Vendredi 1 mai 2009
Le 1er mai c'est le jour du Muguet! Cependant, ne comptez-pas sur moi aujourd'hui pour vous en parler!! Non, j'aimerais vous décrire un tout autre végétal qui n'a pas d'égal!...

Soyons raisonnables: je n'irai pas jusqu'à dire que Convolvulus cneorum me donne des convulsions à sa vision, mais j'avoue que la plante est loin de me laisser indifférent!
C'est une "Méditerranéenne" encore peu connue (donc pas assez largement utilisée à mon goût!) qui mérite pourtant qu'on lui dédie au moins quelques lignes sur La Pépinière!...

Plus sérieusement, voici un végétal qui a tout pour plaire: il est persistant, peu exigeant & très florifère. Qui dit mieux?
Il garde donc ses feuilles en hiver, ce qui peut se révéler être un atout si, tout doucement un début de dépression saisonnière s'installe, courant novembre, quand les feuilles des "caduques" jonchent le sol de nos jardins parisiens...
Les feuilles qu'il porte sont d'un bleu-gris argenté - brillant très particulier, alors que leur revers est presque blanc... Superbe! Ses feuilles sont fines & nombreuses, ce qui n'est, encore une fois, pas pour me déplaire.

Son port est à la fois compact & ramassé, comme ses consoeurs Lavandula angustifolia,
Senecio "Sunshine", ou Helichrysum italicum. Sa croissance est assez vive, puisqu'il peut facilement doubler de volume les trois premières années après quoi, sans cesser de se ramifier, la plante à tendance à se stabiliser...
Il va de soi que, pour obtenir de bons résultats, il vous faudra installer votre Convolvulus en situation bien ensoleillée et, qui plus est, dans un sol drainant (comme pour la plupart des "Méditerranéennes")

Côté fleurs maintenant, ceci n'est pas seulement une précision mais c'est un fait: Convolvulus cneorum  se couvre d'une multitude de fleurs blanches (proches de celles du liseron - en plus petites évidemment) de la fin du printemps au début de l'été. Il va sans dire que celles-ci sont d'autant plus appréciables qu'elles se détachent d'un feuillage à la couleur aussi unique qu'idéale...

Et le froid alors? Eh bien le froid il s'en fiche, jusqu'à un certain point évidemment: il semble cependant pouvoir aisément supporter les -10°c (selon mes observations), mais les parties aériennes commencent à griller au-delà de cette limite fatidique!...
Au pire, la plante pourra toujours renaître, tel le Phoenix, une fois le printemps revenu, mais c'est accepter de perdre ses branches & ses feuilles... Aussi je vous invite, de façon arbitraire & systématique, à le protéger en début d'hiver d'une petite couche de paille & éventuellement d'entourer ses parties aériennes d'un voile d'hivernage.

Je ne sais pas si, avec ces quelques observations - très personnelles - j'aurai réussi à vous donner envie de le planter mais, si c'était le cas, sachez que j'en serais ravi!

Ci-dessous, une photo de Concolvulus cneorum prise en plein hiver dans le Square Boucicaut, haut lieu de "l'exotisme" à Paris!...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 24 avril 2009
Pas besoin d'être fumeur pour apprécier cette "exotique" de la famille du "tabac" à la couleur d'un vert aussi unique que métallique! Non, même si Nicotiana glauca est encore très difficile à se procurer en jardinerie, cette vivace arbustive a complètement retenu mon attention... Pourquoi pas la votre?

En effet, Nicotiana glauca est une vivace bien originale: elle se développe régulièrement jusqu'à former un arbuste d'au moins 3m de hauteur! Ce qui attire chez elle, au-delà de ses feuilles c'est, en premier lieu, la couleur bleutée de ce qui sera bientôt son tronc. Une pruine (= couche cireuse protectrice) recouvre la plupart de ses tiges. Cette couleur est proche de celle de son feuillage, bleuté lui aussi & confère à la plante son caractère si particulier.

Très vite ensuite, c'est sur sa floraison que se porte notre attention: une multitude de petites grappes jaunes surplombe des tiges presque alourdies par ces inflorescences en trompettes... Même si elles sont jaunes, la couleur des fleurs de Nicotiana glauca semble se  marier à la perfection avec le reste de la plante.

Pour la multiplier, rien de plus simple: après pollinisation, les fleurs de Nicotiana offrent des fruits qui sont emplis de milliers de graines. Celles-ci germent très facilement dans un substrat léger & à une température d'environ 25°c. Très vite, il vous faudra les placer au soleil & régulièrement les arroser - sans excès - pour éviter ce que l'on appelle "la fonte des semis" (= une pourriture d'origine cryptogamique qui s'installe aussi facilement que rapidement!) Une fois que les plantules seront suffisamment robustes pour être déplacées, repiquez-les individuellement dans des godets de la taille supérieure.

