Vendredi 4 avril 2008
"Les Euphorbes sont des plantes dicotylédones de la famille des Euphorbiacées et du genre Euphorbia, ayant toutes en commun de posséder un suc laiteux et d'avoir une floraison en ombelles portant à leur sommet des inflorescences appelées cyathes, composées de deux bractées, de fleurs monoïques et de glandes nectarifères", etc, etc, merci Wikipédia!... Fini la punition, parlons peu, mais parlons bien: J'adore!
Pourtant, elle est toute simple cette Euphorbia melifera et même s'il en existe environ 2 300 espèces, des comme celle-là, il n'y en a qu'une!...
Les Euphorbes de climat tempéré sont des plantes de sous-bois qui aiment pousser à la mi-ombre ou au soleil... Leur aire de répartition est assez large, mais celle qui nous intéresse appréciera idéalement de se développer sous un climat tel que celui des Canaries, d'où elle est originaire. On l'appelle melifera parce que ses fleurs sentent le miel!... La floraison intervient quand elle dispose des meilleures conditions qu'il soit. Elle peut certes résister à nos hivers moribonds (puisqu'elle supporte environ -8°c), mais pour qu'elle fleurisse, il lui en faut un peu plus... Plus de soleil, par exemple! On pourra néanmoins se délecter de ses feuilles régulières, nervurées d'un vert clair à blanc...
Parmi les Euphorbes, celle-ci est "arbustive" (= devient un arbre) Sous nos climats, elle arrive à atteindre près de 2 mètres (ce qui peut être impressionnant pour une Euphorbe), mais il semblerait qu'elle puisse dépasser les 10 mètres de hauteur dans son aire d'origine!... C'est pourquoi il faut lui éviter trois choses: Qu'elle gèle, qu'elle manque de soleil et de la tailler. Alors on va la "chouchouter" cette Euphorbe, en la protégeant convenablement l'hiver, mais aussi et surtout en lui offrant la meilleure exposition de notre jardin, à savoir (comme souvent!) un endroit protégé & ensoleillé... Mais, il y a toujours un "mais", elle est malheureusement encore trop peu proposée en jardinerie, aussi est-il parfois difficile de se la procurer en dehors des circuits parallèles (foires aux plantes, rencontres de collectionneurs, etc.) Cependant, quelque chose me dit qu'il n'y en a plus pour très longtemps avant qu'on la trouve partout!
Un dernier conseil: Débrouillez-vous comme vous pouvez pour vous la procurer et envoyez-moi vos photos dès qu'elle sera plus grande que vous!...
La photo ci-dessous a été prise en fin d'hiver sur une terrasse parisienne. La plante étant encore assez jeune, je vous invite à en découvrir de plus âgées sur la toile...

par Silvère
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Vendredi 28 mars 2008
Question: Je ne suis pas une monocotylédone, pas plus une "exotique", le nom que l'on me donne n'a (presque) rien à voir avec les fruits que je porte et, contrairement aux apparences, je pousse là où l'on ne m'attend pas: Qui suis-je? Arbustus unedo: l'Arbousier!...
Voilà une plante Méditerranéenne qui mérite (encore une!) d'être plantée plus largement dans nos régions peu fréquentées par le soleil (Au moins pour la bonne raison qu'elle résistera à des gels de -12 à -15°c environ!)
On l'appelle communément "Arbre aux fraises" à cause de ses fruits, de jaunes à rouges à maturité, qui apparaissent en même temps que les fleurs, proches de celles du Muget, au début de l'hiver (Entre novembre & janvier, selon les régions)
J'ai décidé de parler de l'Arbousier parce que la photo que j'avais pour l'illustrer était potable, certes, mais pas seulement! C'est véritablement un arbuste qui se mariera parfaitement avec toute flore Méditerranéenne voire, "exotique". Non seulement celui-ci est persistant (= garde son feuillage en hiver), mais en plus il développe de très gracieuses feuilles, finement dentelées & d'un vert profond sur des tiges idéalement fuschias. Avec le temps, les tiges se "lignifiant" (= devenant bois) l'écorce de l'arbuste prend toute son ampleur: les branches & le tronc se parent d'une unique couleur brun clair, irrégulière... 
