme le Papyrus = avec lequel on fait du papier) Le papier obtenu avec Tetrapanax papyrifera est très fin & ressemble au "papier de riz". Celui-ci servait de support à la pratique de la calligraphie ou l'aquarelle notamment.
Pas étonnant alors d'apprendre que la zone d'endémisme de Tetrapanax soit l'Asie du Sud-est et en particulier la Chine où il pousse au coeur d'une végétation subtropicale bien dense...

Vous êtes amateur de grandes feuilles genre "bien exotiques"? Eh bien vous allez être servis!!
C'est ce que l'on voit en premier quand on le regarde: ses feuilles. Que l'on soit au-dessus (quand il est jeune) ou en-dessous (quand il est plus âgé), on est frappé par la finesse de son tronc & la largeur de ses feuilles. Les plus grandes atteignent les 80cm d'envergure. Elles sont d'un vert soutenu & lumineux, alors que les bourgeons & les jeunes feuilles sont presque brunâtres, car  couvertes d'une pruine duveteuse (voir photo)

Bon alors voilà, je ne vais pas aller plus loin dans la description de la bestiole (partie assez rébarbative dont je me passerais volontiers) au profit de quelques détails de culture, puisqu'au bout du compte ce que l'on veut savoir c'est: comment l'installer chez soi & ce, dans les meilleurs délais?!!

Évidemment que l'on craque complètement dessus quand on le voit pour la première fois! Le plus dur c'est de le revoir une deuxième fois et, plus dur encore, d'en avoir un à soi!! Heureusement que de ce côté-là nous avons quelques pépiniéristes Bretons qui se sont laissés séduire par sa mise en culture. On commence donc à le trouver plus facilement qu'il y a quelques années.

Tout d'abord, assurez-vous d'habiter un coin de la France où il ne fait pas trop froid en hiver car Tetrapanax papyrifera n'est pas bien armé côté résistance au froid. Il semblerait (selon différentes sources) qu'il puisse résister à des gels de courte durée de l'ordre -8 à -12°c. C'est pas rien, mais cela veut dire par exemple qu'il peut tout aussi bien mourir pour être resté une semaine durant à -6°c!
Où que vous soyez (à l'exception du Sud, de la Bretagne ou de la Normandie), il faudra protéger votre sujet avant que les premières gelées blanches ne soient annoncées. Comme d'hab: un bon paillage au sol & un sérieux voile d'hivernage pour les parties aériennes. Quoi que vous fassiez, les feuilles brûleront à partir de -4°c.

Du coup, comme pour toute plante 'exotique', je vous conseille de l'installer au printemps (avril-mai), en situation mi-ombragée à ensoleillée & dans un sol humide, riche & léger. Tetrapanax a besoin de garder les pieds au frais, aussi faudra-t-il s'assurer qu'il est correctement arrosé tout au long de l'année.
L'arbuste est de croissance relativement lente c'est pourquoi il ne sert à rien de le visiter quotidiennement pour constater son développement!

Photo ci-dessous: un jeune Tetrapanax papyrifera au Domaine Baudouvin, dans le Var...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Arbres & arbustes
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 00:01
On a déjà parlé sur "La Pépinière" d'un OVNI végétal que l'on nomme Amorphophallus rivieri mais, force est de constater, que nous ne devons pas oublier Sauromatum guttatum: un végétal très proche par sa constitution, mais bien plus étonnant encore!

Difficile à prononcer son nom latin, j'en conviens, mais un jardin 'exotique' ne peut être accompli sans ce Sauromatum guttatum! Commençons, si vous le voulez bien, par le commencement...

La plante est une 'bulbeuse'. Avant même l'apparition d'une fleur ou de la première feuille, Sauromatum guttatum est un bulbe, c'est à dire un genre
de tubercule (comme la pomme de terre), qui renferme toute l'énergie & la grâce du végétal.
Au printemps, sort de terre une bien drôle de manifestation végétale: une sorte de cornet tigré vert & violet, très étiré, qui semble infiniment s'ériger. Ce n'est rien d'autre que la fleur de Sauromatum guttatum!! Cette inflorescence, comme pour les Arums & les Amorphophallus, est bien plus attirante par sa forme ou son design que son parfum: en effet ce type de plante dégage généralement une odeur de viande avariée qui attire quantité d'insectes pollinisateurs (à commencer par les mouches!...)

Mais le plus surprenant arrive après, quand Sauromatum déploie sa paire de feuilles aussi grandes qu'impressionnantes, celles-ci enregistrent pratiquement le mètre de largeur!
Outre leur taille, c'est leur forme qui impressionne le plus: les feuilles de Sauromatum guttatum, portées par des pétioles (= tiges) tigrées d'un vert foncé sur fond vert clair, se développent de façon parfaitement symétrique autour d'un axe représenté par ce pétiole (le plus simple, je crois, est de regarder la photo)

Côté culture, sachez que la plante vient du Tibet, on peut donc raisonnablement s'imaginer qu'elle est habituée au froid & même au gel... Et c'est le cas, Sauromatum est à considérer comme une vivace: elle disparaît à l'automne pour réapparaître au printemps. Au mieux, vous pouvez extraire les bulbes avant l'hiver (une fois que les feuilles auront disparu) & les disposer sur des clayettes, au sec & hors gel,  comme on le ferait pour les Cannas, les Hedychiums ou les Dahlias. Pour ma part, je me contente de pailler sérieusement le sol avant que les premières gelées ne soient à craindre.

En dehors de cela réservez juste à votre 'Tibétaine' un sol frais, correctement amendé & surtout une exposition ensoleillée, après quoi, il ne vous restera plus qu'à la contempler!

En photo ci-dessous: une modeste feuille de Sauromatum guttatum dans mon jardin sur fond d'Eucomis comosa, de Musa basjoo & d'Aspidistra eliator...
Je tiens à remercier Laurent Ballot (jardinier à l'École de Botanique du Jardin des Plantes à Paris) sans qui je n'aurai ni découvert, ni cultivé cette bien drôle de bestiole!...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Bulbeuses
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