Une autre méthode de multiplication donne également de bons résultats: il vous suffit pour cela de prélever des portions de tige d'environ 15cm de long, semi-lignifiées, avant de les repiquer dans un substrat léger, après les avoir débarrassées d'une grande partie de leurs feuilles (afin d'éviter l'évaporation)
En quelques semaines, les jeunes plantules auront vite fait de déployer de nombreuses radicelles mais, ces dernières étant aussi fines que fragiles, je vous conseille d'attendre le plus de temps possible avant de les repiquer (et ce, avec le plus grand soin bien évidemment!)

Côté froid, Nicotiana glauca est bien plus résistante que ce que l'on pense (même s'il y a peu ou pas de données valables & précises sur le sujet), elle semble toutefois pouvoir résister  à des gel de l'ordre de -5 à -8°c (au moins!)
Les sujets installés à Paris "intra-muros" ont supporté, non sans souffrance, les températures négatives prolongées de l'hiver dernier. Ces observations sont plus qu'encourageantes pour nous conforter dans l'idée de l'installer au plus vite dans notre jardin! Et puis au pire, on pourrait même la considérer comme une "annuelle" & accepter de la voir disparaître en hiver, non?...

Même si la photo que je vous propose (prise en plein hiver au coeur de Paris) n'est que peu parlante, j'espère toutefois que j'aurai attiré votre attention sur ce végétal?!... Et comme j'ai coutume de le dire: aller en voir davantage sur la toile! (Notamment sa floraison)

Photo ci-dessous: une jeune pousse de Nicotiana glauca qui attend la fin de l'hiver avec impatience pour se développer!...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 17 avril 2009
Ah, l'hiver parisien, cette horrible période qui dure presque 6 mois de l'année (j'en rajoute un peu, bien entendu), associé à une terre trop argileuse & des précipitations aussi généreuses qu'abondantes en début de cette saison, le phénomène ne laisse que peu de chance à nos "exotiques" de s'en sortir quand le gel enfin s'y met!
Il en est de même pour notre "Pavot arbustif" ou "Pavot en arbre", autrement dit: Romneya couteri...

Encore que, même si son feuillage & les fragiles tiges qui le supportent ont assez rapidement grillé sur pied cette année, la plante a de la réserve...
Quand la terre se réchauffe, que les jours rallongent & que l'on peut enfin déguster une bonne viande grillée au barbecue, en T-Shirt & au soleil, c'est signe que notre Romneya, encore un peu engourdi par l'hiver finissant, lance ses premières pousses vers le ciel: il entame alors modestement le premier acte d'une nouvelle saison...

Les "boutons" qui émergent timidement de la terre deviennent  rapidement des tiges, certes encore un peu frêles mais déterminées, lesquelles se lancent enfin à l'assaut du soleil. Se déploient alors & en nombre de fines feuilles d'un vert-gris très particulier tirant sur le bleu ciel. Profondément découpées, elles se disposent régulièrement, presque à l'horizontale, afin de ne pas perdre un seul rayon d'un
trop rare soleil dans notre région!

Originaire de Californie, Romneya est effectivement plus habitué à de longues séances d'UV qu'à de pénibles séances d'apnée (oui, car il retient son souffle & serre les f..... quand l'hiver débarque!)
Sa fleur parait imiter ce qu'elle recherche le plus: le soleil! En effet, Romneya arbore de superbes fleurs, presque disproportionnées si l'on rapporte leur taille à l'envergure de la plante, mais tellement modestes par leur aspect: les pétales semblent faits d'un papier crépon blanc immaculé, lesquels protègent un fragile coeur infiniment jaune... Unique!
Une superbe floraison que l'on attend chaque année comme un cadeau.

Côté culture, j'insisterai plus que jamais sur la nature du sol: le plus drainant possible &  l'exposition: "full sun", évidemment!...
N'oubliez pas cependant de l'arroser régulièrement en été, le sol doit rester "frais" sans être trop humide ou desséché.