Il importe peu à Arbustus unedo où il pousse: que le sol soit calcaire ou un peu plus acide, il s'y développera bien du moment qu'il est au soleil... Arrosez-le généreusement en été et peu ou pas en hiver. Sa croissance étant plutôt moyenne à lente, un apport en engrais lors de la saison estivale ne lui sera que bénéfique. Cette lenteur de croissance justement nous permet de le cultiver de longues années en pot, du moment que l'on respecte le mélange suivant: 60% Terreau Plantation & 40% Terre Végétale (= de jardin), additionné d'un engrais naturel à diffusion progressive.
L'arbuste n'est pas véritablement considéré comme un "fruitier", peut-être parce que la consommation de son fruit, quelque peu acide, vous découragera d'en manger un deuxième!... Considérons-le simplement comme un arbuste d'ornement.
On peut le voir à Paris au Parc de Bercy, dans le Jardin des Serres d'Auteuil, mais le plus beau représentant est certainement celui de l'Ecole de Botanique du Jardin des Plantes où a été prise la photo ci-dessous au beau milieu de l'hiver...
Alors?...





 

par Silvère
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Vendredi 21 mars 2008
Il n'y a pas que les "monocotylédones" (Palmiers, Yuccas, Bananiers...) qui peuvent arborer un port dit "exotique"! Il y a aussi des plantes dites "grimpantes", des lianes en fait... Parmi cette grande famille de grimpantes ou "volubiles", il y en a quelques-unes que tout jardin dit "exotique" se doit de posséder!... 
Je pense notamment aux Passiflores, Trachelospermum jasminoides, Clematis armandii, Plumbago auriculata, Hardenbergia violacea, Jasminum officinalis ou encore Solanum jasminoïdes... Pour la plupart, elle nécessitent un support de croissance, c'est à dire qu'il faut les aider à s'installer (treillage, fils de fer, stipe de palmier ou autre végétal...) Une fois la chose faite, vous aurez tout le loisir de contempler la feuille de Clematis armandii, qui, pour moi, ressemble étrangement à celle, on ne peut plus "exotique", de la Vanille (une Orchidée), le parfum non moins envoutant de Trachelospermum (équivalent à celui du Jasmin) et les floraisons sur-abondantes de Plumbago ou Solanum... Ces grimpantes sont toutes "persistantes" (= elles gardent leurs feuilles, même en hiver)
Pour les voir se développer au mieux en pots, je vous propose le mélange suivant: 60% Terreau Plantation (ou pour "Bacs"), 40% Terre Végétale (ou Terre dite "de Jardin") + un apport de Corne Torréfiée (= engrais biologique à diffusion progressive)
En général, une exposition ensoleillée est (plus que) recommandée. L'ensoleillement favorise la floraison, même si certaines d'entre-elles accepteront de pousser à la mi-ombre ou même à l'ombre, celle-ci reste conditionnée par le soleil... En pleine terre, vous pouvez les laisser s'exprimer librement, alors qu'en pot on prendra soin de les tailler afin de limiter la croissance des racines et donc de saturer le volume de substrat disponible trop rapidement...
Ces grimpantes ce sont, outre la persistance de leurs feuilles, la liberté de croissance, les fleurs, les couleurs & les parfums... J'aurai même tendance à les associer entre-elles, pour jouir davantage de leurs attributs tout au long de l'année...
Attention: Elles ne sont pas toutes résistantes au froid voire, au gel et certaines d'entre-elles, comme Passiflora, Hardenbergia ou Jasminum officinalis prennent parfois le risque, sous ce climat continental qui est le notre, d'être "brûlées" ou défoliées pendant l'hiver. Elles repartent généralement dès le printemps venu... (Dans ce cas, n'hésitez pas à "rabattre" sévèrement!)
En somme, n'oubliez pas les grimpantes, pensez à les associer à vos autres végétaux "exotiques", en leur réservant toujours un coin du jardin ou du balcon bien abrité & bien exposé... Le temps fera le reste... N'oublions pas l'Ipomée (ou "volubilis"), certes une "annuelle", mais qui se développe très rapidement et qui vous offrira une extraordinaire floraison tout l'été durant (voir la photo de l'article du 10 novembre 2007), Hydrangea seemanii (au feuillage persistant) ou encore Bignonia capreolata (feuillage semi-persistant, mais à la floraison précoce et tellement exotique!)...
Ci-dessous, Plumbago auriculata, pris en photo l'été dernier dans une petite crique au bord la mer près de Toulon...
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par Silvère
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Vendredi 14 mars 2008
Il était une fois un palmier qui poussait bien tranquillement depuis des millénaires au beau milieu du continent Sud-Américain... Un jour, il y a longtemps déjà, les hommes qui l'ont découvert lui ont donné un nom: "Trithrinax campestris". Bien plus tard, d'autres hommes se sont mis à vouloir en posséder quelques spécimens dans leurs luxueuses villas du "Vieux Continent". Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu'ils avaient rapporté avec leurs palmiers un gros papillon dont les larves xylophages se délectent du coeur de ces palmiers!... Celui-ci s'est trouvé bien esseulé car il n'y a avait pas d'autres Trithrinax dans les environs... Ce papillon c'est "Paysandisia archon". Il lui est alors venu l'idée de "goûter" d'autres espèces de palmiers, comme Phoenix canariensis, Chamaerops humilis ou Trachycarpus fortunei par exemple... Il s'est très bien acclimaté à son nouvel environnement et, faute de prédateurs, a commencé à se développer plus largement. Voilà pour la petite histoire...
Aujourd'hui, dans certaines villes du Sud de la France, mais pas seulement (!), on abat massivement les palmiers infestés par ce "nuisible". Une seule solution: couper les palmiers et les brûler!... Sans vouloir faire la morale à qui que soit, l'homme doit apprendre & comprendre que déplacer des espèces comporte des risques, la plupart du temps difficiles à maîtriser ou à juguler... Un deuxième ravageur est également en train de s'attaquer aux palmiers, son nom: "Rhynchophorus ferrugineus" (le Charançon rouge, plus simple!)... Celui-ci nous vient d'Asie via le Moyen-Orient. Il est encore plus virulent que le papillon et aucun remède fiable n'est encore au point pour éradiquer ces deux nuisibles venus d'ailleurs... Le problème majeur reste que quand l'on aperçoit les premiers symptômes (de la sciure qui sort du coeur du stipe ou des trous très réguliers, type "brûlure de cigarette", dans les nouvelles feuilles) il est déjà trop tard!...
Aussi je vous invite à faire très attention aux palmiers que vous achetez ou que vous importez. Si l'un d'entre eux est atteint par l'un ou l'autre de ces ravageurs, il aurait vite fait de contaminer l'ensemble de votre collection!!...
C'est dommage que ce papillon ou ce charançon  fassent de l'ombre à Trithrinax campestris, car, même s'il pousse très lentement, ce palmier (originaire d'Argentine) est vraiment très intéressant! (Notamment pour sa résistance au gel: -12°c environ!) J'en reparlerai très prochainement... En attendant et pour en savoir plus sur ces bestioles, je vous conseille de consulter le site de Gardenbreizh ou celui des Fous de palmiers (en liens ci-contre)...
J'ai pris la photo ci-dessous l'été dernier lors de l'installation de "Paris-Plage", parmi la belle collection de palmiers qui est proposée chaque été tout au long de la Seine... 

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par Silvère
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Vendredi 7 mars 2008
La "Climato-psychologie" ou l'Art d'être influencé par le temps qu'il fait!...
Eh oui, certains jours d'hiver, on se demande si l'on va en sortir un jour!... Il fait à moitié nuit, le ciel est invariablement gris, les températures ne décollent pas: C'est à se demander si le soleil finira enfin par se montrer!... Celui-ci parait avoir été embauché en Intérim... Ce serait vraiment sympa qu'il signe un CDI avec l'Ile-de-France & ailleurs!... Ajoutez à ce sombre tableau une pluie fine & froide qui fouette nos visages, laquelle semble faire les trois huit!... Comment s'en sortir outre prendre notre mal en patience!... Deux solutions: Au pire, mettre fin à ses jours, au mieux, se glisser sous la couette, au chaud, en attendant que ça passe!...
Et puis, le temps passant, le soleil revenant, brillant davantage puis vraiment, réchauffe nos visages meurtris par un hiver toujours trop long et nous rappelle que nous nous dirigeons assurément vers le printemps!... Ce soleil nous chauffe, les températures remontent et notre espoir grandit!... Les beaux jours pourraient-ils revenir pour de bon?...
Et ce jour arrive, tout doucement, un peu plus à chaque lever de soleil... La déprime fait place à l'espoir...