Alors & pour boucler la boucle, même si Romneya coulteri semble résister à des gels de l'ordre de -10c° au moins (pour la souche, le feuillage est abîmé dès -5°c), paillez-le généreusement dès les premières gelées sur 50cm de hauteur environ & voile d'hivernagez-le de la tête aux pieds... Dans ces conditions vous augmenterez la probabilité de ne pas le voir disparaître lors d'hivers un peu rigoureux (au moins le pied) et, si les hivers qui viennent ne sont pas aussi durs que le dernier (2008-2009), votre pavot dépassera non seulement les 2m50 de hauteur & le mètre de largeur, mais vous gratifiera d'une abondante floraison tout l'été durant!...

Photo ci-dessous: une vue très partielle mais néanmoins fidèle de la floraison de Romneya coulteri, prise par Olivier Ducreau (que je ne présente plus!) dans son jardin en Charente Maritime...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Vivaces
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Vendredi 10 avril 2009
Communément appelé "rince bouteille", voici une "exotique" qui peut servir à bien d'autres usages que domestiques et notamment à dresser un jardin moribond au statut de "jardin exotique"!
En effet c'est compréhensible (même si réducteur) d'appeler généralement Callistemon "rince bouteille" à cause de la forme de ses fleurs: en "goupillon". Laissons la cuisine & ses accessoires de côté pour parler plantes...

Voici un arbuste "Méditerranéen", en fait originaire d'Australie, qui semble pouvoir s'acclimater à nos jardins mais ce, à une seule condition: qu'un froid intense ne s'installe pas trop durablement! C'est vrai, cette année avec des -13/-15°c enregistrés ils ont, pour la plupart, grillé sur pieds à Paris & en proche banlieue, mais cela ne doit pas nous empêcher de tenter leur acclimatation, quitte à les protéger un peu plus efficacement l'hiver durant.

Sa résistance au gel est donnée aux alentours de - 5°c (un peu plus, si j'en crois mes observations) Néanmoins, même en cas de brûlure des parties aériennes, la plante saura repartir du pied pour se reconstituer.
Callistemon laewis est un arbuste de taille moyenne qui, au-delà de l'attrait que nous procure ses inflorescences, offre un délicat & coriace feuillage persistant. C'est ce qui devrait nous intéresser en premier lieu mais, très vite, c'est évidemment par sa floraison que nous sommes conquis!

Pour le voir se développer au mieux réservez-lui la meilleure partie du jardin, à savoir la plus ensoleillée (plein sud & adossé à un mur, par exemple) avant de le planter dans un sol riche mais drainant. Rapidement & même sous un ciel souvent trop gris, Callistemon laewis croît régulièrement, vous offrant de jeunes pousses couleur bronze avant de se transformer en un vert plus mate & soutenu pour enfin vous honorer de ses improbables fleurs d'un rouge tirant sur le fushia qui n'appartient qu'à lui.

Si vous pouvez le trouver, achetez Callistemon viminalis, au feuillage plus fin (très "gracieux") lequel est plus résistant des quelques degrés aux assauts du gel...
Bref, même si l'on prend le risque de le perdre les années où il fait vraiment froid l'hiver, croyez-moi, ça vaut le coup de tenter son acclimatation, je vous laisse
néanmoins seul juge!...

Ci-dessous, une inflorescence de Callistemon Laewis, fin septembre, en banlieue parisienne.


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Arbres & arbustes
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Vendredi 3 avril 2009
J'avoue, je n'arrive toujours pas à écrire son nom sans faire au moins une faute d'orthographe, mais je reconnaîtrais Muehlenbeckia complexa les yeux fermés!
Grimpante oui, ou plutôt "agrippante opportuniste", le Muehlenbeckia est un végétal qui n'en fini jamais de déployer ses innombrables ramifications, poussant tout le temps & de tout son long, le plus souvent sur lui-même, jusqu'à atteindre des sommets...
Il n'a ni "vrilles" comme la vigne, pas plus de "crampons" comme le lierre & il lui faut des années avant de développer un "simili-tronc" suffisamment robuste pour le supporter, mais rien de cela ne l'empêche de monter!...

Muehlenbeckia est vraiment à part dans l'univers des grimpantes disons "Méditerranéennes" (même s'il est en fait originaire
d'Australie, d'Océanie & d'Amérique du Sud), car sa floraison est complètement insignifiante: il produit une multitude de micro-fleurs blanc-crème à jaune pâle en début d'été selon les régions.
Non, c'est pour son délicat feuillage que nous le cultivons: ses feuilles dépassent rarement le demi centimètre de longueur comme de largeur, elles sont d'un vert unique & soutenu mais sont surtout portées par de frêles tiges qui semblent encore hésiter entre le gris, le bleu, le brun ou le violet!...
L'impression que donne la plante est assez  déroutante! On a beau chercher, essayer de la comparer, mais rien ne ressemble à Muehlenbeckia!
Alors oui aussi, je disais "exotique" car la plante arbore une végétation bien éloignée des végétaux qui nous sont familiers. C'est rapidement à un "fouillis végétal" que nous avons à faire, lequel nous taillerons comme bon nous semble, si besoin est, en sortie d'hiver...