Petit à petit, sans que l'on s'en rende compte, le soleil est déjà (presque trop) chaud pour la saison!... On enlève paille et voiles d'hivernage, il faudrait presque arroser nos végétaux à peine sortis de l'hiver!... On se dit que les gelées blanches ne sont définitivement plus d'actualité (même si on a tort, on veut juste s'en convaincre!) et bientôt on se demandera comment il est possible que notre sol gèle en hiver tellement les températures sont clémentes et le soleil présent!...
Cette fois, on peut dire que l'on tient le "bon bout"!... On y est presque!... Ca y est, le printemps arrive avec son armée de jours qui rallongent, d'arbustes en fleurs et autres "exotiques" qui repartent en croissance!... Et même si les nuits sont encore fraîches, considérons que nous sommes sauvés!!...
En attendant que les beaux jours s'installent définitivement et que le plaisir face place au bonheur, je vous invite (avec un peu d'avance!) à profiter "virtuellement" des petits riens qui nous comblent, comme ces feuilles (presque parfaites!) de Musa Basjoo, immortalisées en août dernier dans mon jardin...

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par Silvère
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Vendredi 29 février 2008
Arrivée première à l'issue du casting de la "Nouvelle Plante Star", la nominée est : Cordyline australis atropurpurea!!... Et sincèrement, c'est plutôt mérité!! Oui, car elle en a sous le pied! 
Voilà une plante qui a un port très "exotique", qui est persistante & généreuse (!), qui pousse rapidement et qui résiste mieux au gel que ce que l'on croit, puisque les Cordylines supportent au moins des températures de 8 à 10°c en-dessous de zéro!!
Je vous la présente: "Cordyline", c'est son nom de famille, "Australis", parce qu'elle nous vient d'Australie, "Atropurpurea", du fait de sa couleur pourpre. Même si les plus belles se trouvent certainement en Australie ou en Nouvelle Zélande, de très beaux spécimens de plus de 6 mètres se développent à merveille depuis des décénies dans le Sud de la France et surtout en Bretagne & Normandie (Voir le Jardin de Vauville)  Les Bretons n'ont pas que la Forêt de Brocéliande ou la "galette", ils ont aussi Cordyline australis!... A quand les "Parigots" & les autres?!...
Eh bien c'est en cours! On la plante petit à petit de plus en plus et ce, dans nombre de régions. Et on a raison! On la verra davantage encore les prochaines années. Son prix est très abordable et elle est facile à trouver en jardinerie. 
Elle résiste très (très!) bien au gel: Je fais germer nombre de Cordylines en Seine & Marne (77) depuis des années, lesquelles restent dehors, sans protection, depuis leur première année: Je n'en ai jamais perdu une seule!! Le pire qu'il puisse arriver c'est que les feuilles aient tendance à jaunir...  Notons toutefois que "l'espèce type" (Cordyline australis - feuilles vertes) est sûrement plus résistante que "atropurpurea" de quelques petits degrés... 
Sa multiplication est la plus simple qu'il soit: Il suffit de prélever des graines (noires & minuscules) sur des infrutescences mûres (Entre fin août et début février selon les régions) Semez-les sans les faire tremper en les recouvrant à peine de terreau à une température de 20-25°c environ. Les graines lèvent entre une à trois semaines. Le développement est régulier, même si un peu lent au début, plus le temps passe et plus la croissance s'accélère... Depuis la graine, vous obtiendrez en quatre ans environ un pied de près d'un mètre de hauteur!...
Sachez aussi qu'elle produit chaque année de très belles inflorescences, couvertes de milliers de fleurs blanches l'été venu. Ce détail est particulièrement décoratif et donnera, davantage encore, un aspect "exotique" à votre jardin. C'est à partir de ces inflorescences que la plante peut se diviser pour donner à Cordyline australis un port plus arbustif & impressionnant encore...
Arrosez-la généreusement l'été, protégez-la correctement en hiver. Je conseille de la planter par deux ou trois afin d'obtenir un effet plus "paysagé" de la plante. En container, réservez-lui un pot plus profond que large (elle a une racine pivot proportionnelle à son stipe, à savoir puissante & profonde)
Bref, une fois de plus je m'aperçois que je pourrais encore en parler des heures, mais le plus simple reste toutefois de s'en procurer une au pus vite ou, à défaut, de contempler de longues minutes durant la Cordyline australis atropurpurea en photo ci-dessous, prise il y a quelques jours dans un mini-square du 12ème arrondissement de Paris...
Cependant, n'oublions pas les autres Cordylines (une large famille), lesquelles ne sont pas toutes aussi résistantes au froid...

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par Silvère
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