On le trouve désormais en jardinerie, plus souvent en "serre chaude" (= plantes d'intérieur) qu'en "pépinière" (= plantes d'extérieur) mais c'est un tort, car Muehlenbeckia résiste à des gels de l'ordre de -12°c au moins pour les parties aériennes (feuilles & branches), alors que le pied semble pouvoir supporter davantage...

Une fois n'étant pas coutume, la photo que je vous propose ci-dessous n'est pas un détail de la plante (vous trouverez certainement votre bonheur sur le Net) mais une mise en scène paysagère réalisée par l'excellent paysagiste du Clos Saint Bernard à Hyères-les-Palmiers...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Autres "exotiques"
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Vendredi 27 mars 2009
Il était temps! Je ne sais d'ailleurs pas bien pourquoi je ne vous ai pas parlé de Yucca aloifolia avant, à part peut-être parce que je n'avais pas de photo potable à vous proposer et pourtant voici un Yucca, oui, un "vrai Yucca" qui a l'immense talent de pouvoir supporter de se développer sous nos contrées (comprenez à Paris & bien plus, si affinité)
Il est étonnant de voir combien il ressemble à ceux de nos appartements (= Yucca elephantipes), de constater comment il pourra admirablement se développer dans le sol argileux du bassin parisien & accepter des gels que bien d'autres "exotiques" ne sauraient supporter!...

En effet, Yucca aloifolia résiste aisément à des gels de l'ordre de -18°c! Cette année encore, certainement la plus froide depuis les 12 dernières années, les Yucca aloifolia de la capitale n'ont pas bronché: pas une seule feuille n'a été abîmée, pas une seule tête décapitée, rien!
Le froid, le gel & même un ciel définitivement gris ne paraissent l'affecter: les aléas climatiques semblent glisser sur lui comme l'eau sur la plume du canard!...

Bizarrement, je pourrais compter les sujets parisiens sur les doigts de deux ou trois mains!!
Incompréhensible! Quand on voit sa rapidité de croissance, la facilité avec laquelle on peut le multiplier, qu'il tolère aussi bien le trop que le manque d'eau, qu'il aime autant le soleil qu'il supporte la grisaille, j'ai envie de dire: que demande le peuple?!!
Et bien je vais vous répondre: le peuple demande aux jardineries qu'elle nous le proposent une bonne fois pour toutes!! Impossible de se le procurer! Certes, vous pourrez acheter du Yucca gloriosa (infiniment résistant au froid mais tellement chiant & piquant), du Yucca rostrata que peu de gens achètent parce que trop délicat ou trop cher, ou le sempiternel Yucca elephantipes (= d'appartement) réservé à nos intérieurs car sa résistance au froid est bien inférieure...

Le pire c'est qu'il est le seul à pouvoir fructifier (= donner des fruits, donc des graines) dans l'hexagone! La plupart des Yucca a besoin de son insecte pollinisateur... ce n'est pas le cas pour celui-là! J'ai pu prélever des graines viables aussi bien dans le Sud de la France qu'en plein coeur de Paris.
A 25-30°c, la germination est très rapide (2 à 3 semaines environ) Rapidement la plantule vous offre une deuxième feuille puis une troisième... Celles-ci sont de plus en plus coriaces & Yucca aloifolia a vite fait de prendre son rythme de croisière. Dès la deuxième année, votre plantule pourra supporter, par expérience, des gels d'environ -8 à -10°c! Au pire, elle a tendance à "rougir", ce qui n'est pas pour me déplaire & reste sans conséquence pour son avenir.

Avec le temps, Yucca aloifolia rejette un ou deux pieds comme pour se sentir moins seul (ce qui ne décevra certainement pas les esthètes!)
Vraiment, Yucca aloifolia est le Yucca qu'il faut vous ayez! Je pourrais encore vous en parler des heures, notamment de sa provenance (le Golfe du Mexique), de son port (dressé & unique), de la couleur de son fruit (comestible & violine) ou même de son stipe (clair, fier & annelé), mais le plus simple reste de vous le procurer!!
Photo ci-dessous: un détail de Yucca aloifolia immortalisé aux Serres d'Auteuil à Paris fin février...


Par Silvère Doumayrou - Publié dans : Yuccas
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